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Sécurité routière
77 morts en six mois, les appels à changer les comportements se multiplient
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Sécurité routière
77 morts en six mois, les appels à changer les comportements se multiplient
■ Dix morts de plus ce 14 juillet par rapport à l’an dernier, à la même date.
Le bilan continue de s’alourdir. Au 14 juillet, 77 personnes ont perdu la vie sur les routes mauriciennes, contre 66 à la même échéance l’an dernier. Malgré le durcissement des lois, avec notamment l’introduction du permis à points et de nouvelles réglementations, les accidents mortels restent en progression. Pour de nombreux usagers, la solution ne réside pas uniquement dans des sanctions plus sévères, mais aussi dans un changement des comportements.
Pour Stéphane Maurymoothoo, du Regrupman Artizan Morisien, ces chiffres sont préoccupants. «Beaucoup de ces drames auraient pu être évités. Des lois ont été mises en place, mais on ne voit pas de véritable changement, surtout dans l’attitude des conducteurs. Une vie perdue, c’est déjà une vie de trop.»
Comme beaucoup de professionnels qui passent leurs journées sur les routes, il affirme conduire avec une inquiétude permanente. «Quand je quitte la maison le matin, je ne sais jamais si je vais rentrer en un seul morceau ou finir à l’hôpital.» À ses yeux, le permis à points ne peut, à lui seul, faire évoluer les mentalités. «Les contraventions ne suffisent pas. Il faut responsabiliser davantage les conducteurs et renforcer leur formation.» Un avis partagé par Nawaz, qui estime que le problème est avant tout humain. «Ce n’est pas uniquement la loi qui réglera la situation. Si les mentalités changent, les accidents diminueront. Tant que les comportements resteront les mêmes, aucune mesure ne pourra tout résoudre.»
Pour Sanjeev, le renouvellement du parc automobile mérite également d’être pris en compte. Selon lui, il faudrait encourager les Mauriciens à remplacer les véhicules les plus anciens grâce à des facilités adaptées.
Renforcer la prévention
Les spécialistes de la sécurité routière rappellent, eux aussi, que la répression ne peut produire des résultats durables sans un travail de prévention. Ils plaident notamment pour une formation renforcée des conducteurs de deux-roues, jugée tout aussi importante que celle des chauffeurs de poids lourds. Ils soulignent également que l’agrandissement du parc automobile, estimé entre 4 et 5 % par an, ainsi que la conduite sous l’influence de substances prohibées figurent parmi les facteurs qui contribuent à la hausse des accidents. Autre sujet de préoccupation : les trottinettes électriques. Pour plusieurs experts, elles nécessitent un cadre réglementaire et des infrastructures adaptées afin d’assurer la sécurité de leurs utilisateurs comme des autres usagers de la route.
Le gouvernement planche d’ailleurs sur plusieurs mesures. Répondant récemment à une question parlementaire, le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, a indiqué que le port obligatoire du casque, l’immatriculation des vélos et vélos électriques, la fixation d’un âge minimum, des limitations de vitesse ainsi que la réglementation des routes autorisées figurent parmi les pistes actuellement à l’étude.
Sollicité sur la hausse du nombre de victimes, Osman Mahomed défend les mesures déjà mises en place. Il rappelle que le permis à points repose sur un mécanisme évolutif. «Tous les trois mois, nous analysons les infractions commises et nous réajustons les points en conséquence. C’est dans cette optique que nous avons récemment augmenté le nombre de points retirés pour l’utilisation du téléphone portable au volant.»
Le ministre indique qu’un nouvel examen des statistiques sera effectué dans les prochains jours. «S’il faut revoir les 33 infractions prévues dans le système et augmenter les points sur certaines d’entre elles, nous le ferons», affirme-t-il.
Parallèlement, plusieurs amendements législatifs sont en préparation. Parmi les mesures envisagées figurent la saisie du permis de conduire et du véhicule lorsqu’un automobiliste est intercepté sous l’influence de drogues. Le ministre souligne également que le renforcement de l’application de la loi repose avant tout sur les forces de l’ordre. Il précise que, grâce aux dispositions prévues dans leFinance Bill, la police pourra, au-delà des radars automatiques, exploiter le réseau de camérasSafe Citypour constater certaines infractions routières. Une évolution qu’il juge nécessaire, alors que le parc automobile a augmenté de 63 % ces dernières années.
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