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Financial Crimes Commission

Sanjay Dawoodarry : «Nou pa pou toler bann tret ek vander»

9 septembre 2026, 09:00

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Sanjay Dawoodarry : «Nou pa pou toler bann tret ek vander»

Les documents relatifs à l’enquête sur le «Reward Money», bouclée par la FCC en moins de 18 mois, seront transmis au bureau du DPP pour la suite des procédures.

«No retreat, no surrender.» C’est le message lancé par Titrudeo Sanjay Dawoodarry, directeur général (DG) de la Financial Crimes Commission (FCC), hier, lors d’une conférence de presse marquée par plusieurs mises au point. Autre élément fort : des dossiers représentant environ Rs 55 milliards font actuellement l’objet d’enquêtes de la FCC, à travers différents dossiers majeurs.

Organisée alors que la FCC se retrouve au centre de plusieurs polémiques depuis quelques semaines, cette rencontre avec la presse avait pour objectif de faire le point sur ses actions, ses résultats et plusieurs affaires récentes. L’exercice était inhabituel pour l’institution et la salle était comble, avec la présence de journalistes de différents médias.

Dès le début, Sanjay Dawoodarry a présenté son équipe avant d’insister sur la transparence et les mécanismes de contrôle de la FCC. Il a expliqué qu’il existe deux niveaux d’«accountability». Le premier est la Commission qu’il préside aux côtés de Nitish Hurnaum, Richard Rault et Virginie Lennon. Le deuxième est le comité parlementaire qui suit le travail de l’institution.

Le DG a aussi reconnu que la FCC pouvait connaître des défaillances. «On n’est pas infaillible au sein de la FCC et on est des humains. Comme toute organisation, il y a des shortcomings», a-t-il déclaré. Il assure toutefois que des actions sont prises lorsque des manquements sont constatés.

Déclarations des avoirs

Premier sujet chaud : les déclarations des avoirs. Le département concerné compte six personnes chargées de gérer 5 720 déclarants. Parmi eux, 1 467 sont notamment des parlementaires, des membres de conseils de district, de municipalités et de la Rodrigues Regional Assembly, dont les déclarations sont publiées sur le site de la FCC. Sanjay Dawoodarry a toutefois expliqué que la loi n’impose pas expressément leur publication en ligne. Selon lui, il s’agit d’une pratique adoptée par souci de transparence.

Il est revenu sur la polémique concernant le ministre Shakeel Mohamed et l’absence de certaines informations sur le site de la FCC. Après vérifications, un audit externe a été confié à STORM Guidance, société spécialisée en cybersécurité basée en Angleterre. Selon les conclusions citées par le DG, il s’agissait d’un problème technique : les données se trouvaient bien sur le serveur, mais n’apparaissaient pas sur le site. D’autres déclarants avaient également été concernés. Une enquête interne a ensuite été menée, avec des suspensions et une procédure disciplinaire.

Le «Diary» perdu à Goodlands

Autre controverse : la diffusion sur les réseaux sociaux de pages d’un diary appartenant à une jeune recrue de l’Asset Recovery and Management Division. Selon le DG, l’officier avait perdu ce carnet lors d’une opération à Goodlands dans une affaire de blanchiment d’argent. Il y avait noté des déclarations de suspects afin de préparer son rapport. La perte avait été signalée au poste de police de Goodlands le 6 avril 2026. Lorsque des images du carnet ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux, l’officier a porté plainte de nouveau à Goodlands ainsi qu’au CCID le 3 septembre.

Fuites d’informations

Sanjay Dawoodarry a ensuite abordé ce qu’il considère comme l’un des dossiers les plus graves : les fuites d’informations. «Nou pa infayib ek nou pa pou kosion okenn leakage of information», a-t-il déclaré. Le DG est revenu sur l’enquête concernant Steven Moothoocurpen et l’exploitation d’un téléphone portable saisi. Selon lui, l’analyse de l’appareil aurait permis d’obtenir des informations sur le trafic de drogue, menant à plusieurs suspects ainsi qu’à des policiers présumés impliqués.

Il a notamment évoqué un présumé système entourant des saisies de drogue à l’aéroport. Selon les éléments exposés, des quantités saisies auraient pu être réduites avant leur arrivée au laboratoire. Le DG a donné l’exemple d’une saisie de 30 kilos, dont cinq kilos seulement seraient finalement parvenus au laboratoire.

Sanjay Dawoodarry a aussi parlé de menaces reçues personnellement. Il affirme qu’après avoir remarqué une personne rôdant près de son domicile, des vérifications ont établi que Steven Moothoocurpen s’était trouvé dans les environs. Quelques jours plus tard, il dit avoir reçu une enveloppe contenant deux balles et un message de menace : «Swazir ki kote latet to le, bal-la va aterir.»

Une plainte a été déposée au CCID et trois personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête. Selon le DG, le téléphone saisi contenait également les noms d’autres officiers de la FCC et des photos de leurs domiciles.

Un document confidentiel de la FCC aurait aussi été retrouvé dans l’appareil. Après une enquête interne, un officier soupçonné d’avoir divulgué des informations a été identifié puis suspendu. Les faits ont été rapportés à la police lundi 7 septembre. «Nou pa pou toler ki ena bann tret ek vander dan FCC», a averti Sanjay Dawoodarry.

Concernant Rodrigues et l’allégation selon laquelle un officier aurait refusé d’enregistrer la plainte d’un commissaire, le DG a expliqué que le dossier concerné remontait à 2024. La FCC avait déjà enquêté et transmis un rapport au DPP en 2025 avec une recommandation de poursuites.

Avant les questions des journalistes, Sanjay Dawoodarry a insisté : «No retreat, no surrender. Nou pa pou sede dan bann aksion seki nou fer.»


Questions et réponses avec la presse

Votre nomination comme DG est intervenue juste après que l’affaire des Rs 200 millions retrouvées dans les coffres-forts de Navin Ramgoolam est tombée. Y voyez-vous un lien ?

Le DG affirme que la FCC n’était pas impliquée dans cette affaire. Selon lui, son rôle concerne uniquement l’application des dispositions relatives à l’unexplained wealth devant la Cour suprême. Il rejette toute ingérence ou intimidation.

■ Où en est le dossier Mamy Ravatomanga ?

Sanjay Dawoodarry l’a qualifié de l’un des plus importants dossiers traités par la FCC. L’enquête implique une coopération avec plusieurs pays et organismes, notamment la France, le FBI, Madagascar, les Seychelles et l’ICAR en Suisse. Des biens d’environ Rs 7,3 milliards ont été attachés, sans compter le jet privé stationné à l’aéroport.

■ Qu’en est-il de l’enquête concernant le ministre Anil Bachoo ?

Le DG a confirmé qu’une enquête avait débuté il y a environ deux semaines. Toutes les personnes concernées seront appelées à fournir des informations.

■ Quel sera votre rôle dans la future National Crime Agency ?

Sanjay Dawoodarry a indiqué avoir participé aux travaux avec le bureau de l’Attorney General, mais affirme ne pas savoir quelle fonction il occupera. «C’est aux autorités de décider.»

■ Kobita Jugnauth n’aurait pas été interrogée parce qu’elle avait oublié ses lunettes ?

Le DG a rejeté cette version comme étant fausse, précisant que la FCC n’avait besoin de l’intéressée que pour environ 15 minutes.

■ Dans le dossier Silver Bank, où en est l’affaire concernant Ramcharitar et combien de membres du conseil d’administration ont été interrogés ?

Sanjay Dawoodarry a expliqué qu’une motion visant à strike out la plainte provisoire concernant Ramcharitar avait été présentée. Il a insisté sur le fait que l’acceptation d’une telle motion par la cour ne signifie pas que l’enquête est terminée. «L’affaire est still under investigation», a-t-il déclaré, ajou- tant que la FCC avançait «très vite» dans ce dossier. Quant aux membres du conseil d’administration, le DG a insisté sur un principe : «Tout le monde doit être accountable et il ne faut pas avoir de tolérance.»


Le «cahier des charges»

Le DG a ensuite mis en avant l’ampleur des enquêtes menées par la FCC. Parmi les principaux dossiers figurent la Mauritius Investment Corporation, le Reward Money, la State capture, la State Trading Corporation, Air Mauritius, Silver Bank et plusieurs affaires de drogue.

Plusieurs procédures ont également été engagées devant la Cour suprême. Pour Sanjay Dawoodarry, les attaques visant l’institution ne sont pas anodines. «Il y a une alliance invisible pour faire du tort à la FCC», a-t-il déclaré. L’enquête sur le Reward Money, portant sur environ Rs 250 à Rs 300 millions, aurait été terminée en moins de 18 mois. Le dossier comprend environ 7 200 pages numérisées. Le DG a également annoncé que l’enquête sur la MIC est terminée.

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