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Géopolitique et sport : état de désunion !
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Géopolitique et sport : état de désunion !
Le rêve américain devient le cauchemar américain pour certains! L’instrumentalisation politique du sport menace directement sa mission première : unifier les peuples autour du respect et de la tolérance. Unifier. Un mot qui est dénué de tout son sens, actuellement, aux États…Unis! Des exemples d’exclusion pullulent dans les médias et sur les réseaux sociaux à la veille de la plus grande fête du sport au monde.
L’arbitre somalien Omar Artan a été interrogé pendant onze heures à son arrivée sur le sol américain avant de se faire recaler ! «Je suis juste un arbitre essayant de vivre son plus grand rêve, d’aller à la Coupe du monde. Je suis vraiment, vraiment déçu. J’avais les bons papiers et le bon visa. Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays», a-t-il lâché.
Pourquoi ? Le patron de l’équipe de la Maison Blanche chargée de l’organisation du Mondial, Andrew Giuliani, a assuré que le refoulement d’un arbitre. «Il y a eu des responsables qui se sont vu interdire l’entrée et pour de bonne s raisons», a-t-il affirmé, évoquant la nécessité d’empêcher «des acteurs malveillants de venir dans le pays sous couvert de la Coupe du monde». Le chef de la police aux frontières (CBP) a, quant à lui, justifié le refoulement d’Omar Artan par des «problèmes liés à la vérification de ses antécédents». Un responsable du Département d’Etat américain a déclaré à l’AFP que l’arbitre était «lié à des personnes soupçonnées d’appartenir à des organisations terroristes».
Soit! Est-ce que le service de renseignements est de la même lignée que ceux qui avaient jugé qu’Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, abattu par des agents fédéraux de l’ICE à Minneapolis, était dangereux? Ou dans la même lignée de ceux qui avaient conclu que l’Irak avait des armes de destruction massive ?
Il ne faut pas faire d’amalgame. Le football, discipline reine à l’échelle mondiale, doit impérativement préserver sa neutralité. Aucune discrimination — qu’elle soit basée sur la nationalité, l’origine ethnique ou les opinions politiques — ne devrait justifier l’exclusion d’acteurs du jeu. Ou être des victimes de la politique migratoire américaine.
L’attaquant vedette de l’Irak, Aymen Hussein, a quant à lui été retenu près de sept heures samedi dernier à l’aéroport de Chicago. Le téléphone du joueur a notamment été longuement inspecté, a indiqué au Guardian un responsable irakien. Plusieurs médias arabes ont dénoncé un interrogatoire mené «comme s’il était un terroriste». Le joueur a finalement été autorisé à entrer sur le territoire. Cependant, le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée alors qu’il disposait d’un visa valide. Salah, une arme de destruction massive ? A Liverpool, oui! Mais en tant que photographe, Talal Salah, nul ne sait…
Le football est une discipline olympique, donc régie par la Charte Olympique qui stipule que «le sport est pratiqué dans le cadre de la société» et que «les organisations sportives au sein du Mouvement olympique se doivent d’appliquer le principe de neutralité politique».
Pourtant, les sanctions ciblant les joueurs, les arbitres ou les supporters soulèvent des doutes légitimes quant à l’équité des instances internationales. En bloquant la participation de certains acteurs aux compétitions mondiales, ces mesures ébranlent les principes de justice sportive. Le sport n’est la propriété d’aucun État ; il s’agit d’un patrimoine commun universel. La Fédération iranienne de football a affirmé que les ÉtatsUnis avaient supprimé le quota de billets attribué aux supporters iraniens pour la Coupe du monde, empêchant désormais la fédération de distribuer des billets via son système officiel. «Priver les supporters iraniens de l’accès à leur quota légal et officiel de billets va à l’encontre de l’esprit des compétitions internationales et du principe d’égalité entre les pays participants», a estimé la fédération.
Vous connaissez la meilleure ? Ceci est un extrait du discours tenu par le président de la FIFA, Gianni Infantino, après la première Coupe du monde des clubs de l’histoire organisée au pays de l’oncle Sam, il y a un an : «Je pense qu’il est important de clarifier ce point. Il y a beaucoup d’idées fausses qui circulent. Tout le monde sera le bienvenu au Canada, au Mexique et aux États-Unis pour la Coupe du monde de la FIFA l’année prochaine. Il y a une procédure à suivre pour obtenir des visas, etc. Cette procédure se déroulera sans encombre. Nous voulons unir le monde et nous le ferons l’année prochaine. Le monde a besoin d’occasions de s’unir, de rassembler les équipes, de rassembler les gens, de rassembler les supporters… Donc, encore une fois, tout le monde sera le bienvenu. Restez positifs et vous verrez que ce sera une formidable, formidable célébration de la plus grande Coupe du monde de la FIFA de tous les temps.»
Les stades doivent demeurer des espaces de communion fraternelle, préservés des tensions diplomatiques. Quand le sport devient une arme politique, il perd son âme. Il a déjà perdu un peu, ces derniers jours. Heureusement que les acteurs, les vrais, entrent en scène ce soir, après la cérémonie d’ouverture où les discours sonneront creux! Paix, amour, union etc. Vraiment?
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