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Sécurité nationale

Ramanooj Gopalsingh, le retour d’un architecte du renseignement

17 septembre 2026, 11:30

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Ramanooj Gopalsingh, le retour d’un architecte du renseignement

■ Ramanooj Gopalsingh était une figure marquante du National Security Service des Casernes centrales, à Port-Louis.

Le retour de Ramanooj Gopalsingh aux Casernes en tant que conseiller au National Security Service (NSS), effectif depuis le mercredi 16 septembre, est perçu par plusieurs observateurs comme l’un des développements les plus significatifs de ces derniers mois dans l’appareil sécuritaire mauricien.

L’ancien commissaire de police (CP) et figure marquante du NSS revient à un moment où les autorités souhaitent insuffler une nouvelle dynamique aux structures du renseignement et de la sécurité nationale. Sa mission s’annonce particulièrement ardue : accompagner la réorganisation du NSS, contribuer à la réforme de la police et adapter les mécanismes de collecte du renseignement aux nouvelles réalités technologiques.

Un leader rigoureux

Pour ceux qui ont travaillé sous ses ordres, Ramanooj Gopalsingh est un homme de discipline et de méthode. Entré dans la police en 1974 comme «cadet inspector», il gravit rapidement les échelons. Formé à la prestigieuse Royal Military Academy de Sandhurst, il s’impose assez vite comme un leader rigoureux.

Plusieurs anciens officiers décrivent un supérieur exigeant mais respecté, fédérant ses équipes autour d’objectifs précis. Son passage à la «National Intelligence Unit» en 1997, puis sa prise de poste en tant que CP (en succédant à André Feillafé) en 2000, auront contribué à façonner toute une génération de cadres supérieurs.

Son expérience est considérée comme un atout dans un contexte où le gouvernement souhaite moderniser les institutions sécuritaires. Les défis ne sont toutefois plus les mêmes. Les menaces transnationales, la cybercriminalité, les campagnes de désinformation et l’émergence de l’intelligence artificielle imposent une mise à jour des méthodes de travail.

Pour beaucoup, le défi de Ramanooj Gopalsingh sera justement de réussir la transition entre une culture du renseignement héritée du terrain et les exigences d’une sécurité nationale désormais fortement numérisée. Joint au téléphone, il a expliqué être pris dans une réunion et n’a pas donné suite à notre demande de commentaire.

L’héritage de Dev Jokhoo

Au sein du NSS, nombre d’anciens officiers continuent de se référer à ce qu’ils appellent «l’école du terrain» – proximité humaine, réseau d’informateurs, présence constante sur le terrain –, une approche du renseignement dont l’ancien patron du NSS, Dev Jokhoo, demeure l’un des principaux représentants.

Selon cette vision, le renseignement ne se limite pas à l’analyse de rapports ou à l’exploitation de bases de données. Il se construit dans les villages, les quartiers, les lieux de culte, les événements socioculturels, le port et l’aéroport, ou encore les rassemblements populaires. Les anciens du NSS racontent qu’à leur époque, il était indispensable d’entretenir un contact permanent avec les différentes composantes de la société mauricienne. Le renseignement reposait avant tout sur la confiance.

Cette école de pensée considère que les outils technologiques constituent un complément, mais ne remplaceront jamais l’intuition humaine ni la qualité des sources. Pour Dev Jokhoo et plusieurs officiers de sa génération, un bon renseignement repose sur la crédibilité de celui qui le fournit et sur une relation construite au fil des années.

Plusieurs anciens agents ayant servi sous cette direction affirment que les principes inculqués à l’époque – discipline, loyauté institutionnelle, discrétion et présence sur le terrain – continuent encore aujourd’hui d’influencer leur manière de travailler.

Toutefois, une nouvelle génération de cadres estime que le renseignement moderne doit intégrer davantage les nouvelles technologies. Analyse de données volumineuses, surveillance numérique, IA et outils prédictifs sont désormais considérés comme des leviers incontournables. Pour ces jeunes officiers, l’avenir du NSS réside dans une combinaison équilibrée entre l’expérience du terrain et les capacités offertes par les technologies émergentes. «Je fais de sorte d’assurer ma sécurité avant tous avec mes informateurs.»

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