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« Pour dompter ses pensées négatives, il faut entretenir des buts dans la vie »

29 janvier 2006, 00:00

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Des prix qui flambent, des crimes nourris de vengeance, des brutalités, des licenciements, des polémiques. Est-ce que c?est légitime de parler de climat de négativité ?

C?est le revers de la médaille mais il ne faut pas faire abstraction des choses positives qui se passent dans la société actuellement. Toutes ces atrocités que vous mentionnez ainsi que les conséquences socioéconomiques qui perdurent ne sont pas des choses nouvelles. C?est important de faire ressortir qu?en effet c?est une combinaison de facteurs psychologiques, sociologiques et biologiques qui influencent l?être humain. Et bien sûr l?environnement socioéconomique exerce une influence aussi sur l?individu et peut le pousser à commettre certains actes de brutalité et de violence.

On dit souvent que la négativité est contagieuse. Pensez-vous que tout est une question d?attitude envers les gens, les choses et la vie ?

Bien sûr que non ! Nous revenons encore une fois à l?être humain comme étant un produit bio-psycho-social. Ce qui veut dire qu?une personne démontre une attitude X et une autre une attitude Y envers la même situation car beaucoup de choses se jouent sur des facteurs génétiques, les événements qui ont marqué la vie de cet individu, son environnement socioculturel et le « macro environnement » dans lequel cette personne évolue. C?est tout cela qui a un impact sur nos attitudes et nos réactions envers les événements de la vie. Selon la théorie de Freud, les trois composantes de la personnalité : l?id, l?ego et le « superego », influencent le comportement de l?individu. Dans le cas de crimes du genre stalking, viol, obsession, brutalités, violence, l?impulsion du « superego » pousse les criminels à commettre une action qu?un individu « normal » se serait abstenu de commettre.

Comment ne pas tomber dans l?amertume et continuer à faire preuve de constance quand tout semble aller de travers ?

C?est difficile de répondre à cette question de manière précise car tout dépend de l?individu et de ses coping mechanisms ? il y a des coping mechanisms qui sont sains et d?autres malsains. Avoir recours au soutien d?un entourage sain ou à la thérapie, retrouver son équilibre interne et préserver son identité, se retrouver dans la solitude sereine ou entreprendre des activités qui nous passionnent peuvent nous empêcher de tomber dans l?amertume.

C?est aussi important de « deconstruct » le sens qu?on donne aux événements ? par exemple, quelqu?un qui perd son job peut se dire « cela m?arrive toujours » et là, c?est une pensée irréaliste du genre black and white. La vie n?est pas tout blanc ou tout noir mais elle est faite de différents tons de gris. D?où l?importance de mettre les choses dans une dimension plus réaliste. Le grand philosophe romain, Marcus Aurelius, dit que nous pouvons résumer notre destin en huit mots : « Our life is what our thoughts make it. » C?est primordial d?apprendre à cultiver des pensées adaptives et réalistes en lesquelles on croit fermement.

Remplacer ses pensées négatives par des pensées positives, c?est souvent chose plus facile à dire qu?à faire. Qu?en pensez-vous ? Comment dompte-t-on ses pensées ?

C?est vrai que c?est plus facile à dire qu?à faire car cela demande beaucoup de travail sur soi. Un des hommes que j?admire profondément est le Personal Coach américain, Anthony Robbins, qui dit souvent que pour dompter ses pensées négatives, il faut entretenir des buts dans la vie, savoir se concentrer sur ces buts-là malgré les négativités journalières, savoir visualiser sa vie comme on voudrait qu?elle soit, et prendre des actions constructives pour arriver à ses fins. Il parle aussi d?apprendre à être reconnaissant pour ce que nous avons car cela contribue à faire disparaître l?amertume.

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