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Zimbabwe : une cause importante du chaos ignorée
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Zimbabwe : une cause importante du chaos ignorée
Le contenu de l?éditorial de Raj Meetarbhan du jeudi 26 juin dernier intitulé, «Muette et invisible», nous pousse à réagir. Si on peut comprendre la colère et le ton très sévère de Raj Meetarbhan envers Robert Mugabe et les dérives de son régime, on ne comprend pas pourquoi ? et ce n?est pas la première fois ? dans le récit chronologique de ce que les médias internationaux ont appelé les «événements du Zimbabwe» mention n?est même pas faite de l?origine même de ces «événements» qui est le non-respect des autorités britanniques de l?engagement pris au moment de l?indépendance de l?ex-Rhodésie en 1980 sur la réforme agraire.
Une des autres causes importantes non mentionnées du «chaos zimbabwéen» par le rédacteur en chef de «L?Express» est également le fameux «Zimbabwe Democracy and Economic Recovery Act» adopté par le Congrès américain en décembre 2001 qui a poussé le Zimbabwe à l?isolement international n?étant plus dans les bons papiers de la politiquement correcte «communauté internationale».
A bien y voir, Raj Meetarbhan n?est pas isolé et on retrouve à peu près le même discours chez les éditorialistes de la presse dominante (mauricienne et internationale), fortement influencée ? très probablement inconsciemment - par le discursif occidental qui, il faut le dire, nous lave bien le cerveau sur Internet, dans les bouquets satellitaires et les dépêches d?agences de presse trop souvent reprises in toto par les journaux locaux. Seule consolation jusqu?ici (on ne prétend pas avoir tout lu dans la presse mauricienne sur le Zimbabwe), c?est l?interview de l?ancien ambassadeur Chitmansing Jesseramsing dans la dernière édition de «L?Express samedi» où la nuance est bien faite et où on retient que c?est ni très blanc ni très noir.
On veut bien des explications pourquoi le discours de Raj Meetarbhan et des autres leaders d?opinion bien ancrés dans la «médiacratie» refusent de voir le problème dans son ensemble et d?occulter presque les faits sur la dominance blanche dans l?ex-Rhodésie (pas loin des réalités de l?apartheid sud-africain), les accords de «Lancaster House» de 1979, le RESPECT des engagements de Mugabe dans les années 80-90 ? la présence de députés blancs au Parlement, par exemple - et surtout la sourde oreille du gouvernement de Tony Blair sur la réforme agraire voici presque une dizaine d?années de cela?
Car le véritable problème est là : la Grande-Bretagne s?était engagée sur cette très stratégique réforme agraire dans un délai de 20 ans après l?indépendance de 1980 et évidemment, les Britanniques ne voulaient pas entendre parler en 2000 quand le régime zimbabwéen lui avait rappelé de l?urgence du respect des autorités britanniques. Campé sur leur position de repli, Mugabe, en tant que politicien aguerri, tomba sur une «solution de facilité» de l?expropriation des terres des fermiers blancs afin de gagner la faveur de ses partisans noirs car jusqu?au début des années 2000, la minorité blanche (1 % de la population zimbabwéenne) possédait encore 70 % des terres arables de ce pays.
Cela dit, ce qui a suivi après peut être qualifié de non-respect de la démocratie, grave entorse aux pratiques électorales saines et nous sommes les premiers à condamner la violence politique, les menaces contre les opposants, etc. Oui, Mugabe doit être condamné pour «l?autocratie» et les violences mais les médias qui se qualifient eux-mêmes «d?indépendants» devraient tout au moins faire la balance et mettre les choses en perspective. Et ne pas trop s?étonner si Mbeki et les autres leaders africains ne marchent pas toujours à la baguette occidentale?
<B>Shafick OSMAN</B> <I>Doctorat en géopolitique</I>
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