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«C’est un métier de rêve, mais où l’on peut facilement perdre son âme»

9 juin 2006, 20:00

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Vous êtes aujourd’hui la seule Mauricienne à avoir une vraie carrière sur les catwalks internationaux. Quel regard portez-vous sur cette profession ?

Après Miss Mauritius, j’avais envie de démarrer une vraie carrière de mannequin. Je me suis envolée pour l’Inde, mais je n’y suis pas restée longtemps parce que je ne pouvais pas m’adapter. Après deux ans passés chez Hasseena, j’ai décidé de me redonner une chance. J’ai frappé aux bonnes portes. Mais la chance n’a rien à voir avec la réussite. J’ai travaillé comme une dingue, parce que j’étais passionnée, même si j’étais assez naïve. Je n’ai jamais rien planifié dans ma vie mais je me suis toujours vue comme une ambassadrice de Maurice. Ce métier est un métier de rêve, de conquête, mais c’est un métier où l’on peut facilement perdre son âme.

Qu’est-ce qui vous a permis de supporter les coups durs ?

Ma foi dans ce que je voulais et surtout le soutien inconditionnel de ma famille. Je savais que j’avais tous les critères nécessaires pour réussir.

Cette réussite, vous l’attribuez à quoi principalement ?

Au travail, à l’audace, à l’envie de faire ce que j’avais envie de faire. J’ai toujours cru en ma destinée.

Quel est le critère le plus important dans cette profession ? Est-ce la beauté, comme on semble le penser ?

Ce n'est jamais la beauté ! C’est important, mais pas primordial. Ce qui vous différencie les uns des autres, c’est l’attitude. The attitude that you show when you are on top.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait se lancer dans cette profession ?

«If you want to be a model, then be a model!» On ne naît pas mannequin, on apprend à le devenir. «We polish always», et nous sommes toujours à la recherche de la perfection.

Quel avenir voyez-vous pour le mannequinat mauricien ?

Le pays doit donner davantage de valeur à cette industrie. La qualité des concours de beauté doit être rehaussée. Le bagage intellectuel ne suffit pas. Il faut davantage de formation. Je suis persuadée qu’il y a beaucoup de jeunes qui peuvent faire carrière, il leur manque les structures adéquates pour pouvoir vraiment se lancer.

Pensez-vous revenir au pays et faire profiter de votre expérience aux autres ?

Absolument ! Je ne songe qu’à revenir au pays, mais je ne sais pas quand ce sera possible. Je voudrais qu’une vraie industrie de la mode existe chez nous et je pense être capable d’apporter une petite contribution dans ce secteur. Il faudrait également rehausser les salaires et arrêter d’exploiter les jeunes talents.

Aujourd’hui, vous êtes passée du statut de mannequin à celui de top-model. Comment vivez-vous cette célébrité ?

C’est un rêve de petite fille qui s’est réalisé. Mais aujourd’huii je sors moins, je me montre moins dans les soirées mondaines. Je tiens juste à me garder en forme and « keep myself happy ». Je me suis un peu retirée pour observer et plannifier mon avenir. Je suis un peu rassasiée, mais toujours aussi passionnée.

Vous avez la trentaine bien entamée. Songez-vous à vous retirer, comme il est de coutume dans cette profession ?

Il y a des top-model qui à 36, 39 ans, sont toujours sous les feux de la rampe. Je commence bientôt à chorégraphier quelques défilés, en parallèle avec mes défilés. Je continue sur ma bonne lancée.

A quel rythme travaillez-vous ?

Une dizaine de campagnes publicitaires par an et une douzaine de défilés par mois.

Vous êtes célèbre pour avoir été la tête d’affiche d’une campagne vantant les mérites d’un préservatif. Etes-vous fondamentalement une audacieuse ?

Je ne suis pas inhibée. Dans la vie il faut savoir prendre des risques. Si votre anatomie est un atout et que le metteur en scène sait vous mettre à l’aise et vous magnifier, alors pourquoi pas !

Aucun regret alors ?

Aucun ! J’ai appris la vie à Mumbai, le business aussi. Je me suis aussi beaucoup amusée. Mais je n’y serai jamais arrivée sans le soutien de ma famille.

Propos recueillis par Martine LUCHMUN

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