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“Gagner de l’argent en testant des produits…”
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“Gagner de l’argent en testant des produits…”
Avec l’entrée en opération du Centre international de développement clinique (CIDC), les tests cliniques indemnisés feront parties de notre quotidien. En vue de recruter des volontaires, cette société indépendante d’expertise clinique a démarché auprès des mauriciens à travers les journaux et les radios en utilisant le thème suivant : “Gagner de l’argent en testant des produits.” Qui ne serait pas tenté de se faire un peu d’argent f acilement? Surtout, quand il s’agit de recevoir Rs 500 pour un simple prélèvement de cheveux, nécessitant quatre heures dans une journée ? Beaucoup de mauriciens ont retenu le numéro de téléphone et se sont inscrits sur la liste des volontaires en tant que ‘cobayes’ pour ces études cliniques. Recevoir de l’argent aussi facilement est certes intéressant, mais à quel risque ?
“Nous sommes une société qui fonctionne selon des normes très strictes et tous les tests cliniques effectués nécessitent l’aval des trois organisations françaises, soit l’Agence du Médicament, la Répression des Fraudes et le CNIL, en plus de celui du Ministère de la Santé, avant d’arriver au produit fini”, explique M. Jean Louis Roule, directeur général du CIDC. Ainsi, cette société situe son activité dans le domaine de la protection des gens. On ne peut pas commercialiser un médicament, par exemple, sans études cliniques et il en va de même pour tous les produits cosmétiques.
Quel que soit le produit que l’on utilise, allant d’un matelas au yaourt, en passant par les produits cosmétiques, tout doit être testé avant la commercialisation. “C’est pourquoi des tests in vitro sont faits, et pour les études cliniques, effectués en trois phases prédéfinies, nous recrutons des volontaires que nous suivons avec des méthodes cliniques très au point afin de pouvoir mettre ces produits sur le marché mondial.”
Le domaine d’activité du CIDC est essentiellement l’épiderme et Maurice qui présente une photobiologie très intéressante, avec toutes ses ethnies (africains, métisses, hindous, …). De par sa représentation de la population mondiale, les experts sont en mesure de tester les produits cosmétiques en conditions réelles.
De ce fait, pour démarrer le centre CIDC, il a fallu créer une législation à Maurice, soit un duplicata de ce qui existe aux USA et en Europe. “Nous opérons en parfaite légalité. Notre institut dépend du Ministère de la Santé et d’un comité d’éthique qui donne son accord au sujet d’une étude que le CIDC souhaite entreprendre sur les volontaires mauriciens. Il y a une totale liberté du gouvernement mauricien qui peut dire s’il accepte ou pas l’étude que nous proposons. Et nous avons également l’accord de trois organisations françaises. Nous travaillons selon de strictes normes. Comme documents obligatoires, nous avons un protocole qui définit le mode d’emploi de l’étude clinique, c’est-à-dire qu’est-ce que nous voulons prouver et comment nous allons procéder à l’étude”, souligne Jean Louis Roule. Le CIDC procède ainsi à un dépôt de protocole au Ministère de la Santé qui, après étude, donne ou non son accord.
La fourchette d’indemnité est très large dépendant de l’étude effectuée. Pour une simple étude qui dure quatre heures au cours d’une seule journée, le patient qui ne vient qu’une fois, reçoit un paiement d’environ Rs 400. Une étude de cosmétologie peut aller jusqu’à Rs 2000, alors que certains tests effectués avec des médicaments ou qui nécessitent une hospitalisation, peuvent être rémunérés entre Rs 20 000 et Rs 30 000.
<B>Aspect sécurité</B>
Le centre fait ainsi appel à des volontaires sains, sélectionnés à partir de plusieurs critères. Les trois premiers critères pris en considération sont l’âge, le sexe, et le type de peau, mais d’autres critères d’inclusion, et des critères d’exclusion sont également tenus en compte. Ceux qui ne savent pas lire ne sont pas inclus dans l’étude, car chaque volontaire est amené à signer un contrat. Toutefois, chaque étude est expliquée au patient par un dermatologue ou un technicien. S’il est toujours intéressé, le volontaire doit signer une fiche de consentement mutuelle qui précise son acceptation et sa rémunération. Un numéro de sujet est donné à chaque volontaire sélectionné, et ce pour chaque étude effectuée afin de préserver l’anonymat de chaque patient. “Dépendant des études cliniques que nous effectuons, le patient vient une fois ou plus. Par exemple, pour le test d’un produit amincissant, il y a une première visite chez le médecin de notre organisme qui vérifie si tous les critères établis dans notre protocole sont respectés par le patient qui se présente. De là, commence l’étude, avec des mensurations prises avec divers types d’appareillages. Toutes les mesures sont consignées sur un cahier d’observation unique pour chaque volontaire. Ce cahier est également déposé au Ministère de la Santé”, explique M. Roule
M. Roule fait ressortir que bien que la rémunération intéresse beaucoup, il faut savoir que l’indemnité dépend de plusieurs contraintes, à l’instar du nombre de jour. Notre interlocuteur insiste pour dire que les hospitalisations ne sont pas faites pour tester l’efficacité du produit, mais pour voir les effets secondaires. Tout est fait sous stricte contrôle médicale, et la rémunération est élevée. C’est le facteur de contrainte qui est pris en considération pour la rémunération, beaucoup plus que le facteur risque. Ainsi, le directeur générale de CIDC affirme que : “chaque étude clinique est couverte par une assurance à la charge du promoteur.”
Ainsi, le patient volontaire a une garantie en cas d’effets non désirés. Il peut avoir recours à une assurance. Le numéro de téléphone du CIDC est disponible durant la journée et une assistance 24 heures sur 24 est proposée en cas d’urgence. Il est important de ne rien cacher au niveau des irritations pour la bonne marche de l’étude, mais aussi pour le bien du volontaire. A noter que tous les documents sont archivés pendant au moins cinq ans. Malgré les hésitations que peuvent avoir certains, M. Roule affirme qu’“en cosmétologie, le risque est zéro.”
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