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Visiorama

11 octobre 2007, 20:00

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● <B>Vous êtes-vous déjà demandé, monsieur le vice-Premier ministre, ce qu?aurait pu penser de votre budget le jeune adolescent Rama Sithanen qui vendait des gâteaux-piments au marché de Rose-Hill pour gagner sa vie ? </B>

(Sourire) Comment répondre à cette question? ? Difficile à dire, pour la bonne et simple raison que je me considère moi-même comme un rescapé de la misère et de la pauvreté. J?ai travaillé dur, et ensuite j?ai eu de la chance de pouvoir sortir de cette situation extrêmement difficile de la pauvreté. Peut-être que j?aurais pu aujourd?hui me retrouver parmi ces personnes qui, malgré le fait qu?elles ne paient pas d?impôts, ne paieraient pas de taxes sur les intérêts, ni de taxes sur le NRPT, se retrouvent quand même à croire qu?elles sont affectées par le budget. C?est étrange. Il y a des gens qui se rendent compte dans la pratique qu?ils ne sont pas affectés, mais après avoir écouté les radios, lu les journaux, finissent pas croire qu?ils sont concernés.

● <B>Vous ne vous posez pas la question sur la qualité de votre communication ? </B>

Si j?étais encore ce jeune homme qui travaillait au bazar de Rose-Hill, peut-être aurais-je pu me retrouver parmi ces gens. Je rencontre beaucoup de personnes de bonne foi, qui se laissent entraîner dans une sorte de désinformation.

«Il n?y a pas de contradiction entre la démocratisation et la croissance économique. Ouvrir l?espace à des nouveaux ne veut pas dire pénaliser les partenaires traditionnels.»

● <B>L?économiste Charles Gide disait : ?Quand un économiste vous répond, on ne se rappelle même plus de ce qu?on lui avait demandé?, n?avez-vous pas l?impression de vivre cela quelquefois ? </B>

Pas du tout. Aux économistes qui à chaque question répondaient : On one hand there is this solution and on the other end there is another solution, Ronald Reagan disait : Cherchez-moi un économiste manchot.

● <B> Devant cette incompréhension, deux possibilités existent : soit ces personnes ont mal compris, ou vos explications sont incompréhensibles, ou les deux à la fois?</B>

Peut-être un peu des deux. Le changement est toujours compliqué. Compliqué à mettre en place, compliqué à expliquer. Surtout quand vous êtes arrivé à un système complètement dépassé. Nous étions à la fin d?une station de train. On ne pouvait plus aller de l?avant. Peut-être qu?on peut dire que la communication aurait pu être meilleure. Je veux bien l?accepter. Mais sincèrement je pense que ceux qui doivent comprendre ont très bien compris, mais ils jouent à ne pas comprendre. Tout simplement parce que leurs intérêts s?en trouvent affectés. Et ils veulent créer la confusion pour que cela leur profite. Sinon comment expliquer que les décisions que nous avons prises visent à protéger 93 % de la population qui restent tranquilles. Et le petit pourcentage qui reste se fait très bruyant. Ils ont fait un bruit qui est complètement disproportionné avec les réalités.

● <B>Ce sont les 7 % qui, selon vous, font tout ce bruit ? </B>

Même pas. C?est une fraction de ces 7 %. Dans toute société, la relation entre le nombre de gens et leur capacité à se faire entendre dépendent de leur influence, de leur capacité à écrire dans la presse, en un mot de leur puissance de communication et d?infiltration.

● <B>Pouvez-vous être plus précis sur ces personnes dont vous semblez connaître le profil avec précision ? </B>

J?ai essayé de faire une fiscalité qui atteint trois objectifs. D?abord, c?est une fiscalité qui a pour but de relancer la machine économique qui était malade. Et cela, nous avons réussi. La croissance est là. L?emploi est créé, le chômage baisse, les investissements étrangers arrivent bien. Mais il y a deux aspects de la fiscalité. D?abord l?aspect de fairness Chacun doit payer selon ses moyens. Nous étions dans un système où des gens qui gagnaient Rs10 000 par mois payaient la taxe alors que d?autres qui gagnaient Rs 200 000 pouvaient échapper au filet. Parce que, celui qui gagnait Rs 10 000, n?avait aucune façon de evade la taxe car il est un employé qui reçoit sa fiche de paie, alors que le gros qui gagne Rs 200 000 pouvait truquer, étant donné que c?était un self employed, un professionnel, ou parce qu?il travaille dans le secteur informel. Ce que nous avons fait, c?est de réduire le fardeau fiscal de l?immense majorité de toutes ces personnes qui payaient leur taxe honnêtement. C?est ainsi que toutes ces personnes qui gagnent entre Rs 8 000 et Rs 16 000 ne paient plus d?impôts.

● <B> Vous semblez laisser entendre qu?aussitôt remplis et leurs formulaires d?impôts déposés, les choses se calmeront car les contribuables verront qu?ils sont finalement gagnants dans leur grande majorité? C?est bien ça ?

Bien sûr. Je l?ai dit plusieurs fois et je le redis. Bien évidemment. Les impôts, vous le savez, comportent un élément émotionnel important et une charge psychologique. Mais moi je dis aux Mauriciens, il y a peu de pays au monde où 93 % de la population ne paient pas de taxe. Et ceux qui paient ne dépassent pas le barème de 15 %. Ceux qui voyagent le savent : c?est beaucoup plus élevé ailleurs. En France, on demande qu?il y ait un bouclier fiscal à un maximum de 50 %. Je ne pouvais pas laisser aux fraudeurs la possibilité de continuer à ne pas payer. A chaque fraudeur qui triche, c?est un honnête citoyen qui paie plus. Et c?est inacceptable à mes yeux.

«Il n?est dans l?intérêt de personne qu?un petit groupe contrôle notre économie. Il y a eu des changements, mais pas assez au yeux des Mauriciens et je comprends tout à fait cela.»

● <B> Depuis quelques jours, vous parlez d?économie parallèle. Quels sont les indices qui vous font évoquer cette question ; peut-on les connaître ?

Il y a une économie parallèle qui représente beaucoup d?argent. Il est à travers l?économie informelle, puis à travers les professionnels, et aussi à travers l?argent de la fraude, de la corruption et finalement de la drogue. Avec le système qui existait avant, on ne pouvait pas combattre cela. Maintenant les choses ont changé. D?abord, nous avons mis tous les services fiscaux sous un même parapluie. Les informations peuvent être échangées rapidement et efficacement. Ensuite nous avons fait comme beaucoup de pays du monde : si vous ne pouvez pas attraper les voleurs, vous installez un filet dans un lieu où ils vont recycler leur argent. Et où se trouve cet endroit ? C?est dans l?achat des terres, dans l?immobilier, dans des bungalows notamment, dans les comptes fictifs en banque, dans des voitures de grand luxe et des grosses cylindrées ou dans des bateaux. Il faut coincer ses personnes. Nous avons donné la garantie que 93 % des gens ne paieront pas la NRPT, le même pourcentage ne paiera pas la taxe sur les intérêts et ne paiera pas l?income tax. Il y a 10 % de ceux qui paient la taxe qui représentent 90 % des recettes fiscales. Dans ces 10 %, 7 % sont en train de truquer. Il y a donc un problème fondamental. C?est pour ça que trois choses étaient nécessaires. Un outil fiscal efficace, un système où les gens paient moins, et puis ce qu?on appelle une justice fiscale. Nous avons pris une approche humaine mais il ne faut pas non plus que cela serve à frauder. Pourquoi ce gouvernement donne des facilités pour que les gens puissent acheter une maison ? C?est parce que nous voulons voir les gens modestes ou de la classe moyenne avoir un toit pour eux. Il y a des gens, en ce moment même qui se servent de ces facilités pour une quatrième ou une cinquième maison. Ils mettent leur argent en banque, touchent des intérêts et prennent des prêts pour acheter d?autres maisons, prêts dont ils déduisent les intérêts aux impôts.

● <B> D?où votre décision de taxer les intérêts ? </B>

Les intérêts ont toujours été taxables. Mais les banques et les personnes concernées fermaient les yeux. Les intérêts sont taxables en Inde, en Chine, en France, en Grande-Bretagne, en Australie?

● <B>Cela ne change rien au fait que les retraités ? ceux qui dépendent de leur retraite pour vivre ? trouvent cela injuste?</B>

Encore une fois, il y a un chiffre pour moi qui dit beaucoup de choses. 90 % des personnes à Maurice gagnent moins de Rs 30 000 par mois. Avec l?ancien système, ceux qui gagnaient plus de Rs 20 000 par mois n?avaient pas de pension. C?est Navin Ramgoolam et ce gouvernement qui ont rétabli la pension universelle. Ceux qui paient un peu plus ne doivent pas oublier qu?ils touchent plus.

● <B>L?argent de la drogue, de la fraude et de la corruption peut, à vos yeux, aujourd?hui difficilement échapper au fisc ? </B>

C?est ce que nous voulons faire en tout cas. Regardons les transactions faites sur les terres de l?Etat par exemple. Les gens paient une somme modique, puis ils vendent les terres et ne paient rien à l?Etat en fraudant. Sortir une économie parallèle de son côté souterrain pour l?emmener dans le circuit normal est un travail qui prend du temps. Il est commencé. Car comme vous le savez, ces personnes sont à la pointe de la technologie. Elles sont en avance sur les règlements. Le système que nous avons mis en place en janvier 2008. Nous donnons une amnistie jusqu?à cette date.

● <B>Avez-vous le sentiment d?être un incompris ? </B>

Non, pas nécessairement. Souvent de par ma personnalité, je ne suis pas quelqu?un qui veut jouer une section de la population contre une autre. Si depuis le début, j?avais dit : voilà les gens qui fraudent. Car on les connaît. J?aurais eu toute la population derrière moi. Mais j?ai décidé de mettre le paquet quand j?ai vu - et c?est cela l?ironie - que les gens qui fraudaient faisaient eux-mêmes le plus de bruit.

● <B> Pouvez-vous préciser, quand vous parlez de bruit, si vous parlez de Dinesh Ramjuttun ? </B>

Non. Ramjuttun n?est entré dans cette polémique que récemment. Ce que je vous dis là, je le dis depuis longtemps. Je n?ai aucun problème personnel avec les gens. Je combats pour des idées. Pour une manière de faire, une méthode, pour une justice. Nous sommes dans un échec systémique et on ne peut pas laisser les choses continuer comme ça. Ce qui est curieux, c?est que toutes ses discussions qui se passent actuellement concernent le budget 2006-2007. Entre-temps nous avons eu le budget 2008 et les choses se sont considérablement améliorées. C?est donc que notre méthode est bonne. Mais les gens ont continué à faire pression en pensant que nous allions céder sur certaines questions de taxes qu?ils n?avaient pas encore payées. Dans la vie, le choix de la fiscalité n?est pas de mettre une taxe ou pas. C?est quelle taxe mettre. Bérenger en 1982 a exercé un choix en mettant la sales tax. En 2001 le choix était d?augmenter la tva de 50 %. J?ai essayé de faire au mieux pour ne pas augmenter la tva et exempter certains produits comme le poulet, la viande, le poisson, le beurre etc. Mais cela implique aussi que je doive aller chercher cet argent quelque part.

● <B> Aux yeux de certains pourtant, persiste cette image d?un budget « sans c?ur »? </B>

Je ne peux pas laisser dire une chose pareille. J?avais le choix entre une tva sans doute à 20 % ou 7 mesures ciblées sur le principe de ceux qui ont la capacité de payer. Nous avons pris une taxe additionnelle sur le tourisme, l?offshore, l?IRS, le secteur bancaire, puis nous avons demandé à 1 700 personnes concernées par le Campement Site de payer une valeur qui soit au moins proche du marché. Toutes ces mesures disent quoi ? Que nous avons pris soin de protéger la classe moyenne et ne pas toucher les pauvres. En même temps, nous avons relancé la machine économique pour obtenir les dividendes de la croissance. Nous avons eu la croissance?

● <B> ?et les dividendes c?est pour quand ? Quand, selon vous les citoyens commenceront-ils à engranger les fruits de la croissance ? </B>

Beaucoup de gens pensent que l?économie est une chose abstraite. Pas du tout. Dans la pratique, nous créons 9 000 emplois par an par rapport à 4 000 sous l?ancien gouvernement. 9 000 emplois : ce sont des gens de la classe moyenne ou des pauvres en plus qui travaillent et qui ramènent de l?argent à la maison. Le meilleur antidote contre la pauvreté, c?est une croissance économique qui crée des emplois soutenables. Et c?est ce que nous sommes justement en train de faire. Et ça marche. Il faut quand même le dire : c?est une prouesse. Nous créons plus d?emplois et le chômage est en train de baisser. Pas assez vite à mon goût, mais il baisse quand même. Il y a un boom dans la construction, dans l?hôtellerie, la Zone Franche est en train de connaître une deuxième jeunesse alors qu?elle était en train de mourir quand nous sommes arrivés. En plus, nous avons donné à 125 000 personnes une aide sociale comparée à 40 000 auparavant, nous payons les frais d?examens de SC et de HSC de 8 800 enfants pauvres contre 1 500 seulement avant. Nous avons mis un programme de Rs 300 millions par an pour venir en aide aux orphelins, aux femmes battues, aux anciens combattants, des gens qui ont été se battre pour nous, nous avons tout fait pour aider les personnes pénalisées par la Sale by Levy ? aucun gouvernement ne l?avait fait. Il y a Rs 5 milliard à travers l?empowerment programme pour former les gens. Alor vous comprenez pourquoi, je ne peux pas accepter que l?on dise que ce gouvernement n?est pas sensible à la misère de la population. Je ne peux pas l?accepter !

● <B>Vous acceptez quand même que le pouvoir d?achat de la population diminue de jour en jour. Toutes les grandes conceptions économiques font naufrage chez un homme qui éprouve difficultés à subvenir à ses besoins?</B>

Que pouvons-nous faire en tant que petit pays quand le baril de pétrole augmente ? Que pouvons-nous faire quand la récolte de blé en Australie est mauvaise et que cela fait augmenter la farine, que pouvons-nous faire quand la Chine achète tout sur le marché mondial et fait augmenter les prix? Il n?y a pas grand chose à faire en tant que petit pays.

● <B> Pourquoi aller aux élections et demander aux gens de voter pour vous si vous avouez vous-même qu?il n?y a pas grand-chose à faire face à toutes ces questions ? </B>

Nous ne pouvons influencer ces choses, mais il y a d?autres mesures que nous pouvons prendre. Créer de l?emploi par exemple. C?est ce que nous faisons. Des emplois créés, cela veut dire le pouvoir d?achat des gens augmente. Il nous faut arriver à augmenter le revenu par tête d?habitant plus vite que l?augmentation des prix. Et dans certains secteurs- l?hôtellerie, la finance, les TIC - c?est déjà le cas.

● <B>Certains de vos adversaires disent de vous que vous êtes l?homme du secteur privé. Cela vous flatte, vous vexe ou vous laisse tout à fait indifférent ?

Si le secteur privé veut dire ceux qui créent la richesse, si cela veut parler de toutes ces petites et moyennes entreprises, les petits et gros commerçants, les planteurs, petits et gros, alors oui, je suis l?homme du secteur privé. En 30 ans comme économiste sur le plan local et international, j?ai compris une chose : l?économie, ce n?est pas écrire une thèse d?université, c?est diriger un pays, c?est faire des choix ; c?est créer la richesse. Mais voilà moi, je suis de ceux qui pensent qu?on ne peut pas séparer la création de richesse de la distribution de richesse. Il faut avoir une plus grande diversité dans les entreprises afin que ne perdure pas ce sentiment de eux et nous quand on parle du secteur privé. Il faut élargir la base économique. C?est très important.

● <B> La démocratisation de l?économie, on pouvait s?y attendre, fait apparaître des craintes chez certains gros opérateurs économiques. Vous êtes sensible à ces appréhensions ?

La démocratisation de l?économie, c?est un peu comme la définition de la démocratie. Chacun y met ce qu?il veut. J?ai donné deux définitions de la démocratie. La première, c?est un système où il y a des régulièrement des élections qui sont libres, justes et transparentes. La deuxième, c?est les mêmes critères que je viens de vous nommer, puis j?ajoute : il faut une alternance régulière du pouvoir.

● <B>Si je vous entends bien, il faudrait, pour que Maurice soit une véritable démocratie, que l?Alliance sociale perde les prochaines élections ?

Non, non ! ne me faites pas dire ce que je n?ai pas dit. Mais nous savons que, depuis l?indépendance, Maurice a eu régulièrement des alternances de pouvoir qui se sont passées de manière tout à fait démocratique. Ici nous avons une vraie démocratie, robuste, agressive confrontationnelle. Pour en revenir à la démocratisation de l?économie, nous disons qu?il n?y a pas de contradiction entre la démocratisation et la croissance économique. Ouvrir l?espace à des nouveaux ne veut pas dire pénaliser les partenaires traditionnels. Nous savons tous qu?il y a eu des barrières pour empêcher des nouveaux d?entrer sur le marché. C?est le rôle de l?Etat d?enlever ces barrières et de faciliter l?entrée des nouveaux. Et nous le faisons.

● <B> Factuellement, nous sommes 40 ans après l?indépendance et l?économie de Maurice est toujours entre les mains d?une demi-douzaine de personnes. Est-ce pour vous une situation logique, normale ou totalement anormale ?

Bien sûr que cette situation doit changer ! Souvent il a manqué la volonté politique de le faire. Il faut faire la distinction entre les paroles et les actes. Il y a des gens qui ont toujours dit qu?ils étaient à gauche et cela fait rire aujourd?hui. Ils sortent le clignotant à gauche mais ils tournent à droite ! Il n?est dans l?intérêt de personne dans ce pays qu?il y ait un petit groupe qui contrôle notre économie. Il y a eu des changements, mais pas assez au yeux des Mauriciens et je comprends tout à fait cela. Je voudrais ajouter que, selon moi, un des plus grands défis auxquels nous aurons à faire face dans un proche avenir, c?est comment utiliser nos ressources en terres et qui les utilisera. Je pense au développement hôtelier par exemple.

● <B>Certains se posent la question de savoir si vous avez le soutien du Premier ministre?

Bien sûr que j?ai son soutien. Il vient de le redire encore il y a quelques jours. Je ne comprends même pas qu?on pose la question. Vous savez toutes ces questions sur l?économie ont été longuement discutées avec le Premier ministre. Je lui ai tout exposé, nous avons pesé le pour et le contre. Nous avons vu ensemble les implications des mesures. Et il n?y avait que deux choix : continuer ce qui se faisait avant et tomber dans le trou ou faire ce que nous faisons actuellement.

● <B>Lorsque Vishnu Lutchmeenaraidoo évoque une troisième voie possible pourquoi ne tendez-vous pas l?oreille à cette proposition ?

Je respecte Paul Bérenger. Il a été Premier ministre, ministre des Finances. Mais je lui dis : venez expliquer concrètement. Jusqu?à l?heure rien. Ils ne peuvent rien proposer de concret alors que j?ai demandé un débat courtois et civilisé sur la question des choix économiques. Avec ma longue expérience en économie, je peux juste dire une chose : je ne suis pas sûr de savoir ce qui marche pour Maurice, même si j?ai une idée là-dessus ; mais je sais avec certitude ce qui ne marche pas.

● <B> Certains milieux affirment que l?Europe s?inquiète du ralentissement de la réforme sucrière. Cette réforme sera-t-elle faite dans les temps ?

Encore une fois cette réforme est indispensable. Je suis triste de constater que beaucoup de ministres même parmi les acp pensaient que le protocole sucre n?allait jamais être dénoncé. Je dois aussi constater que la première personne qui en a parlé c?est le docteur Navin Ramgoolam et c?était en 1996. Ce qui lui a valu des critiques. Il l?avait simplement vu avant. La réforme n?est pas remise en question. Mais nous disons que le bénéfice de cet argent accordé par l?Union européenne doit être profitable à tous les partenaires. Le fruit de cette réforme doit être réparti de manière juste. Il y a l?intérêt du CEB, puis l?intérêt des petits planteurs, des partenaires de cette réforme et enfin l?accès à la terre. Il nous faut obtenir un peu de terre. Il existe des formules pour ça. Le temps presse et il faudra arriver à un accord.

● <B>Je vous repose la question : La réforme sera-t-elle faite dans les temps ? </B>

Je pense sincèrement que nous allons le faire. Les conséquences de ne pas le faire sont plus graves que de le faire.

● <B> Vous n?avez pas assisté à 2 conférences internationales importantes parce que vous aviez une polémique avec Dinesh Ramjuttun. Vous trouvez ça sérieux ? </B>

Je n?ai pas assisté à ces conférences importantes parce que je pense qu?il est plus important pour moi d?être ici avec la population pour expliquer et défendre la politique économique. Je n?ai aucune bataille avec Ramjuttun. Il m?attaque lui, moi non. Et je n?ai aucune rencontre de prévu avec lui.

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