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Cyclisme – Projet de vélodrome toujours en attente

Une infrastructure qui offrirait de multiples bénéfices !

9 septembre 2026, 13:30

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Une infrastructure qui offrirait de multiples bénéfices !

Photos : Krishna Pather.

Les dirigeants du cyclisme mauricien demandent depuis des années aux autorités de les soutenir dans la construction d’un vélodrome. Mais jusqu’à présent, ce projet ne s’est toujours pas concrétisé. Et pourtant, cet outil aurait été tellement bénéfique aussi sportivement que socialement.

Le projet de vélodrome aurait pu connaître une issue favorable il y a un peu plus d’une décennie de cela. Le ministre des Sports d’alors, Devanand Ritoo, avait fait montre d’un réel intérêt et avait même proposé un terrain à Roches Brunes. Un dossier avait été préparé par la FMC qui était présidée par feu Hervé Flore au préalable. En juin 2012, une réunion avait même eu lieu au siège du ministère lors de laquelle les dirigeants de la FMC étaient accompagnés des architectes qui avaient dessiné les plans, soit l’ancien cycliste Christophe Lincoln et Ahmad Rawat. Cependant, la responsabilité de trouver les fonds pour financer la construction incombait à la FMC et c’est ce qui a mis un frein au projet. Il faut préciser que Christophe Lincoln et Ahmed Rawat s’étaient rendus à La Réunion pour visiter le vélodrome Gabriel Chéfiare à Champ Fleuri mais avaient, à leur retour, proposé la construction d’un vélodrome couvert en bois.

Toutefois, une piste comme celle de l’île sœur – la seule véritable référence dans l’océan Indien - semble être le choix idéal. Elle permettrait non seulement aux cyclistes de haut niveau de s’exercer mais également aux pratiquants de tout age, comme le souligne José Achille, membre du staff technique de la FMC qui avait suivi de près le projet proposé à l’ex-ministre Ritoo.

« Contrairement à ce que certains pensaient à l’époque, le vélodrome n’allait pas être utilisé uniquement par un petit groupe de personnes. C’est un outil qui aurait permis à un grand nombre de pratiquants d’apprendre à contrôler le vélo. Il aurait aidé à maîtriser tous les gestes qu’il faut avant de se mettre sur la route », indique José Achille.

La formation technique des jeunes se ferait ainsi sur l’anneau, ce qui aurait rassuré leurs parents qui sont peu enclins à laisser leurs enfants rouler sur la voie publique.

Le vélodrome offre un cadre sécurisé pour débuter la pratique du cyclisme. « Les jeunes seraient donc mieux armés techniquement avant de passer sur la route. Avec la maîtrise technique qu’ils auraient acquis, cela leur permettrait de mieux anticiper les dangers sur la route par la suite », ajoute-t-il.

Un apport au niveau social

En faisant évoluer un jeune sur un vélodrome du style de Champ Fleuri, cela permettrait de déceler les qualités de pistard chez lui très tôt. Les exemples de jeunes Réunionnais qui ont été repérés et qui ont ensuite défendu les couleurs de la France dans des compétitions continentales et mondiales sont nombreux. Ce potentiel existe à Maurice et l’exemple vivant demeure Samuel Dupuy qui après quelques semaines de préparation, avait remporté une médaille d’or et trois de bronze chez les juniors aux Championnats d’Afrique de piste en Égypte en janvier 2024.

Lors du récent Tour de la Réunion, on a vu lors du prologue disputé sur la piste de Champ Fleuri de très bonnes performances réalisées par les Mauriciens. A commencer par Tristan Hardy qui avait été le seul à descendre sous les 4 minutes au terme des 10 tours (3,3 km) avant de s’imposer au classement général final. « Le prologue du Tour sur le vélodrome avait donné une photographie de ce qu’allaient être les résultats finaux », rappelle José Achille.

L’existence d’un vélodrome à Maurice ne contribuerait pas seulement au progrès de notre cyclisme mais serait aussi d’un apport certain au niveau social. Il serait un point de rencontre pour la famille. Autour de la piste, d’autres structures pourraient être aménagées comme des pump tracks, un espace pour pratiquer le skate board, le BMX, la trottinette ou le roller. Un « jogging track » pourrait aussi venir s’y greffer. Un projet intégré de cette envergure serait tout indiqué à un moment ou la drogue fait des ravages chez les jeunes Mauriciens.

L’actuel président de la FMC, Michel Mayer propose, lui, de commencer de manière réaliste avec un vélodrome national de 250 mètres en béton, principalement destiné à la formation, aux jeunes, aux écoles, aux clubs, aux équipes nationales et aux compétitions.

Aider au développement du tourisme sportif

« La sécurité d'un vélodrome permettrait de développer des programmes avec les écoles, collèges et régions, chose beaucoup plus difficile à organiser sur la route. Nous pourrions ainsi faire découvrir le vélo à des centaines, puis potentiellement à des milliers de jeunes », déclare-t-il. Il est aussi d’avis que cette infrastructure offrant un environnement sécurisé peut attirer davantage de jeunes filles vers le cyclisme. « Nous voulons augmenter considérablement notre base féminine et créer une véritable filière de développement allant des jeunes jusqu'à l'équipe nationale », lance-t-il. La formation de nos entraîneurs, mécaniciens, commissaires et éducateurs, ainsi que des stages organisés avec les instances internationales pourraient se tenir sur le site. Il pourrait devenir un centre régional accueillant des cyclistes et entraîneurs venant de Madagascar, des Seychelles, des Comores et de pays africains pour des stages, formations et compétitions.

« Notre climat constitue également un avantage important. Pendant l'hiver européen, des équipes et groupes étrangers recherchent des destinations permettant de s'entraîner dans de bonnes conditions. Avec nos hôtels, notre climat et nos connexions aériennes, un centre cycliste de qualité pourrait contribuer au développement du tourisme sportif, avec des retombées pour les opérateurs touristiques », propose Michel Mayer.

Celui-ci suggère un investissement progressif et raisonnable. « Selon les premières estimations dont nous disposons, un vélodrome national en béton représenterait un investissement de l'ordre de Rs 150 millions, excluant le terrain. Le terrain nécessaire serait d'environ 14 000 m² pour la configuration de base, et jusqu'à 25 000 m² pour un véritable complexe avec ses infrastructures et la possibilité de développements futurs. Le pump track et l'espace skating pourraient être réalisés séparément et progressivement selon les budgets disponibles », avance Michel Mayer.

Le président de la FMC pense que le projet peut être élaboré par phases. « La priorité aujourd'hui serait d'identifier et de réserver le terrain, de valider le principe du projet et de l'intégrer dans la planification des infrastructures sportives de Maurice à l'horizon 2050 », fait-il valoir.

Comme c’était le cas par le passé, la réalisation du projet dépasse les capacités financières et opérationnelles de la FMC. Il doit donc être porté et réalisé par l’État avec la fédération comme partenaire sportif et technique.

L’État mauricien s’est réjoui des belles performances réalisées par Kimberley Le Court-Pienaar sur la scène internationale ces derniers temps. Va-t-il concrétiser ce projet tant attendu et essentiel pour passer un nouveau cap et produire d’autres cyclistes de niveau mondial ?

vue generale

Le vélodrome Gabriel Chefiare à Champ Fleuri (Saint-Denis), le modèle idéal à suivre chez nous à Maurice.

autres structures

D’autres structures pourraient s’ajouter au projet qui serait déployé en plusieurs phases.

jeux d'adresse

Les plus jeunes pourraient pratiquer des jeux d’adresser afin de maîtriser le vélo avant de se retrouver sur la route.

piste jogging

Un jogging track pourrait aussi être construit autour du vélodrome.

BMX

Un espace pourrait être dédié au BMX.

trottinette

Les amoureux de la trottinette pourraient eux aussi trouver leur bonheur !

espace de convivialite

L’infrastructure deviendrait un bel espace de convivialité réunissant toute la famille autour de la pratique d’une activité physique.

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