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«Eski to ti Kone»
À la recherche du «koukoundi», un trésor bien caché
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«Eski to ti Kone»
À la recherche du «koukoundi», un trésor bien caché
Et si un petit champignon caché dans le sol pouvait nous faire voyager dans le temps ? Pour certaines familles le koukoundi n’est pas simplement un aliment. C’est un souvenir d’enfance, une tradition et un petit trésor que l’on prend plaisir à chercher en famille.
Pour découvrir ce champignon rare, le rendez-vous était pris dès 8 heures du matin du côté de FUEL, dans la région de Flacq. Une famille s’est réunie pour une mission bien particulière : partir à la recherche du koukoundi.
Il faut savoir où chercher
La recherche commence tranquillement. Les yeux sont rivés sur le sol et chaque petit détail peut avoir son importance. Le koukoundi n’est pas quelque chose que l’on trouve en quelques minutes. Il faut marcher, observer attentivement et surtout faire preuve de patience.
Les heures passent. La famille continue de chercher, sans perdre espoir. Puis, enfin, le premier koukoundi est découvert. Ensuite, un autre, puis encore un autre. Petit à petit, la récolte s’agrandit.
Après plusieurs heures passées à chercher, direction la maison. Mais avant de passer à la marmite, place au nettoyage.
De la terre à la cuisine
Les koukoundi sont soigneusement lavés à l’eau afin d’enlever toute la terre qui les recouvre. Cette étape demande, elle aussi, de l’attention. Ils sont nettoyés jusqu’à être bien propres et à prendre une belle couleur blanche.
Une fois lavés, ils sont placés au soleil pour sécher. Et après ? Direction la cuisine !
Dans cette famille, le koukoundi est notamment préparé en cari avec du masala. Ce qui, quelques heures plus tôt, était caché dans le sol devient ainsi un plat que l’on peut partager autour de la table.
Et si vous demandez à ceux qui en mangent depuis des années, une chose est certaine : son goût est difficile à oublier.
Un goût qui rappelle l’enfance
À 70 ans, Indrani Sooknauth, habitante de Plaine-des-Papayes, connaît bien cette tradition. Pour elle, la recherche du koukoundi remonte à très loin, jusqu’à son enfance. «Depi zanfan nou ti pe al rod sa. A lepok mo ti pe al rod sa avek mo bann frer. Nou ti pe al Belle-Vue Harel», raconte-t-elle.
Une activité simple qui faisait partie de la vie d’autrefois. Et une fois la récolte terminée, le rituel continuait : nettoyage, préparation et cuis- son. «Sa bien bon pou manze», confie Indrani.
Mais pour elle, le koukoundi a surtout un goût unique. Un goût tellement particulier que, comme elle le dit avec humour, «si to manz sa, to blie poul ou mem pwason».
Derrière cette phrase se cache tout l’attachement qu’elle porte à cet aliment. Le koukoundi lui rappelle les repas d’autrefois, les moments passés avec ses frères et ces habitudes que les grands-parents transmettent naturellement aux enfants.
Une tradition
Aujourd’hui, cette tradition continue de vivre. Chercher le koukoundi, ce n’est pas seulement trouver un aliment : c’est aussi retrouver des souvenirs et faire vivre un savoir transmis de génération en génération.
Alors, eski to ti kone qu’avant de finir dans un bon cari, le koukoundi doit d’abord être patiemment recherché, soigneusement nettoyé, séché au soleil, puis préparé avec amour ?
Ce petit champignon, ce goût unique, cette grande tradition et, surtout, des souvenirs d’enfance continuent de réunir les familles.
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