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Fun Park
Les autorités réclament des garanties supplémentaires
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Fun Park
Les autorités réclament des garanties supplémentaires
Quelques jours après une coupure d'électricité d'environ trois minutes survenue sur le site de Fun Park à Tribeca et les interrogations soulevées à l'Assemblée nationale, la direction du parc d'attractions a annoncé la suspension temporaire de ses activités. Dans un communiqué publié le mardi 28 juillet, elle affirme que cette décision a été prise en collaboration avec les autorités compétentes, dans l'attente de la délivrance d'un Building and Land Use Permit (BLUP) amendé, tout en assurant que la sécurité des installations n'a jamais été compromise.
L'affaire a pris une tournure nationale après une question parlementaire du député Ehsan Juman, adressée au ministre des Collectivités locales, Ranjiv Woochit. Les débats ont porté aussi bien sur les autorisations obtenues par le parc que sur l'incident électrique signalé le 22 juillet dernier.
Selon les explications fournies par le ministre au Parlement, trois demandes de BLUP ont été soumises par MS Property Ltd via le National Electronic Licensing System (NELS). Les deux premières, déposées les 10 octobre et 5 décembre 2025, ont été rejetées en raison d'informations incomplètes. Une nouvelle demande, accompagnée de tous les documents requis, a finalement été introduite le 10 février 2026.
Le projet initial prévoyait l'installation de trois manèges, d'un système de billetterie automatisé, d'un système d'évacuation des eaux, de food trucks, de toilettes, de guichets, de bureaux et de salles de contrôle sur une superficie d'environ 1 123 mètres carrés.
Dans le cadre de l'instruction du dossier, plusieurs organismes ont été consultés, notamment la Central Water Authority (CWA), la Wastewater Management Authority (WMA), le ministère des Infrastructures nationales, le ministère du Travail, la Road Development Authority (RDA) ainsi que la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU).
Le ministre a indiqué que la section de génie mécanique du ministère des Infrastructures nationales ne disposait pas de l'expertise nécessaire pour évaluer ce type d'attractions. La responsabilité de la conception mécanique des installations a donc été confiée au consultant mandaté par le promoteur.
Le ministère du Travail a, pour sa part, rappelé que les dispositions de l'Occupational Safety and Health Act 2005 imposent au promoteur de garantir la sécurité des travailleurs lors de l'installation des manèges, tout en précisant qu'il n'existe pas de normes spécifiques concernant ce type d'équipement.
Après la soumission de plans révisés et de documents complémentaires, le comité chargé des permis de la municipalité a approuvé la demande le 18 mars 2026, sous réserve du respect de plusieurs conditions générales et particulières.
Des écarts constatés lors d'une inspection
L'une des principales conditions du BLUP imposait l'obtention d'un Occupation Certificate avant le démarrage des activités commerciales.
Or, selon le ministre, les inspecteurs municipaux ont constaté, lors d'une visite effectuée le 3 juillet 2026, que le parc avait déjà commencé ses opérations sans disposer de ce certificat.
L'inspection a également révélé plusieurs différences entre le projet autorisé et les installations effectivement réalisées. Deux manèges supplémentaires avaient été installés, une scène destinée aux spectacles musicaux avait été aménagée, deux générateurs étaient présents sur le site et sept conteneurs supplémentaires avaient été ajoutés pour accueillir notamment un poste de sécurité, des salles de vidéosurveillance, des guichets additionnels et des espaces de restauration.
Face à ces non-conformités, la municipalité de Curepipe a émis, le 23 juillet 2026, un Enforcement Notice ordonnant l'arrêt immédiat des travaux et le retrait des aménagements jugés non autorisés dans un délai de 30 jours. L'affaire a depuis été transmise aux conseillers juridiques de la municipalité.
Une panne de trois minutes
L'autre volet des débats concernait la coupure d'électricité survenue le 22 juillet.
Le ministre a précisé que le Central Electricity Board (CEB) avait confirmé qu'aucune panne ni aucun déclenchement n'avaient été enregistrés sur son réseau dans cette région. L'alimentation électrique du parc provenait en réalité de générateurs privés.
Selon les explications fournies par le promoteur lors d'une inspection, l'éclairage extérieur et les principales installations fonctionnaient grâce à un générateur principal, tandis que les espaces de restauration étaient alimentés par un second générateur. La coupure aurait été provoquée par une défaillance technique ayant duré environ trois minutes.
Le promoteur a indiqué que les opérateurs étaient intervenus rapidement afin d'assister les visiteurs et que le problème avait été résolu sans délai. Les inspecteurs ont également constaté la présence d'extincteurs, d'une clôture métallique sécurisant les installations ainsi que d'une ambulance de la société St George, mise à disposition durant les heures d'ouverture.
Selon les informations communiquées au Parlement, aucune plainte n'a été enregistrée auprès de la police à la suite de cet incident.
Fun Park défend ses installations
Quelques heures après les échanges parlementaires, la direction de Fun Park a publié un communiqué afin de répondre aux interrogations.
Elle affirme que «toutes les validations de sécurité requises, y compris celles relatives à la sécurité incendie, ont été obtenues avant l'ouverture». Le parc soutient également que «l'ensemble des manèges et installations en service a été inspecté et certifié par un ingénieur mauricien agréé et répond à la norme européenne EN 13814, référence internationale en matière de sécurité des attractions».
Concernant les modifications relevées par les autorités, la direction explique avoir souhaité enrichir l'offre de divertissement en apportant certains changements au projet initial. Une demande de modification du BLUP a ainsi été déposée afin d'intégrer ces nouveaux aménagements dans le respect des exigences réglementaires.
Le communiqué insiste sur le fait qu'«à aucun moment, la sécurité des équipements et des installations n'est remise en cause». En attendant la délivrance du permis amendé, le parc a choisi de suspendre temporairement ses activités.
«La sécurité doit rester la priorité»
Interrogé après la séance parlementaire, le député Ehsan Juman, estime que certaines explications méritent encore d'être clarifiées. «À la suite de cet incident, j'ai posé une question concernant la coupure d'électricité qui a duré environ trois minutes à Fun Park. Ce qui m'interpelle, c'est qu'il semble y avoir une contradiction. Ce que le ministre a expliqué ne concerne pas directement la sécurité, mais plutôt le fait qu'un système de sécurité ou un dispositif de protection se déclenche automatiquement en cas de problème. C'est ce mécanisme qui immobilise toutes les installations», souligne-t-il.
Ehsan Juman rappelle que les autorités ne disposent pas toujours des compétences techniques nécessaires pour contrôler ce type d'équipement et insiste sur l'importance du recours à des ingénieurs qualifiés. «Je tiens d'abord à saluer cet investissement, car il représente un apport positif pour le pays, notamment en matière de loisirs. Cependant, la priorité absolue doit toujours être la sécurité du public. J'espère que Fun Park apportera des précisions sur les permis délivrés et sur les mesures prises pour garantir que toutes les installations répondent aux normes de sécurité requises.»
Selon lui, l'ensemble des contrôles devrait être effectué avant toute ouverture au public. «Même si cela prend davantage de temps, il est préférable que toutes les vérifications et toutes les exigences liées aux permis d'exploitation soient remplies avant le début des opérations afin de garantir une sécurité maximale.»
Contacté, le ministre Ranjiv Woochit a indiqué avoir demandé que toutes les machines de Fun Park soient certifiées. Il a également précisé que la compagnie avait été invitée à soumettre un plan amendé tenant compte des modifications apportées aux installations. Sur le volet de la sécurité, le ministre a souligné que Fun Park devra disposer d'un plan d'évacuation. Un exercice d'évacuation en cas d'incendie (fire drill) devra aussi être organisé avec le personnel afin que chacun sache comment réagir et où se diriger en cas d'urgence. Il a ajouté avoir réclamé plusieurs autres documents relatifs aux mesures de sécurité mises en place sur le site.
Sollicitée pour une réaction complémentaire, la direction de Fun Park n'a pas souhaité faire d'autres commentaires, se limitant au communiqué publié le 28 juillet.

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