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«Chagos-La Haye, l’Odyssée d’un Peuple»
Larmes et recueillement pour projection exceptionnelle
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«Chagos-La Haye, l’Odyssée d’un Peuple»
Larmes et recueillement pour projection exceptionnelle
La projection privée du documentaire «Chagos-La Haye, l’Odyssée d’un Peuple», consacré à l’histoire des Chagossiens a eu lieu mardi soir, chez MCine à Tribeca Mall. Après trois ans de travail, Selven Naidu a présenté son film à un parterre de personnalités et de témoins, parmi lesquels Jean Claude de l’Estrac, Issa Asgarally et Olivier Bancoult.
Réactions des invités
Jean Claude de l’Estrac, écrivain, ancien journaliste, ministre et secrétaire général de la COI (GCSK)

«C’est un film puissant qui a le mérite d’exister. Malheureusement, je ne sais pas si beaucoup de Mauriciens auront l’occasion de le voir, alors qu’il constitue aussi une forme de critique à l’égard de Maurice et des Mauriciens, qui n’ont pas bien accueilli les Chagossiens et n’y étaient pas sensibilisés dans un premier temps. Par la suite, dans les années 1980-1990, ils ont toutefois bénéficié d’un important soutien de groupes mauriciens, de syndicalistes et de politiciens. J’ai moi-même été, pendant un temps, président d’un front de solidarité. À l’époque, on ne disait pas encore Chagossiens, mais Îlois. C’est un très beau film et je suis heureux qu’il soit vu, d’autant qu’il sera traduit en plusieurs langues. C’est une histoire qui mérite d’être connue, car c’est un drame humain inimaginable que deux puissances aient pu décider d’effacer de la carte tout un peuple.»
Dr Issa Asgarally, auteur et linguiste

«Je voudrais saluer la réalisation de ce film et féliciter Selven Naidu, qui a été mon élève. C’est un honneur pour nous d’avoir pu le découvrir dans une grande salle, avec une excellente sonorisation. Nous avons été privilégiés. C’est un très beau film, remarquablement réalisé, avec de superbes gros plans, de belles musiques et, surtout, le bruit de la mer. La Sentinelle a tout à fait raison de parrainer cette grande première.»
Annabelle Marie, «Honorary Research Affiliate»

«Le réalisateur a accompli un très beau travail en mettant des images sur les mots que nous avons longtemps lus à travers les ouvrages d’auteurs comme Shenaz Patel ou Jean Claude de l’Estrac. Voir à l’écran les témoignages poignants des Chagossiens déracinés de leur terre natale est particulièrement marquant. Le fait que le film soit diffusé dans plusieurs pays grâce à TV5 Monde permettra aussi de faire connaître cette histoire à un public international. C’est un travail extraordinaire, car beaucoup de personnes, y compris à Maurice, ne connaissent pas tous les événements qui se sont déroulés.»
Cyril Palan, publicitaire et artiste, Logos Publicity

«Ce qui est vraiment regrettable, c’est que beaucoup de Mauriciens ne connaissaient pas l’ampleur de cette souffrance. Aujourd’hui, le monde entier saura ce qu’il s’est passé, y compris les Américains. Il était important de montrer au monde entier ce qui est arrivé aux Chagossiens.»
Cédric Palan, Logos Publicity

«C’est aujourd’hui que j’ai vraiment pu prendre le temps d’apprécier le film, après avoir travaillé dessus pendant plus d’un an avec Selven Naidu. Ce qui m’a le plus marqué, c’est d’entendre les Chagossiens dire que ce film les a touchés et leur a fait revivre ce qu’ils ont vécu il y a des années. Nous avions des contraintes, notamment de temps, mais il n’y avait pas de pression, car travailler avec Selven Naidu était extraordinaire. C’est quelqu’un qui connaît parfaitement son sujet et maîtrise son scénario. Le plus important, c’est que nous avons pu rétablir la vérité des Chagossiens.»
Olivier Bancoult, leader du Groupe réfugiés Chagos

«Ce film dresse le bilan d’un combat mené avec dignité par les réfugiés des Chagos. C’est un combat qui doit faire la fierté du monde entier, celui d’un petit peuple face à une grande puissance. Pour parvenir à ce résultat, il a fallu beaucoup de sacrifices, mais aussi une vaste campagne de sensibilisation autour de nos droits fondamentaux. Le moment le plus touchant est celui où une personne, sur son lit de mort, confie que son plus grand souhait est de retrouver son île. Tous les intervenants de ce film se sont exprimés avec le cœur. Il est bouleversant de voir que chacun peut vivre sur sa terre natale, sauf le peuple chagossien. Voilà notre lutte. Nous ne nous sommes pas laissé instrumentaliser par les politiciens. Nous sommes allés devant les tribunaux, et voilà le fruit de ce combat que beaucoup cherchent à récupérer. Nous avons vécu cette souffrance et, à travers ce film, nous espérons faire avancer notre cause et redonner de l’espoir à tous ceux qui vivent loin de leur terre.»
Kobe Dwaine Bancoult

«Ce film est une grande source d’inspiration. Il m’aide à mieux comprendre le combat de mes ancêtres.»
Selven Naidu, réalisateur de «L’Odyssée d’un peuple»

«Cela fait trois ans que je travaille sur ce projet de film. J’ai pleuré pendant le tournage, le dérushage et le montage. J’ai vu le film au moins 100 fois et, à chaque visionnage, j’ai eu les larmes aux yeux. J’espère que le public a pu ressentir l’émotion qui m’a accompagné tout au long de la réalisation.»
Finlay Salesse, ancien journaliste et rédacteur en chef

«Ce documentaire a le mérite d’exister. Il deviendra certainement un documentaire de référence. D’ailleurs, compte tenu du soutien de tous les bailleurs de fonds, on a le sentiment qu’il connaîtra une diffusion planétaire. Félicitations à Selven Naidu, qui a accompli un travail remarquable afin de raconter la saga du peuple chagossien. Toutefois, je suis cinéphile, c’est dans mon ADN. Je regarde donc avec un œil très critique. Le film dure deux heures et, manifestement, il comporte certaines longueurs et des répétitions. Deuxièmement, je trouve que l’utilisation de l’intelligence artificielle est parfois abusive. Par ailleurs, il s’agit d’un documentaire subjectif. Demain, si vous regardez ce qui s’est passé le 7 octobre en Israël ou à Gaza, il existe forcément plusieurs lectures possibles. Si j’avais réalisé ce film, j’aurais peut-être accordé une place plus importante à SAJ, qui a repris la toge pour défendre la cause chagossienne. Il y a aussi de nombreux Chagossiens, Mauriciens et militants qui possèdent des photos des manifestations que nous avons organisées à l’époque et qui auraient certainement pu être utilisées dans le film. Cela dit, le film a le mérite d’exister et je tiens à saluer le magnifique travail réalisé. Selven Naidu a toutefois un autre défi : réaliser une suite et une fin, notamment avec l’histoire de Misley Mandarin. Une autre lacune est l’absence de l'avocat Philippe Sands, qui n’apparaît pas du tout dans le film. Encore une fois, chapeau à Selven Naidu.»
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