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« Il est temps de passer à l?acte »
M. le Premier ministre, quel est le joint-venture qui pourra donner une nouvelle impulsion aux relations entre Madagascar et Maurice ?
L?agriculture sera le catalyseur de l?ensemble de nos démarches. Il ne faut pas oublier la fraternité, la connaissance mutuelle et la volonté politique d?avancer ensemble. Les possibilités sont vraiment multiples.
Qu?attendez-vous de Maurice pour que le partenariat progresse ?
Un partenariat exige du donnant-donnant, mais il doit aboutir à du gagnant-gagnant. La démarche doit être réciproque. Je pense que les deux parties ont déjà réglé les sujets prioritaires dans les accords signés mardi. Il est temps de passer à l?acte, nous avons un cadre juridique clair et précis qui n?existait pas avant. Permettez que je vous rappelle que c?est moi qui ai signé en 1995 le traité de non double imposition entre Madagascar et Maurice. Les accords de Mahazoarivo nous aideront à avancer. On attend beaucoup de la contribution du secteur privé et de la société civile. Je pense à la création des Chambres de commerce communes entre les opérateurs privés. Les entrepreneurs doivent être le moteur de la coopération, nous sommes des facilitateurs.
Pensez-vous que les entrepreneurs de nos pays sont prêts à s?y engager ?
Depuis longtemps. Des choses ont déjà été faites, et même bien faites. Nous avons une forte présence mauricienne dans la zone franche, en particulier le textile. Cette coopération est appelée à s?étendre à d?autres domaines. D?abord dans l?agriculture et le tourisme et éventuellement dans le culturel, le commerce et la pêche.
Certains opérateurs trouvent qu?une fiscalité lourde est appliquée aux entreprises hors zone franche. Peut-on s?attendre que ce régime change ?
L?objectif du gouvernement, c?est d?abord l?amélioration du taux de recouvrement fiscal et ensuite une meilleure répartition de l?assiette fiscale. C?est ce à quoi nous voulons d?abord aboutir. Il y aura ensuite des possibilités d?allégement. L?échéance : le plus rapidement possible.
Le calendrier de ces modifications a-t-il déjà été arrêté ?
Non. Nous devons attendre les résultats des efforts que nous avons entrepris.
Que répondez-vous à ceux qui pensent que les procédures administratives à la douane doivent être allégées ?
Avant, ces procédures duraient plusieurs semaines. Elles ne dépassent plus trois jours. Des réformes ont déjà été menées pour exiger notamment le recours obligatoire aux entreprises privées de transit pour un certain volume d?échanges. Ces entreprises ont une parfaite connaissance des procédures et peuvent activer les choses. Nous avons aussi envoyé nos cadres pour voir la méthode de travail à la douane mauricienne. Je pense qu?ils apportent les retouches nécessaires pour améliorer le service.
Envisagez-vous l?élimination des visas exigés pour les Mauriciens qui débarquent à Antananarivo ?
Tout visiteur débarquant à Ivato peut obtenir à l?aéroport un visa de court séjour (un mois). Il peut être renouvelé au ministère de l?Intérieur, sous certaines conditions. Sont exclus de ce visa de long séjour ceux qui représentent des dangers pour la sécurité publique et pour la santé.
Ces visas sont quand même payants ?
Nous appliquerons peut-être la gratuité pour certains, d?abord les hommes d?affaires. Il faudra l?appliquer à un petit nombre, pour ensuite l?élargir. Il faudrait qu?on arrive à une libre circulation de nos ressortissants dans les deux sens.
Le nombre de vols entre Maurice et Madagascar va augmenter. Air Mauritius pourra-t-elle avoir accès aux aéroports situés hors de Tana ?
Les accords de Mahazoarivo prévoient des négociations entre les compagnies malgache et mauricienne et entre les responsables du transport aérien. Ce sujet sera évoqué lors de ces réunions.
Madagascar va se joindre à la Southern Africa Development Commu-nity (SADC). Que représente cette adhésion ?
Elle représente une ouverture à un espace économique structuré et qui, à terme, sera un grand ensemble de dimension très importante. Ce sera une grande ouverture, une véritable entrée dans la mondialisation. C?est un défi à relever. Nous pensons que la présidence mauricienne nous facilitera la tâche et que c?est le bon moment pour nous d?intégrer cet ensemble. La main de l?histoire veut que nous soyons à la porte de la SADC lorsque Maurice accédera à la présidence.
En une phrase, que retenez-vous de cette visite de la délégation mauricienne ?
Avec les accords de Mahazoarivo, nous sommes sur la bonne voie.
« Un partenariat exige du donnant-donnant mais il doit aboutir à du gagnant-gagnant. La démarche doit être réciproque »
Renaud Marie (d?Antananarivo)
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