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Crise au MMM
Le grand déballage de Paul Bérenger
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Crise au MMM
Le grand déballage de Paul Bérenger
Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM), est sorti de son silence après plusieurs jours de turbulences internes au sein du parti mauve et de tensions politiques, livrant une prise de parole dense, mêlant mises en garde économiques, dénonciations de corruption et appel à l’unité. C’était hier matin lors d’une conférence de presse très attendue, qui s’est tenue à son domicile à River Walk, Vacoas.
Face à la presse et en présence de quelques militants venus lui témoigner leur soutien, dont sa fille Joanna, mais aussi le député Chetan Baboolall, Paul Bérenger n’a pas mâché ses mots, revenant d’emblée sur les attaques dont il dit avoir été la cible après la conférence de presse virulente de certains membres du MMM, vendredi dernier. «Seki tris, ban dirizan du MMM, pa tou, zot inn bien meskin, zot inn tom byin ba dan ban atak kont mwa», a-til lancé, visiblement marqué par les récents événements.
Le leader des mauves a tenu à adresser un message clair à ses troupes : «Pa fane ankor», a-t-il spécifié, lançant un appel à la mobilisation alors que le parti traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Il a d’ailleurs annoncé un rassemblement ce samedi, 28 mars, à la Salle des Fêtes de la mairie de Beau-Bassin–Rose-Hill, ouvert à tous, militants comme sympathisants, afin de débattre de l’avenir du MMM. «Le MMM est à la croisée des chemins», a-t-il insisté.
Malgré les tensions, Paul Bérenger affirme rester ouvert au dialogue pour «sauver le MMM», confirmant avoir déjà eu des échanges avec certains membres du parti après le bureau politique houleux de lundi. «Wi… mo pa pou donn ou tou bann detay», a-t-il déclaré.
Sur le plan national, l’ancien Deputy Prime Minister est longuement revenu sur les raisons de sa démission, qu’il dit motivée par une «situation économique préoccupante». Il évoque le risque d’une «grave catastrophe» pour le pays, pointant du doigt un manque de pilotage au ministère des Finances et mettant en cause indirectement le Premier ministre Navin Ramgoolam. «Li panse li kapav fer tou le de, minis Finans ek Premye minis me nou pe perdi partou». Selon lui, la croissance du Produit Intérieur Brut est insuffisante tandis que près de Rs 47 milliards d’investissements privés restent bloqués, faute de décisions.
Il a durci le ton lorsqu’il a abordé la question de la corruption, évoquant des pratiques qu’il juge alarmantes au sein du Prime Minis- ter’s Office. «Ena boukou milyon an ze dan sa zafer Mamy-la», a-t-il affirmé, tout en dénonçant une fois de plus l’existence d’un «gang des cinq». Il affirme avoir alerté Navin Ramgoolam à plusieurs reprises, sans résultats concrets, ajoutant : «Un voleur ne laisse pas de reçu».
Autre sujet de préoccupation : la gestion des institutions publiques et des nominations jugées «non méritées». Il a notamment qualifié de «crimes» certaines décisions, en particulier dans l’univers carcéral, évoquant des mutineries et des décès qui auraient été «couverts».
Sur la drogue, Paul Bérenger s’est montré inquiet face à la montée des substances synthétiques, appelant à renforcer les moyens de l’Anti-Drug and Smuggling Unit dont le nouveau chef, déplore-t-il, n’a pas les outils nécessaires pour bien faire son travail. «Donn li so grad ek bann zouti pou li kapav fer travay-la».
Concernant la compagnie aérienne nationale, son constat est alarmant: «Air Mauritius pe al crash». Il déplore un manque de vision et des décisions sabotées, estimant que le patrimoine national est aujourd’hui en danger. Enfin, il a insisté sur l’urgence de moderniser le port, «poumon de l’économie», avertissant qu’il s’agit d’une «kestion de vie ou de mort».
Paul Bérenger s’est aussi montré ouvert sur la possibilité de créer un nouveau parti si besoin est, pour sauver le MMM. «Nou pou kontinie esaye».
En définitive, Paul Bérenger assume une démission qu’il présente comme un acte de responsabilité face à une accumulation de désaccords profonds. Mais au-delà des critiques, c’est surtout un appel à la mobilisation et à la réflexion qu’il lance, à deux jours d’un rendez-vous qui pourrait redéfinir l’avenir du MMM.
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