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Suspicion de fraude massive et de blanchiment d’argent

La FCC émet un «report upon departure» contre Ravatomanga

15 octobre 2025, 08:00

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La FCC émet un «report upon departure» contre Ravatomanga

Mamy Ravatomanga, le magnat malgache au cœur des controverses.

En octobre, Maminiaina (Mamy) Ravatomanga s’est retrouvé au centre d’une nouvelle polémique après être arrivé à Maurice à bord d’un jet privé immatriculé 5R-HMR, en compagnie de l’ancien Premier ministre malgache, Christian Ntsay. Cet atterrissage a suscité une enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) de Maurice pour déterminer les circonstances de son arrivée et l’origine des fonds qui auraient pu transiter entre les deux pays. Un groupe de personnes, sous couvert de l’anonymat, a été au Réduit Triangle le lundi 14 octobre pour porter plainte sur deux aspects de cette affaire, celui d’un atterrissage illégal et aussi pour fraude massive, dont une suspicion de blanchiment d’argent à Maurice.

La FCC a demandé un «report upon departure» sur l’homme d’affaires. Au cas où il voudrait quitter le pays, le département de l’immigration doit informer la FCC, et cette dernière décidera de la marche à suivre, car il y a une enquête en cours le concernant.

Les autorités mauriciennes, notamment le Passport and Immigration Office (PIO) et le Prime Minister’s Office (PMO), ont été sommées d’expliquer comment cet avion avait obtenu l’autorisation d’atterrir sans notification préalable, en violation possible des lois sur l’immigration et la régulation des vols privés.

Un avenir incertain

Figure controversée, Mamy Ravatomanga incarne à la fois la réussite entrepreneuriale et les zones grises du pouvoir économique en Afrique de l’Est. S’il continue d’affirmer son innocence face aux accusations répétées, les enquêtes ouvertes à Maurice et les soupçons persistants à Madagascar risquent de peser lourdement sur son image et sur son empire.

Aujourd’hui, son parcours illustre la complexité du lien entre affaires, pouvoir et justice dans les États insulaires de l’océan Indien. Entre ambition, influence et controverse, Mamy Ravatomanga reste un acteur incontournable, mais aussi l’un des plus scrutés du continent.

Mamy Ravatomanga, de son vrai nom Maminiaina Ravatomanga, est l’un des hommes d’affaires les plus influents et riches de Madagascar. Né à Morondava, il est à la tête du puissant groupe SODIAT, un conglomérat actif dans plusieurs secteurs allant du transport à la construction, en passant par les médias, le tourisme et l’importexport. Son ascension fulgurante fait de lui une figure incontournable du paysage économique et politique malgache.

Créé en 1990, le groupe SODIAT est devenu un acteur économique majeur à Madagascar. Ce conglomérat emploie plusieurs milliers de personnes et compte de nombreuses filiales dans les domaines de la logistique, de la maintenance, des travaux publics et de la communication. Mamy Ravatomanga est souvent décrit comme un entrepreneur autodidacte, ayant bâti sa fortune grâce à sa vision stratégique et à son réseau d’affaires solide.

Un proche du pouvoir politique

Proche du président Andry Rajoelina, Mamy Ravatomanga est souvent considéré comme un conseiller informel et une figure d’influence dans les cercles politiques. Leur alliance remonte à la crise politique de 2008– 2009, période au cours de laquelle leurs intérêts économiques et politiques se sont croisés. Il a joué un rôle clé dans le financement de plusieurs campagnes politiques et dans la structuration de projets économiques liés à l’État malgache.

Des affaires judiciaires à répétition

La réussite de Mamy Ravatomanga n’a pas été exempte de controverses. En France, il a fait l’objet d’une enquête du Parquet national financier pour blanchiment de capitaux, fraude fiscale et corruption présumée. Toutefois, l’affaire aurait été classée sans suite, faute de preuves suffisantes. À Madagascar, il a été cité dans plusieurs dossiers de détournement de fonds publics, notamment en lien avec la JIRAMA, l’entreprise nationale d’eau et d’électricité.

Son nom est également apparu dans les Panama Papers, en tant qu’actionnaire d’une société enregistrée aux îles Vierges britanniques, alimentant les soupçons de montages financiers à des fins d’évasion fiscale. En 2015, il aurait fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire malgache, et son domicile a été perquisitionné l’année suivante dans le cadre d’enquêtes liées à des transactions suspectes.

L’ombre du bois de rose

Ravatomanga a également été accusé d’implication dans le commerce illégal du bois de rose, une ressource protégée à Madagascar. Plusieurs ONG environnementales ont pointé du doigt ses entreprises pour avoir bénéficié de dérogations spéciales permettant l’exportation de ce bois précieux, en violation des conventions internationales.

Au-delà des frontières malgaches, Mamy Ravatomanga étend son influence. Il a obtenu la nationalité ivoirienne et a été nommé consul honoraire de la Côte d’Ivoire à Antananarivo. Cette double appartenance lui confère une stature diplomatique tout en renforçant son réseau d’affaires régional.

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