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Réforme des pensions

La SEF interpelle Navin Ramgoolam et dénonce une atteinte aux droits acquis

21 juillet 2026, 14:45

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La SEF interpelle Navin Ramgoolam et dénonce une atteinte aux droits acquis

Photo d'illustration.

La State and Other Employees Federation (SEF) a adressé, le vendredi 17 juillet 2026, une lettre de protestation au Premier ministre, Navin Ramgoolam, afin de faire part de son opposition aux réformes des pensions annoncées dans le Budget 2026-2027, plus précisément au paragraphe 328. La fédération, qui représente des milliers de fonctionnaires à travers le pays, affirme soutenir les efforts du gouvernement en matière de consolidation budgétaire, tout en estimant que les mesures envisagées constituent une menace directe pour les droits acquis des agents du secteur public.

Dans sa correspondance, la SEF rappelle qu'une réforme majeure du système de retraite a déjà été mise en œuvre par l'Economic and Financial Measures Act 2012. Depuis le 1er janvier 2013, les nouveaux fonctionnaires ne bénéficient plus du régime traditionnel à prestations définies, mais d'un régime contributif à cotisations définies. Ce changement impose une contribution salariale de 6 %, tandis que la participation de l'État est plafonnée à 12 %, transférant ainsi une grande partie du risque financier aux employés.

La fédération soutient que cette réforme avait déjà répondu aux préoccupations concernant la viabilité financière du système. Elle considère qu'une nouvelle révision des pensions reviendrait à infliger une «double pénalité» aux fonctionnaires, dont la sécurité à la retraite a déjà été réduite. La SEF insiste également sur le fait que la pension constitue une rémunération différée et fait partie intégrante du contrat d'emploi des agents publics.

Selon elle, les fonctionnaires acceptent des salaires souvent moins élevés que dans le secteur privé en contrepartie d'une retraite garantie. Modifier ces conditions en cours de carrière porterait atteinte au principe des «attentes légitimes» et aux droits contractuels des employés. La fédération rejette par ailleurs l'argument selon lequel les pensions du secteur public devraient être harmonisées avec celles du secteur privé. Elle souligne que les fonctionnaires sont soumis à des obligations particulières, notamment l’Official Secrets Act, des restrictions sur les activités politiques et professionnelles ainsi qu'une disponibilité permanente, notamment dans les secteurs de la santé, de l'éducation et des forces de l'ordre.

La SEF met également en garde contre les conséquences sociales d'une telle réforme. Elle estime qu'un affaiblissement des garanties de retraite risquerait d'accélérer le départ de professionnels qualifiés vers le secteur privé, fragilisant ainsi les services publics essentiels. En conclusion, elle demande au gouvernement de garantir par écrit la protection des droits acquis des fonctionnaires en poste, d'instaurer des consultations tripartites avec les syndicats avant toute réforme et de maintenir le Pay Research Bureau comme mécanisme de référence pour toute modification des pensions. Tout en réaffirmant sa volonté de dialoguer, la SEF prévient qu'elle est prête à mobiliser ses membres afin de défendre leurs droits «par tous les moyens légaux».

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