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Portrait

Emma Sonia Cécile, la beauté de la simplicité

16 août 2026, 19:00

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Emma Sonia Cécile, la beauté de la simplicité

Emma Sonia Cécile a 18 ans. Élève en Grade 12 au collège Lorette de Quatre-Bornes, elle a rejoint le National Children’s Committee (NCOM) presque par hasard. C’est une enseignante qui l’a désignée pour représenter son établissement.

«Ce qui m’a poussée à me présenter en tant que présidente, ça a été juste mon désir d’essayer», raconte-t-elle. Un discours improvisé plus tard, elle décroche la présidence. Comme la plupart des nouveaux membres, dit-elle, elle a été appelée «de manière tellement aléatoire» qu’elle ne s’explique toujours pas comment son nom est sorti. Dès leur entrée au comité, les jeunes membres du NCOM sont introduits à la Convention relative aux droits de l’enfant, socle sur lequel repose la création même du National Children’s Council et de son comité de jeunes.

Elle avoue volontiers qu’avant le NCOM, rien ne la prédestinait à ce rôle. «Je disais tout le temps que je n’avais pas de patience, que les enfants, des fois, ne sont pas trop stimulants.» Le déclic est venu quelques jours après son élection, le 16 novembre 2024, lors d’un séjour de vacances à Rivière-Noire passé entièrement aux côtés d’enfants, du matin au soir. «Ça a tout changé, en fait, de pouvoir être avec les enfants. J’ai découvert la beauté de la simplicité des enfants, que souvent on ne retrouve pas chez les adultes.»

Son bilan après deux années à la présidence

Pour Emma Sonia Cécile, chaque événement a été une découverte, quelque chose de nouveau. Le plus mémorable reste le 5 mars, pour Empowering Children’s Voices. «Pouvoir échanger avec des enfants de huit-neuf ans jusqu’aux adolescents de 16-17 ans, voir leurs idées, leur créativité, être vraiment en connexion avec cette jeunesse que le NCOM est appelé à représenter.» Il n’y a pas eu de grands obstacles durant son mandat. «C’était plutôt des années de certitude, même si chaque membre reste avant tout élève et devait jongler entre les études et ses responsabilités. Je pense que c’est surtout notre unité qui a fait qu’il n’y a pas eu de soucis entre nous», confie-t-elle.

Cette expérience lui a permis de se découvrir et de gagner confiance en elle. «J’avoue que quand j’étais plus jeune, j’avais beaucoup de soucis au niveau de mon estime de soi et de qui je suis.» Ainsi, ce poste l’a aidée à fortifier sa propre identité et elle en est reconnaissante. Elle souligne : «Cela m’a aussi appris à vivre avec les autres : comment gérer un groupe de personnes différentes, identifier leurs forces, leurs différences et travailler avec pour que l’équipe soit efficiente. C’était vraiment un cadeau et ça m’a aidée à trouver ma voie.»

L’année prochaine sera sa dernière année d’école. Elle souhaite faire quelque chose pour les enfants : ce n’est pas simplement un choix, c’est devenu une vocation. Avec tout ce qu’il y a autour, les cas de pédophilie, d’agression sexuelle, de négligence et d’abus, ce qu’elle désire vraiment, c’est de protéger ces enfants. «Je pense que les enfants, c’est le plus grand cadeau de l’humanité. On verra où le vent mènera.»

Son message pour les nouveaux membres et pour les jeunes

«Rester soi-même. Il y a huit milliards de personnes sur Terre, mais il n’y a pas deux personnes absolument identiques, même les jumeaux ne sont pas pareils. Nous avons tous une mission différente», explique Emma Sonia Cécile. Pour elle, c’est de s’affirmer, de réaliser que nous ne sommes pas comparables et que nous sommes irremplaçables. C’est aussi que les jeunes prennent confiance en leur identité et, surtout, de leur identité de jeunes, de ne pas prendre pour acquis leur identité d’enfant, parce que d’après la loi, chaque individu en dessous de 18 ans est un enfant.

Elle conclut : «Utiliser cette jeunesse, ce désir, cette passion, même la crise d’adolescence, toute la rage qu’on ressent à l’intérieur, pour essayer de faire de belles choses. Pourquoi s’engager, pourquoi donner sa voix ? Pourquoi pas ? Cette vie est la nôtre. Ce pays est le nôtre.»

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