Publicité
Protection des espèces marines
L’ONG Eco-Sud saisit la justice
Par
Partager cet article
Protection des espèces marines
L’ONG Eco-Sud saisit la justice
■ La baisse inquiétante des espèces marines coïncide pour Eco-Sud avec l’essor de la nage commerciale – activité courante sur la côte ouest du pays.
Les géants des océans, tels que les baleines et les cachalots, jouent un rôle fondamental dans la santé des mers et dans la lutte contre le changement climatique. En favorisant la régénération des écosystèmes marins, en participant au cycle des nutriments et à la séquestration du carbone, ils contribuent directement à la production de phytoplancton, source majeure d’oxygène pour la planète.
Mais leur équilibre est désormais compromis par de multiples pressions dans nos eaux. Collisions avec les bateaux, blessures causées par les moteurs, bruit incessant, proximité des bateaux et comportements des nageurs perturbent leur repos, leur reproduction et l’allaitement de leurs petits. Ces perturbations quotidiennes accroissent leur dépense énergétique, réduisent leur espérance de vie et leur taux de reproduction, compromettant ainsi la survie et la pérennité de leurs populations, soutient l’organisation non gouvernementale (ONG) Eco-Sud.
Les signaux d’alerte se multiplient. C’est ce que démontrent les études de la Marine Megafauna Conservation Organisation (MMCO) à travers le recensement de plusieurs carcasses de cachalots échoués ces dernières années dans nos eaux ainsi que des cas de collisions entraînant des blessures graves. La population résidente, estimée à une trentaine d’individus avant 2022, est tombée à seulement 25 à la fin de 2024. Cette baisse inquiétante pour Eco-Sud coïncide avec l’essor de la nage commerciale avec ces espèces marines.
Suspendre les activités
Compte tenu de la situation, l’ONG estime qu’une action rapide est nécessaire pour la protection des ressources marines. Elle rappelle que la protection de l ’env iron nemen t incombe à chacun, tout en soulignant l’importance de faire appliquer les lois déjà existantes. Eco-Sud déplore aussi le manque d’action contre la persistance de ces activités. Les enquêtes menées par l’ONG mettent en lumière un secteur lucratif dont la promotion sur les réseaux sociaux a attiré, ces dernières années, des milliers de touristes venus du monde entier pour nager avec les baleines et cachalots.
Dans ce contexte, Eco-Sud a saisi le juge en chambre, le 27 août, d’une demande d’injonction visant 23 parties impliquées, selon elle, dans le commerce de la nage avec les cachalots, les baleines et les tortues marines. L’ONG a rendu publique cette action dans un communiqué le 13 septembre. Par ce recours, Eco-Sud demande au juge en chambre d’ordonner, de manière urgente, la suspension des activités concernées, jusqu’à ce que ces opérateurs puissent répondre de leurs actes dans le cadre d’une action en responsabilité civile que l’ONG prévoit de déposer prochainement en Cour suprême.
L’ONG ajoute que certaines activités, présentées comme respectueuses ou durables, impliquent un contact fréquent avec les cétacés, avec la présence de nombreux bateaux et nageurs. Ces pratiques, dit-elle, sont susceptibles de constituer des infractions aux lois existantes sur la protection de la faune marine. Eco-Sud salue, par ailleurs, les initiatives et interventions récentes des autorités en mer, tout en notant que le suivi reste difficile, notamment sur les réseaux sociaux. L’ONG souligne que, malgré les opérations de contrôle, «cette activité continue bel et bien au quotidien, même si elle se fait plus discrète».
Publicité
Publicité
Les plus récents