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Agro-industrie
«King Sugarcane n’a pas dit son dernier mot», prévient Arvin Boolell
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«King Sugarcane n’a pas dit son dernier mot», prévient Arvin Boolell
Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell (en médaillon), a défendu avec vigueur, lors de la réunion de l’International Sugar Organization (ISO), la capacité de l’industrie sucrière mauricienne à se réinventer face à une conjoncture mondiale défavorable, tout en appelant à «accélérer les réformes, renforcer la productivité et miser sur la valeur ajoutée».
Rappelant qu’il avait présenté le Multi-Annual Adaptation Sugar Strategy Action Plan 2006–2015 dès novembre 2006, le ministre a souligné que «les réformes structurelles avaient réellement débuté en 1997, avec la centralisation des usines, avant d’être amplifiées en 2007 par le Voluntary Retirement Scheme 2». «Les droits des travailleurs sont légitimes. En tant que gouvernement travailliste, nous demeurons actifs et proactifs», a-t-il insisté.
?Un secteur soutenu par des mesures budgétaires
Selon Arvin Boolell, les planteurs bénéficient désormais d’un «apportionment ratio révisé à 78:22, le plus favorable au monde», grâce à l’appui du Premier ministre. Il a rappelé que le dernier Budget «avait octroyé des soutiens financiers massifs et des incitations significatives», tout en plaidant pour une refonte du Mauritius Sugarcane Industry Research Institute – appelé à «se réinventer et à générer des revenus grâce à son expertise mondialement reconnue» – et une modernisation de la Mauritius Cane Industry Authority.
Les planteurs font cependant face à «des difficultés persistantes» : pénurie de main-d’œuvre, hausse des coûts d’intrants, problèmes d’irrigation dans le Nord. «La drip irrigation est aujourd’hui la réponse», a affirmé le ministre, rappelant que son gouvernement était à l’origine du barrage de Midlands et que les travaux du barrage de Rivière-desAnguilles débuteront en février. Il a également appelé la Central Water Authority et l’Irrigation Authority à «mutualiser leurs ressources» pour améliorer les services aux planteurs.
?Un marché mondial sous pression
S’exprimant devant l’ISO, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation qualitative du secteur mauricien : «Nous devons accroître la production de sucres à haute valeur ajoutée, notamment nos sucres spéciaux mondialement reconnus, tout en respectant strictement les normes de durabilité et de responsabilité sociale.» Près de 40 % de la production mauricienne est déjà certifiée durable.
Maurice exporte actuellement vers 65 pays et détient «plus d’un tiers du marché des sucres spéciaux dans l’UE-27, un segment d’environ 250 000 tonnes par an». Mais Arvin Boolell a averti : «Nous devons rester en avance sur la courbe.» L’Union européenne (UE) fait face à des «montagnes de sucre de betterave», entraînant une chute des prix et la fermeture de cinq usines cette année. Une réduction des superficies est envisagée pour 2026, ce qui pourrait soutenir les cours.
? «Fair Trade» et multifonctionnalité
Avec près de 130 000 tonnes de sucres spéciaux exportées, le ministre a encouragé les planteurs à tirer pleinement parti de la certification Fair Trade, offrant un premium de 60 dollars par tonne et un accès à «des segments plus rémunérateurs». Il a également plaidé pour la réhabilitation des terres abandonnées et l’augmentation de la production de biomasse – bagasse et eucalyptus –, estimant que «le prix de transfert de la bagasse doit être revu».
«King Sugarcane est là pour durer, mais avec de la valeur ajoutée», a conclu Arvin Boolell, affirmant que le modèle mauricien de réforme «reste une référence internationale».
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