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La stratégie de l'affrontement !

9 septembre 2026, 10:29

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Les exemples d’une communication désastreuse ne manquent pas. Et pourtant, Ramgoolam continue de creuser le fossé avec les citoyens ! Au lieu de rassurer, il adopte désormais l’agressivité. Chaque fois que la presse lui tend le micro pour qu’il éclaire l’opinion publique, il s’en prend aux journalistes qui l’interrogent.

Sur la dépréciation de la roupie ? Ramgoolam répond : «Kot ou ti ete pandan 10 an ? (…) Ou krwar fasil redres sa ?» Quand on lui demande de commenter la polémique sur l’achat de sa voiture blindée de Rs 30 millions, le voilà qui s’emporte et lâche : «Bizin pran saret ? Lerla Premier ministre marse al travay.» Avant de demander au journaliste qui l’interrogeait si les sacrifices signifient que «dan mo biro mo tegn lalimier ek servi labouzi ?». Et parce qu’il pense avoir raison, le Premier ministre a même jugé utile de faire savoir que «bann zournalis kikoze fer laont».

N’y a-t-il donc personne dans l’entourage du chef du gouvernement pour lui dire qu’il est mal inspiré de se montrer ainsi virulent ? N’y a-t-il donc pas une âme généreuse parmi la vingtaine de conseillers payés des fonds publics pour expliquer à Ramgoolam que les attentes des citoyens sont à la hauteur des promesses de ce gouvernement, de la victoire historique des 60-0, et que la presse ne fait que relayer les preoccupations de l’opinion publique ?

Il faut rappeler au Premier ministre que dans une démocratie, chaque partie (opposition, syndicat…) joue son rôle et la presse a pour mission d’informer, de questionner et de contester, quand cela s’avère necessaire, la communication officielle.

Il incombe alors au Premier ministre de répondre, de rendre des comptes, de clarifier les décisions prises et de justifier l’utilisation de l’argent public, qui ne lui appartient pas. Plutôt que de faire montre d’arrogance, Ramgoolam aurait pu expliquer, avec calme et courtoisie, pour quelle raison l’acquisition d’une voiture blindée au coût de Rs 30 millions était nécessaire et pourquoi aucune autre alternative n’était envisageable.

À quelques mois du deuxième anniversaire de son accession au poste de Premier ministre, le leader du PTr devrait se demander ce que les Mauriciens attendent de son gouvernement – et de lui-même en tant que leader.

Est-ce qu’un chef de la majorité qui peut se vanter d’avoir une longue expérience, que ce soit au gouvernement et dans l’opposition, ne devrait pas faire preuve de maturité, de sagesse et incarner l’image d’un père de la nation capable d’écouter et de comprendre les interrogations des citoyens qui avaient cru à un changement du système ?

Or, quand il attaque les représentants des médias, en perdant le contrôle de son langage, Ramgoolam transforme chaque question en affrontement et projette l’image d’un Premier ministre sur la defensive.

Plus inquiétant encore, il donne le sentiment d’être coupé des réalités des Mauriciens, de leurs difficultés et de leurs sacrifices. Car pendant que la population est appelée à se serrer la ceinture, à composer avec des hausses de prix et de nouvelles taxes – le dernier coup de massue concerne les achats en ligne –, elle voit au sommet de l’État des décisions coûteuses qui mériteraient d’être expliquées.

La presse qui ne réclame aucun privllège, fait son travail et a le droit de demander au pouvoir pourquoi les efforts réclamés sont à sens unique et comment les fonds publics sont gérés. La réponse ne peut être une continuelle agressivité même si la question dérange ou met mal à l’aise. On attend une certaine hauteur et du respect de la part d’un Premier ministre qui, malgré sa communication désastreuse, continue de creuser le fossé avec les citoyens !

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