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Budget 2026-2027

Éducation : Rs 2,6 milliards de plus pour former la génération de demain

20 juin 2026, 14:00

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Éducation : Rs 2,6 milliards de plus pour former la génération de demain

Photo d'illustration.

L’éducation figure parmi les priorités du Budget 2026-2027. Malgré les contraintes liées à la consolidation budgétaire, le gouvernement a choisi de renforcer les ressources allouées au secteur, avec une enveloppe additionnelle de Rs 2,6 milliards destinée aux ministères de l’Éducation et des ressources humaines ainsi qu’à celui de l’Enseignement supérieur, de la science et de la recherche. «Aucun enfant ne doit être laissé pour compte», a déclaré le Premier ministre et ministre des Finances, réaffirmant son engagement en faveur de l’équité, de la dignité et de l’égalité des chances.

Le Foundation Programme sera davantage consolidé afin d’offrir un accompagnement plus inclusif aux élèves. Une somme de Rs 133 millions sera consacrée à l’acquisition de manuels scolaires et de matériels pédagogiques ainsi qu’à la création de trois nouveaux centres multisectoriels du Mauritius Institute of Training and Development (MITD), destinés aux élèves des Grades 7 à 9.

Le gouvernement prévoit également l’introduction de programmes de littératie et de numératie à partir des Grades 1 et 2 afin de remédier aux difficultés d’apprentissage dès les premières années de scolarité.

Le secteur des Special Education Needs (SEN) bénéficiera d’un soutien accru. Les autorités annoncent la création d’unités spécialisées d’intervention précoce dans les écoles primaires pour les enfants âgés de trois à cinq ans. Le recrutement d’ergothérapeutes, d’orthophonistes et de physiothérapeutes est également prévu, de même que l’acquisition d’équipements spécialisés et la modernisation des salles de classe. Les frais liés aux services de soutien spécialisés seront revus à la hausse par 20 %, tandis que de nouveaux centres régionaux de développement SEN seront mis en place.

Au niveau secondaire, un parcours d’enseignement technique appliqué sera introduit pour les élèves des Grades 10 et 11. Axée sur les compétences pratiques et adaptée aux besoins du marché du travail, cette filière vise notamment à réduire le décrochage scolaire et à maintenir l’intérêt des jeunes pour leurs études. Le gouvernement compte également intensifier la lutte contre le harcèlement scolaire. Une enveloppe de Rs 10 millions a été prévue pour le déploiement d’une campagne nationale dans l’ensemble des établissements du pays.

L’intelligence artificielle n’a pas été oubliée. Le gouvernement lancera des projets pilotes à la fois dans le primaire et le secondaire pour garantir que l’IA soit déployée de manière sûre, responsable et efficace. Il ciblera surtout 12 000 élèves de Grade 9 pour faciliter leur accès aux outils d’apprentissage basés sur l’IA. De plus, 8 000 enseignants du secondaire seront soutenus dans l’utilisation de cette technologie.

La National Strategy for Higher Education, Science and Research 2025-2035 ambitionne de faire de Maurice une économie fondée sur l’innovation et la connaissance. Dans cette optique, un nouveau cadre réglementaire permettra à des universités de renommée internationale de s’implanter localement avec un statut universitaire complet dès leur ouverture.

Un portail centralisé Study in Mauritius sera lancé afin de simplifier les procédures d’admission pour les étudiants mauriciens et étrangers. Ces derniers pourront désormais travailler jusqu’à 30 heures par semaine durant les vacances scolaires, contre 20 heures actuellement. Des visas «études-travail» seront également instaurés afin d’encourager les diplômés étrangers à rester à Maurice et à contribuer au développement du pays.

Des foires internationales de l’enseignement supérieur seront organisées en collaboration avec l’Economic Development Board et les représentations diplomatiques mauriciennes afin de promouvoir Maurice comme destination académique.

Le gouvernement prévoit également un investissement de Rs 824 millions pour améliorer et étendre les infrastructures éducatives, du préscolaire au niveau supérieur. Selon le Premier ministre, ces investissements constituent «un pari essentiel sur l’avenir» visant à former des citoyens responsables et confiants.Parallèlement, plusieurs mesures ont été annoncées pour favoriser l’employabilité et répondre aux besoins du marché du travail. Un nouveau Business Facilitation Bill sera introduit afin de simplifier les procédures liées aux licences et permis d’opération. Une politique migratoire globale sera également élaborée pour attirer les talents étrangers et remédier aux pénuries de main-d’œuvre et aux inadéquations entre compétences disponibles et besoins économiques.

Le soutien aux jeunes en formation sera renforcé. L’allocation mensuelle accordée aux stagiaires sans emploi suivant des formations allant jusqu’au niveau diplôme dans le cadre du National Skills Development Programme passera de Rs 8 000 à Rs 10 000. Quant au Graduate Training for Employment Scheme, l’aide totale sera portée de Rs 100 000 à Rs 120 000, avec un plafond mensuel relevé de Rs 10 000 à Rs 12 000.

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Arvind Bhojun, président de l’UPSEE : «Il faut savoir comment l’intelligence artificielle sera utilisée dans l’éducation»

Arvind Bhojun

«La première question que je me pose est de savoir si les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur vont finir par ne faire qu’un, puisque les Rs 2,6 milliards annoncées concernent les deux. On va continuer à investir dans le Foundation Programme, qui existe depuis deux ans. Lors de son lancement, il avait été question de deux ou trois jours à l’école et du reste du temps dans un centre. Avec ce Budget, on annonce justement la création de nouveaux centres du MITD où les élèves pourront avoir accès aux équipements nécessaires.

On prévoit également un budget de Rs 10 millions pour lutter contre le bullying. Mais quelle structure sera mise en place ? Comment cet argent sera-t-il utilisé pour faire face à un problème présent dans plusieurs établissements ?

On parle aussi de l’intelligence artificielle dans l’éducation. Il faut savoir comment elle sera utilisée. Sera-t-elle limitée à l’enseignement ou interviendra-t-elle aussi dans l’évaluation ? Il faudra surtout veiller à ce qu’elle contribue au développement intellectuel des enfants.

Plus largement, il faut penser aux jeunes. Rien n’a été annoncé pour les encourager à rester au pays. Sinon, ils continueront à partir.»

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