Publicité
Budget 2026-2027
Environnement : Des milliards, des promesses et quelques questions
Par
Partager cet article
Budget 2026-2027
Environnement : Des milliards, des promesses et quelques questions
Le budget de l’Environnement enregistre une hausse de 21%, soit Rs 576 millions supplémentaires. Le chiffre le plus frappant: Rs 4 milliards allouées au Coastal Erosion Adaptation Programme, pour réhabiliter 17sites prioritaires représentant 11,5 kilomètres de littoral érodé, via des solutions fondées sur la nature (restauration des dunes, reboisement). Sur les déchets, le gouvernement change de logique : le programme Waste to Wealth, doté de Rs 150 millions, et un projet de loi sur l’économie circulaire posent les bases d’un modèle où un déchet devient une ressource, dans un pays où seulement 7 % des déchets sont aujourd’hui récupérés et recyclés. L’extension de la taxe PET à tous les contenants concernés et un durcissement des amendes pour dépôts illégaux complètent ce volet. La résurrection de Maurice Île Durable et la création d’une Commission pour une transition juste, chargée de poser les bases d’une transition écologique qui soit aussi sociale, dessinent le reste de l’ambition. Les prochains mois diront si elle tient la distance.
*****
Carina Gounden, coordinatrice de MRU2025 et porte-voix de la plateforme Citoyenne Aret Kokin Nu Laplaz : «La relance de Maurice île durable est une source d’inspiration intéressante»

«Ce discours du Budget ne contient pas d’annonce véritablement fracassante sur le volet environnemental. Il confirme surtout des processus déjà engagés, mais ouvre quelques voies de réflexion auxquelles nous espérons pouvoir contribuer, notamment autour des villages éco-intégrés, un concept qui résonne fortement avec le travail que nous menons dans le sud du pays, de Gris-Gris à La Cambuse. Concernant la National Shoreline Management Strategy, nous saluons la volonté de privilégier les solutions fondées sur la nature, mais nous rappelons qu’une telle approche implique des choix courageux. Les futurs Shoreline Management Plans devront probablement conduire à des décisions de rupture dans la manière dont nous occupons certaines portions du littoral, la recomposition spatiale devra être envisagée aussi. La coordination entre institutions aux mandats distincts, voire contradictoires, sera déterminante.
La relance de Maurice Île Durable est une source d’inspiration intéressante. Mais la transition écologique ne se joue pas uniquement au ministère de l’Environnement – elle se joue aussi dans les choix d’aménagement, de logement, de mobilité et d’occupation des sols. Cela suppose que l’Economic Development Board cesse de se comporter principalement comme une agence immobilière.
Une annonce vient jeter un sérieux froid : le retour envisagé de 20 fermes aquacoles dans les lagons. Nous ne la soutenons absolument pas. Nos lagons figurent parmi les écosystèmes les plus précieux et les plus fragiles du pays et il est temps de reconnaître leurs limites écologiques.
Concernant les Pas Géométriques, la décision de ne plus accorder de nouveaux baux permettant la vente d’appartements à des étrangers marque une évolution. Mais sa portée réelle est limitée : les projets déjà approuvés ne semblent pas concernés, et il n’y a aucun engagement clair pour préserver les Pas Géométriques encore non construits.
Le mot que nous avons retenu dans ce discours, c’est authentic. Mais l’authenticité ne se décrète pas. Une destination ne peut durablement se présenter comme authentique si les paysages qui fondent son identité continuent progressivement à disparaître.»
Publicité
Publicité
Les plus récents