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Yagnish Maherchand sera rejugé

15 juillet 2007, 00:00

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Condamné à perpétuité au Québec, il y a deux ans, pour le meurtre de sa petite amie, Yagnish Maherchand, un Mauricien de 28 ans, aura droit à un nouveau procès. Le tribunal qui avait prononcé la condamnation a, en effet, annulé le verdict de culpabilité cette semaine, avant d?ordonner la tenue d?un nouveau procès. Cette décision, nous apprend le site d?informations Cyberpresse. ca, a été prise après qu?une des membres du jury lors du procès a confié avoir subi des pressions.

Celle-ci a expliqué à l?homme de loi du Mauricien, Me Serge Goulet, qu?il régnait au sein du jury « une atmosphère raciste ». Elle aurait, en outre, affirme-t-elle, subi des pressions pour l?« empêcher de manifester (s) on désaccord » devant la position adoptée par les autres membres du jury.

La jeune femme a, par ailleurs, expliqué que le juge qui présidait le tribunal n?aurait pas respecté les règlements relatifs à la sélection des membres du jury. Ainsi, peut-on lire sur le site d?information : « À la question sur les préjugés contre la nationalité et les religions, un autre candidat juré a répondu ??Pas tellement, non??. Cet homme est devenu juré sans que le juge, encore une fois, ne passe par la procédure normale. »

Il est également reproché au juge chargé de l?affaire de n?avoir pas respecté toutes les procédures, notamment l?acceptation des jurés. Selon les lois canadiennes, quand la question de l?impartialité d?un juré est soulevée, ce sont les deux derniers jurés choisis qui doivent décider s?ils acceptent ou non le candidat. Si aucun juré n?a encore été choisi, le juge désigne deux personnes présentes dans la salle d?audience pour trancher la question.

Ce qu?il n?aurait pas fait.C?est ainsi qu?en citant la jurisprudence, la cour d?appel écrit que : « tout juge qui tente de participer à de telles décisions usurpe la fonction de juré ». C?est donc suite à cette décision que la condamnation de Maherchand a été annulée. Il devra affronter à nouveau un tribunal et un jury. L?affaire n?est pas sans faire grand bruit au Québec.

Le couple se disputait souvent

Les faits reprochés au ressortissant mauricien remontent à octobre 2003. Cet ancien élève du collège Royal de Curepipe, étudiant en génie civil, est arrêté pour le meurtre au deuxième degré de son ancienne petite amie, Mah Traoré, ressortissante malienne de 23 ans. Ils s?étaient rencontrés en 1998 à Ottawa, alors qu?ils étudiaient tous deux à l?université de Moncton, en Gaspésie, au Nord du Québec.

Tous deux étudiants en génie civil, ils sympathisent rapidement et entament une relation amoureuse quelque peu orageuse. Le couple se disputait, en effet, très souvent durant les dix mois qu?a duré leur relation. Selon les dires de leurs amis communs, c?est leurs religions respectives qui en auraient été la cause. Yagnish était de foi hindoue, alors que sa petite amie était musulmane. Craignant la réaction de ses proches face aux origines de Yagnish, Mah aurait tenté à plusieurs reprises de mettre fin à leur relation, avant de s?en aller définitivement.

Au bord de la dépression

Le Mauricien, lui, ne l?entendait pas de cette oreille. Il protestait vigoureusement et assurait à sa petite amie que tout se passerait bien, mais en vain. Celle-ci l?aurait quitté peu après. C?en était trop pour Yagnish qui aurait même tenté de mettre fin à ses jours.

Après de long mois de séparation, le couple recommence à se voir, mais en cachette. Mah vit, en effet, avec un autre homme et ne souhaite pas arrêter cette relation malgré les demandes répétées de Yagnish. Mécontent, il se résigne toutefois à « accepter » cette situation, en attendant de la persuader de revenir vivre avec lui.

Mais les choses ne se passent pas comme il l?aurait voulu. Yagnish, qui voit sa bourse d?étude lui être retirée, est au plus bas. Il apprend peu après que sa demande de naturalisation est refusée, ce qui n?arrange rien à sa situation. Comme le malheur, dit-on, n?arrive jamais seul, les médecins lui diagnostiquent le diabète.

Au bord de la dépression, il se tourne vers Mah auprès de qui, expliquera-t-il plus tard aux enquêteurs, il trouve un peu de réconfort. Mais cette dernière se lasse vite de cette relation et plaque le jeune homme sans aucune explication.

Cette rupture, a déclaré le jeune homme aux enquêteurs québécois, lui a permis de réaliser la « véritable » nature de leur relation. Mah, a-t-il indiqué, n?était avec lui que pour l?argent.

Il n?était pas rare que la jeune femme réclame de l?argent à son compagnon. Une version des faits confirmée par un ami du jeune homme au cours du procès. Il a fait ressortir que la victime avait emprunté 10 000 dollars ? environ Rs 200 000 ? à Yagnish en plusieurs occasions, même s?il ne roulait pas sur l?or?

Il dépendait, en effet, entièrement de sa bourse d?étude bien qu?il possédait quelques économies.

Dévasté, Yagnish part noyer son chagrin dans l?alcool. Il consommera, selon ses dires, deux verres de bière, ainsi que la moitié d?une bouteille de vin. Le jeune mauricien racontera plus tard aux enquêteurs ne plus se souvenir de la suite des événements, car il avait auparavant pris des médicaments contre le diabète.

Il ne se souvient de rien

Ce n?est qu?au réveil, le lendemain matin, que Yagnish découvre le corps de la jeune femme, gisant dans une mare de sang à ses côtés. Effrayé, il prend tout de même une douche, avant de reprendre la route vers Montréal sans avoir averti la police. Les enquêteurs n?ont eu aucun mal à recueillir ses empreintes sur les lieux du crime. Ils l?ont notamment confondu grâce à une vidéocassette retrouvée au domicile de la jeune femme.

C?est en visionnant la cassette de la vidéosurveillance datée de quelques semaines qu?ils s?aperçoivent que Mah était en compagnie de Yagnish. Arrêté, il admet avoir tué son ex-petite amie, mais dit ne plus se souvenir du fil des événements.

Maintenant que son cas sera à nouveau jugé, le jeune homme espère sans doute voir sa peine à perpétuité réduite à quelques dizaines d?années de prison. Il y a, en fait, très peu de chance que le tribunal aille en ce sens.

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