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Budget 2026-2027

DTOS alerte sur les risques pour l’attractivité fiscale de Maurice

8 juillet 2026, 20:30

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DTOS alerte sur les risques pour l’attractivité fiscale de Maurice

Pour Mario Hannelas, «Head of Tax Advisory» chez DTOS, «les réformes doivent s’inscrire dans un équilibre entre les objectifs de consolidation des finances publiques et le maintien d’un cadre fiscal et réglementaire suffisamment attractif».

À la lumière des mesures fiscales annoncées dans le Budget 2026-2027, Maurice doit assainir ses finances sans compromettre les avantages fiscaux et réglementaires qui attirent investisseurs, entreprises et talents internationaux. Mario Hannelas, «Head of Tax Advisory» chez DTOS, met en garde contre plusieurs risques : hausse de la pression fiscale, double imposition potentielle, coûts opérationnels accrus pour les sociétés de gestion et perte de compétitivité face à des juridictions comme Singapour ou les Émirats arabes unis.

Les mesures fiscales annoncées dans le Budget 2026-2027 interviennent dans un contexte où Maurice cherche à renforcer les finances publiques et à répondre aux défis économiques. Si ces réformes poursuivent des objectifs de consolidation budgétaire, elles suscitent toutefois des interrogations du point de vue de leur impact sur l’attractivité du pays.

**«Nombre d’entre elles poursuivent des objectifs légitimes, et il conviendra de leur laisser le temps de produire leurs effets. Une évaluation de leur impact ne pourra se faire qu’au fil des prochaines années»*, reconnaît Mario Hannelas, Head of Tax Advisory chez DTOS Ltd, société leader de gestion de trusts et de sociétés, dont le siège se trouve à Maurice, avec des bureaux opérationnels aux Émirats arabes unis, au Kenya et au Rwanda.

De ce fait, Mario Hannelas estime qu’il est nécessaire de veiller aux répercussions de ces mesures sur l’attractivité du pays en tant que centre financier international, afin d’éviter que le pays ne perde en compétitivité face à d’autres juridictions. Maurice doit, selon lui, préserver les atouts qui ont fait son succès et qui en font une destination privilégiée pour les investisseurs, les entreprises et les professionnels qualifiés. Cela est d’autant plus important dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques persistantes, une mobilité accrue des capitaux et des talents, ainsi qu’une concurrence internationale de plus en plus forte.

L’une des principales préoccupations concerne le Corporate Climate Responsibility (CCR) Levy. La suppression de la possibilité de compenser la taxe de 2 % par des crédits d’impôt étrangers pourrait, selon Mario Hannelas, entraîner une forme de double imposition économique. Des sociétés holding pourraient ainsi être amenées à payer un impôt supplémentaire sur des dividendes déjà taxés dans le pays d’origine de la société distributrice, une situation qui risque d’affecter la perception de Maurice comme plateforme de structuration internationale efficace et prévisible.

Autre point soulevé concerne la fiscalité des particuliers, soit le relèvement du taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu, qui passerait de 20 % à 35 %. «Maurice figurait jusqu’ici parmi les juridictions africaines les plus attractives, grâce à un régime d’imposition relativement compétitif. Cette attractivité pourrait toutefois être fragilisée. Une hausse aussi significative risque de dissuader certains expatriés et talents internationaux de s’installer ou de poursuivre leur activité à Maurice, au profit de juridictions concurrentes telles que Singapour ou les Émirats arabes unis, où la fiscalité personnelle demeure plus avantageuse, voire inexistante.»

L’introduction d’une retenue à la source de 1 % sur certains paiements effectués à des non-résidents pour la fourniture de logiciels, de licences logicielles, d’applications et de services de maintenance à distance soulève également des interrogations. Pour Mario Hannelas, cette mesure paraît difficilement compatible avec les principes généralement admis en fiscalité internationale ainsi qu’avec l’esprit des conventions destinées à éviter la double imposition. «En l’absence d’établissement stable à Maurice, un non-résident ne devrait pas, en principe, être assujetti à l’impôt mauricien du seul fait de relations commerciales avec des clients mauriciens.»

Par ailleurs, le remplacement du taux zéro de TVA actuellement applicable aux services fournis par les sociétés de gestion par une exonération pourrait également avoir des conséquences. Si cette modification semble neutre à court terme pour les détenteurs de Global Business Licence (GBL), Mario Hannelas estime que cela pourrait avoir des effets indirects significatifs en empêchant les sociétés de gestion de récupérer la TVA payée sur certaines dépenses liées à leurs activités. Cette hausse des coûts opérationnels pourrait, à terme, dit-il, avoir des répercussions sur les sociétés concernées, rendant la création et l’administration de structures à Maurice moins attractives et plus coûteuses.

Le renforcement de la compétitivité du pays demeurant un impératif, Mario Hannelas soutient que «les réformes budgétaires doivent s’inscrire dans un équilibre entre les objectifs de consolidation des finances publiques et le maintien d’un cadre fiscal et réglementaire suffisamment attractif pour soutenir l’investissement, l’innovation et une croissance économique durable.»

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