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«La réforme de la loi du travail est cruciale»

9 avril 2008, 00:00

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À la dernière assemblée générale de la «Mauritius Employers? Federation» (MEF) à l?issue de laquelle vous êtes devenu le président du patronat mauricien, vous avez parlé de réformes. Comment se porte la MEF et quelles sont ces réformes que vous envisagez ?</B>

D?abord, je dirai que la MEF a 45 ans d?existence et qu?elle se porte bien. Elle a à peu près 900 membres adhérents présents dans 17 différentes activités clés, sans mentionner les nouvelles activités qui émergent en ce moment. Concernant les réformes, nous suivrons le plan établi par le gouvernement. Ainsi, nous devrons faire le suivi des questions relatives aux lois du travail, à la réforme de la pension, à la responsabilité sociale des entreprises et au Social Partners? Forum. Il regroupera les syndicats des employés et les employeurs, pour un débat social ouvert. Ces réformes nous permettront de nous adapter aux mutations qui s?opèrent dans le monde entier. Par exemple, les lois qui régissent le travail existent depuis plusieurs décennies. Il convient d?y apporter des amendements pour évoluer au rythme de notre société. Quant à la réforme de la pension, elle est nécessaire pour tenir compte de l?espérance de vie de la population qui a évolué de façon incontestable. Cette dernière réforme est indispensable pour préparer et conscientiser les bénéficiaires des pensions à préparer leur avenir.

● <B>Quelle est la priorité du patronat pour l?année 2008 ?</B>

La réforme de la loi du travail est notre plus grande priorité pour l?année 2008. Elle est cruciale pour le patronat car, sur la base de cette loi, nous déterminerons la productivité, la compétitivité, l?amélioration des salaires des employés, leur mobilité, leur formation. Tout passe par cette loi.

● <B>Le «Central Electricity Board» vient d?augmenter les tarifs de l?électricité. Quel impact aura cette décision sur vos activités ?</B>

Nos coûts de production vont augmenter avec la hausse du prix de l?énergie. Cela affectera certainement notre compétitivité. Mais il faut que, de notre côté, nous fassions des ajustements pour assurer la survie des entreprises. Cela dit, nous avons déjà vécu plusieurs périodes de crise que nous avons gérées. Étant donné que nous sommes en période de croissance économique, avec une gestion saine, les entreprises réussiront à surmonter les difficultés malgré les défis auxquels nous sommes confrontés.

● <B>Le gouvernement vous aidera-t-il à surmonter vos difficultés ? Est-il à l?écoute de vos doléances ?</B>

Le rapport MEF-gouvernement est excellent. Nous avons dû travailler ensemble sur plusieurs projets, telle que la réforme des lois du travail. Disons que nous nous entendons plus ou moins bien sur certains points. C?est normal qu?il y ait des sujets sur lesquels nous avons des divergences. Mais, grâce au dialogue permanent, nous réussirons à aplanir les difficultés. Le gouvernement est à l?écoute de nos propositions. Nous avons un dialogue franc avec les ministères du Travail, des Ressources humaines, des Finances, de la Sécurité sociale, de l?Environnement, de la Femme, etc.

● <B>Le taux de chômage est en baisse. Quels secteurs ont le plus contribué à la création d?emplois ?</B>

Les secteurs des services et de l?hôtellerie ont été les principaux pourvoyeurs d?emplois ces dernières années. Le textile aussi a beaucoup contribué à réduire le chômage. Mais il faut noter que le besoin de main-d??uvre qualifiée se fait de plus en plus sentir. Ainsi, la plupart des emplois disponibles actuellement s?adressent aux personnes qui possèdent certaines qualifications, c?est-à-dire des professionnels, des cadres. Ce sont ceux que nous appelons la skilled labour. Mais, grâce à l?éducation tertiaire assurée par l?IVTB, l?université de Maurice et les écoles spécialisées, nous avons pu répondre à cette demande en main-d??uvre qui devient de plus en plus forte dans certains secteurs de l?économie.

● <B>Une partie de cette main-d??uvre qualifiée est d?origine étrangère. Quelle est la situation de ces travailleurs étrangers à Maurice ?</B>

Nous avons une pénurie en main-d??uvre qualifiée. C?est certain et il est normal qu?on aille chercher des travailleurs étrangers pour répondre à la demande. Nous avons remarqué que dans certains secteurs comme les produits de la mer (seafood), les Mauriciens ne veulent pas offrir leur force de travail. C?est le cas dans le secteur de la construction, où le même problème se pose. Mais nous avons des industries qui doivent continuer à fonctionner. Nous n?avons pas d?autre choix que d?avoir recours à la main-d??uvre étrangère. Ces travailleurs étrangers apportent leur expérience, leur savoir-faire, leur disponibilité, leur productivité pour soutenir l?entreprise. Cependant, les entreprises mauriciennes continuent à assurer la formation des travailleurs locaux. Nous veillons à ce que les travailleurs étrangers travaillent dans des conditions adéquates. La législation du travail prévoit des sanctions à l?encontre des employeurs qui enfreindraient la loi.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Nico PANOU</B>

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