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Double frappe sur Gaza
La mort des civils et des journalistes suscite l’indignation internationale
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Double frappe sur Gaza
La mort des civils et des journalistes suscite l’indignation internationale
▪️Deux frappes ont touché l’hôpital du sud de l’enclave lundi,faisant plusieurs morts et blessés.
Plus de 20 personnes sont mortes, lundi, dont des soignants et cinq journalistes. Benyamin Nétanyahou a été contraint d’exprimer ses regrets, quand l’armée a plaidé le dégât collatéral. Mais le recours à une «double frappe», une pratique récurrente depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, affaiblit cet argumentaire.
Sur les images tournées du sol, on distingue une dizaine d’hommes qui interviennent dans une cage d’escalier détruite quelques minutes plus tôt par une frappe israélienne. Ils s’activent auprès d’un corps. L’un d’eux prend des photos et filme. Quelques secondes s’écoulent, survient une explosion extrêmement violente et la cage d’escalier est recouverte de fumée, de poussière et de débris.
Lundi matin, l’armée israélienne vient de frapper, une deuxième fois, au même endroit, l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Le bilan est lourd : plus de 20 morts, dont des soignants et cinq journalistes palestiniens, sous contrat notamment avec Reuters, Associated Press ou Al-Jazira.
Une caméra de Reuters a tout filmé. Face à la violence des images, l’armée israélienne, qui n’a pas précisé les raisons de cette frappe sur l’hôpital, a annoncé une enquête. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, est aussi intervenu dans la soirée en exprimant ses regrets. «Israël accorde de la valeur au travail des journalistes, du personnel médical et de tous les civils», a écrit le chef du gouvernement alors même que tous les actes de l’État hébreu depuis 22 mois témoignent du contraire – à commencer par l’interdiction faite aux reporters internationaux de se rendre dans l’enclave palestinienne de manière indépendante.
«Israël regrette profondément l’accident tragique survenu à l’hôpital Nasser», a déclaré Benyamin Nétanyahou dans un communiqué. «Les autorités militaires mènent une enquête approfondie. Notre guerre est contre les terroristes du Hamas. Nos objectifs légitimes sont de vaincre le Hamas et de ramener nos otages à la maison», a-t-il ajouté. L’armée israélienne a reconnu avoir mené «une frappe dans la zone de l’hôpital Nasser» et affirmé qu’elle «ne ciblait pas les journalistes en tant que tels».
Cette attaque est «intolérable», a déclaré lundi Emmanuel Macron, appelant Israël à «respecter le droit international». «Les civils et les journalistes doivent être protégés en toutes circonstances. Les médias doivent pouvoir exercer leur mission de façon libre et indépendante pour couvrir la réalité du conflit», a dit sur X le président français à l’issue d’un entretien téléphonique avec l’émir du Qatar, ajoutant que «la réduction d’une population à la famine est un crime qui doit cesser immédiatement». La diplomatie allemande s’est, elle, dite «choquée» et a appelé à l’ouverture d’une enquête.
La chaîne Al-Jazira a annoncé la mort sur place d’un de ses photojournalistes et reporter d’images, Mohammad Salama, deux semaines après qu’elle a perdu quatre journalistes et deux pigistes, dans une frappe ciblée de l’armée israélienne qui accusait l’un d’entre eux d’être un membre actif de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, une allégation rejetée par la chaîne.
L’agence de presse canado-britannique Reuters a déclaré que l’un des journalistes tués était le caméraman Hussam Al-Masri, qui travaillait pour elle. Le photographe Hatem Khaled, également employé par Reuters, a été blessé dans la deuxième frappe, ont précisé les autorités. «Nous sommes profondément attristés», a déclaré un porte-parole de Reuters dans un communiqué. «Nous recherchons de toute urgence des informations complémentaires et avons demandé aux autorités de Gaza et d’Israël de nous aider à obtenir une assistance médicale urgente pour Hatem», a-t-il ajouté.
L’agence américaine Associated Press a déclaré qu’une autre journaliste tuée, Mariam Dagga, collaborait avec elle, mais qu’elle n’était pas en mission pour l’agence au moment des faits. L’agence s’est dite «choquée et attristée» par la mort de la journaliste photo indépendante, 33 ans, qui travaillait avec l’agence depuis le début de la guerre à Gaza.
Le syndicat des journalistes palestiniens a également fait part de la mort d’Ahmad Abu Aziz et de Moaz Abu Taha, qui travaillait pour des médias palestiniens et internationaux, selon un journaliste de l’AFP à Gaza.
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