Publicité

Convention nationale des arts et de la culture

Franceau Grandcourt : «Certains concerts sont associés à la drogue»

11 décembre 2025, 15:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Franceau Grandcourt : «Certains concerts sont associés à la drogue»

■ Session avec les artistes, les officiels de l’Assemblée régionale, le ministre Gondeea (au centre) et la ministre déléguée, Véronique Leu-Govind (à g.).

Rodrigues, l’ultime étape avant les changements attendus. L’exercice de consultation de la Convention nationale des arts et de la culture a pris fin le samedi 6 décembre dans l’île autonome. Pour l’occasion, Mahen Gondeea, ministre des Arts et de la culture, et la ministre déléguée, Véronique Leu-Govind, avaient fait le déplacement. Cette dixième séance – après les neuf à Maurice entre septembre et novembre – coïncidait avec le Festival Kreol Rodrig 2025.

Celui qui a brossé un tableau d’ensemble sans complaisance de la situation – tant des artistes que de l’industrie culturelle – est le chef commissaire Franceau Grandcourt. Il a abordé sans détour l’organisation des concerts, sujet qui suscite – à Maurice – son lot de mécontentements depuis des années, à cause des interdictions qui frappent le secteur, comme la vente d’alcool. Mais qu’en est-il à Rodrigues ? Il a exprimé des appréhensions sur l’événementiel, où, contrairement à d’autres pratiques artistiques, il y a plus d’argent en jeu. «Il y a eu un moment où, à Maurice, on a arrêté d’organiser des concerts à cause de divers problèmes. Rodrigues ne veut pas avoir les mêmes problèmes.»

Le chef commissaire a affirmé : «Parfois nous refusons des demandes, nous avons nos raisons. Nou bizin kone ki profil ena deryer lorganizasion bann konser. Certains concerts ou divertissements sont malheureusement associés à la drogue. Je ne dis pas que tous les organisateurs sont impliqués, mais la drogue commence à entrer à Rodrigues. Nous devons faire attention, parce que certains sont mal intentionnés.» Cependant, la prudence affichée n’empêche pas l’Assemblée régionale de Rodrigues (ARR) de chercher des endroits appropriés pour organiser des concerts. Mais il faudra que ce soit un lieu où les concerts «ne dérangent personne, qu’il n’y ait pas de problèmes avec la police de l’environnement».

Franceau Grandcourt a avec franchise constaté que pour le théâtre, «mo trouve pe tarde enn tipe, lezot ousi enn tipe tase, kouma nou dir. Nou anvi ki lar monte. Rodrigues va connaître de grandes transformations avec l’ouverture du nouvel aéroport. L’industrie de l’art va exploser, nous devons nous y préparer. Rodrig tipti, mais il y a des perspectives d’avenir». En conclusion, il a insisté pour que «l’art rodriguais ne perde pas son âme. Il est important que l’authenticité, la rodriguan vibe, soit préservée».

Le ministre Mahen Gondeea a invité les participants à la convention nationale à donner des précisions sur un projet en cours : le one-stop shop pour faciliter l’obtention de permis pour l’organisation de concerts. En collaboration avec l’Economic Development Board le ministère travaille à la mise en place d’une plateforme en ligne, via le National Electronic Licensing System. Pour Rodrigues, «pas besoin de se déplacer à Maurice pour les démarches. Les techniciens du ministère vont suivre les demandes et identifier les blocages», a-t-il indiqué.

Il a ensuite invité les participants à «koze pou nou kapav amelior sor bann artis». Il est revenu sur les prochaines étapes : une fois tous les griefs écoutés, une National Open Arts Commission va élaborer un plan stratégique. «Ce document sera distribué pour des corrections». Une fois finalisé, il sera soumis au Conseil des ministres pour validation. Pour sa part, Véronique Leu-Govind a insisté pour une meilleure circulation des artistes de Rodrigues vers Maurice. «Souvent des artistes mauriciens se produisent à Rodrigues, il faut que les artistes de Rodrigues aient une plateforme à Maurice. Pas seulement des événements organisés par le secteur public, mais aussi dans le privé.» Selon elle, «seki pe marse dan Moris pa forseman li pou marse dan Rodrig. Nous sommes là pour apprendre de vous».

Publicité