Publicité

Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues

Des propositions pour lutter contre les drogues de synthèse bientôt soumises

27 juin 2026, 19:45

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Des propositions pour lutter contre les drogues de synthèse bientôt soumises

Des propositions concrètes concernant la lutte contre les drogues synthétiques seront prochainement soumises au gouvernement et au Parlement. C’est ce qu’a déclaré Kunal Naik, Chief Executive Officer de la National Agency for Drug Control (NADC) hier, lors d’un symposium d’une demi-journée organisé par cette agence, en collaboration avec l’université de Maurice (UoM), pour marquer la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues.

Placée sous le thème des réponses innovantes face aux nouveaux défis liés aux drogues, cette rencontre a réuni universitaires, chercheurs, étudiants, professionnels de la santé et décideurs afin de promouvoir une approche scientifique, multidisciplinaire et centrée sur l’humain.

Le professeur Mohamad Fawzi Mahomoodally, doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé à l’UoM a rappelé que la toxicomanie constitue l’un des défis sociétaux les plus préoccupants de notre époque. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les collaborations entre les universités, les pouvoirs publics, les professionnels de la santé et les communautés afin de proposer des solutions fondées sur des données scientifiques.

La présidente de la NADC, Nadia Peerun, a souligné que les enquêtes récentes montrent que le problème de la drogue est désormais perçu comme la deuxième préoccupation nationale des Mauriciens. S’appuyant sur le thème retenu cette année par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), elle a plaidé pour une stratégie équilibrée où la répression, bien qu’indispensable, ne constitue plus l’unique réponse. «La peur ne suffit pas à empêcher la consommation. Il faut comprendre les causes profondes de la dépendance, qu’elles soient psychologiques, sociales ou familiales», a-t-elle déclaré.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Kaviraj Sukon (photo), a lancé un appel à une mobilisation nationale durable. Selon lui, chaque faculté universitaire doit contribuer à la lutte contre la drogue à travers la recherche et la prévention. Il a révélé que 1 081 admissions liées à la consommation de drogues ont été enregistrées dans les établissements de santé publics en 2024, dont près de 75 % concernaient des personnes de 18 à 39 ans. Il a rappelé que le nombre d’élèves scolarisés a diminué, passant de 22 000 à environ 13 000 en une quinzaine d’années en raison de la drogue. Il a mis en garde contre les conséquences démographiques si les jeunes continuent d’être affectés par la toxicomanie.

Le ministre a également indiqué qu’environ 80 % des recherches sur les drogues utilisées à Maurice viennent de l’étranger, appelant les chercheurs locaux à produire davantage d’études afin de mieux comprendre les modes d’introduction des stupéfiants sur les campus et d’identifier les stratégies de prévention les plus efficaces.

En sus d’annoncer que la NADC proposera bientôt des solutions concrètes au gouvernement et aux parlementaires pour lutter contre les drogues synthétiques, le CEO de la NADC, Kunal Naik, a expliqué que l’agence privilégie désormais une approche communautaire axée sur la prévention, le traitement, la réhabilitation et la réinsertion sociale.

Bien que les Rs 80 millions allouées à l’agence dans le Budget 2026-2027 soient des ressources limitées par rapport à l’ampleur de la tâche, Kunal Naik a déclaré que l’agence poursuivra sa mission avec détermination.

Publicité