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«Nelson Mandela Day»

Madiba, une boussole toujours vive

20 juillet 2026, 18:45

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Madiba, une boussole toujours vive

Justice, dignité, réconciliation, droits humains : ces valeurs ont traversé l'ensemble des interventions prononcées ce lundi 20 juillet à l'occasion de la Nelson Mandela International Day. Des principes peut-être plus actuels que jamais dans un contexte marqué par les tensions sociales et la montée des inégalités.

Organisée par le Centre Nelson Mandela pour la Culture africaine en collaboration avec la Human Rights Commission, la cérémonie s'est tenue dès 10 h 30 dans les locaux du Centre, à La Tour-Koenig. Étaient notamment présents la Deputy Prime Minister (DPM), Arianne Navarre-Marie, invitée d'honneur, le président de la National Human Rights Division, Mᵉ Satyajit Boolell, le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gondeea, ainsi qu'un représentant de la Haute Commission sud-africaine.

Le premier à prendre la parole fut Mᵉ Satyajit Boolell. Il a salué l'introduction du Domestic Abuse Bill au Parlement par la DPM, qualifiant cette réforme de «législation historique» reconnaissant la violence domestique comme une atteinte aux droits à l'égalité, à la sécurité, à la liberté, à l'intégrité physique et à la dignité. Il a mis en avant les avancées prévues par ce texte, notamment la nouvelle approche en matière d'ordonnances de protection et le recours aux audiences numériques pour faciliter l'accès à la justice. Il a également annoncé que la Human Rights Commission participera aux campagnes de sensibilisation destinées au public et aux forces de l'ordre.

Express.mu (620 x 330) (54) (De g. à dr.) Le commissaire des prisons, Rashid Ali Beekun, Mᵉ Satyajit Boolell, le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Goondea, la DPM, Mme Ariane Navarre-Marie, le directeur du Centre Nelson Mandela, Stéphane Karghoo, le «junior minister» Sydney Pierre, et la «junior minister»Véronique Leu Govinden, lors de la commémoration de la «Nelson Mandela International Day».

Revenant sur la figure de Nelson Mandela, Me Boolell a rappelé que ses 27 années d'emprisonnement étaient le prix de son engagement en faveur de l'égalité entre tous les êtres humains. Étudiant en droit à l'époque, il a expliqué avoir suivi avec attention le procès de Rivonia, au cours duquel Mandela déclara avoir combattu «la domination blanche» autant que «la domination noire», au nom d'un idéal de société démocratique où chacun vivrait en harmonie et bénéficierait des mêmes chances. Un idéal pour lequel il se disait prêt, si nécessaire, à mourir.

Plaçant ensuite son intervention sous le signe de la lutte contre la pauvreté et les inégalités, Me Boolell a rappelé que cette responsabilité incombe à l'État, au secteur privé, à la société civile, aux citoyens ainsi qu'aux personnes en situation de pauvreté elles-mêmes, considérées comme des partenaires plutôt que de simples bénéficiaires. Il a souligné que la mission de la Human Rights Commission, définie au chapitre II de la Constitution, consiste précisément à transformer cet objectif en réalité grâce au suivi des politiques publiques, aux mécanismes de plainte et au plaidoyer. Citant une dernière fois Mandela, il a rappelé que les véritables héros sont ceux qui construisent plutôt que ceux qui détruisent, avant d'appeler à bâtir une société où la dignité est un droit pour tous et non le privilège de quelques-uns.

Le ministre des Arts et de la culture, Mahen Gondeea, a inscrit son intervention dans cette même continuité. Il est revenu sur la visite de Nelson Mandela à Maurice en 1998, année où celui-ci posa la première pierre du bâtiment qui abrite aujourd'hui le Centre. Fondé en 1986 puis rebaptisé en son honneur après cette visite, l'établissement célèbre cette année son 40ᵉ anniversaire. Pour le ministre, honorer Mandela ne consiste pas uniquement à entretenir sa mémoire, mais aussi à reconnaître la culture comme un droit fondamental : «un droit pour exprimer notre identité, un droit pour créer et un droit pour vivre dignement».

Express.mu (620 x 330) (56) La DPM, Ariane Navarre-Marie, et le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Goondea, aux côtés du directeur du Centre, Stéphane Karghoo, devant l’exposition consacrée au cinquantenaire du soulèvement de Soweto.

Dans cette perspective, il a présenté plusieurs projets portés par son ministère : l'organisation d'une Convention nationale sur les politiques culturelles, la création d'une National Arts Commission, la révision du statut de l'Artist Act, la mise en place d'un guichet unique destiné aux porteurs de projets culturels, une enveloppe de Rs 30 millions consacrée au Creative Arts and Cultural Development Programme, ainsi que l'organisation d'une Biennale de l'océan Indien en septembre 2027.

Le même souci de dignité a inspiré le geste symbolique posé à l'issue de la cérémonie protocolaire, avec la remise de livres aux services pénitentiaires. Le commissaire des prisons, Rashid Ali Beekun, a précisé que ces ouvrages sont destinés aux femmes détenues, qui disposeront pour la première fois d'un espace de lecture au sein de leur établissement. Selon lui, cette initiative s'inscrit pleinement dans l'héritage de Nelson Mandela, qui considérait le respect des droits des personnes incarcérées comme une exigence fondamentale.

La DPM, Arianne Navarre-Marie, a conclu la cérémonie sur une note plus personnelle. Revenant sur les 27 années de détention de Mandela et sur son choix de la réconciliation plutôt que de la vengeance, elle a évoqué le souvenir du 12 septembre 1998, lorsqu'elle siégeait sur les bancs de l'opposition et assistait au discours de Nelson Mandela devant l'Assemblée nationale. Elle a raconté que, ce jour-là, les clivages politiques s'étaient effacés et qu'elle n'avait pas entendu la voix d'un chef d'État étranger, mais celle d'un homme dont les 27 années de prison n'avaient jamais entamé l'idéal de justice. Elle a conclu en citant Mandela : après avoir gravi une grande colline, on découvre toujours d'autres collines à gravir.

Express.mu (620 x 330) (57) Le directeur du Centre Nelson Mandela, Stéphane Karghoo, remet les livres destinés au coin lecture des femmes détenues au commissaire des prisons, Rashid Ali Beekun.

Une exposition photographique consacrée au cinquantenaire du soulèvement des collégiens de Soweto, en 1976, est venue compléter le programme de cette journée de commémoration.

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Le commissaire des prisons réagit à une vidéo virale

En marge de la cérémonie, le commissaire des prisons, Rashid Ali Beekun, est revenu sur une vidéo devenue virale montrant des détenus de la prison de Beau-Bassin manipulant des cigarettes suspectées de contenir de la drogue.

Selon lui, cette vidéo aurait été publiée sur une page Facebook créée la veille par un détenu du Yard 1, avec pour objectif de porter «des allégations graves à l'encontre de membres du personnel pénitentiaire». Il estime qu'il s'agit avant tout d'une tentative de semer la discorde entre détenus à la suite d'une infraction à la discipline interne, plutôt que du reflet d'une situation hors de contrôle dans l'établissement.

Le commissaire a assuré que l'accès aux téléphones portables, aux cigarettes et aux stupéfiants demeure strictement contrôlé. Les personnes concernées font actuellement l'objet d'une enquête disciplinaire pouvant conduire à leur placement en cellule individuelle.

L'origine de la vidéo ainsi que la date à laquelle elle a été enregistrée restent toutefois à déterminer. Son authenticité fait actuellement l'objet d'une enquête interne menée par la Mauritius Prison Service.

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