Publicité

V pour Vendetta

8 septembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Qui était donc ce Guy Fawkes dont les Anglais célèbrent la mort – au lieu de se contenter de la commémorer – le 5 novembre, depuis 400 ans ? Au-delà des faits rapportés, était-il tout simplement un conspirateur royaliste, un révolutionnaire, un anarchiste, ou tout simplement un exalté ? On sait au moins, qu’il fut surpris tentant de faire sauter le parlement britannique. Et, les médias l’ayant déjà révélé, ce ne sera gâcher l’effet de surprise que de dire que dans la dernière scène de V pour Vendetta, on voit le parlement britannique qui explose. Il explose non pas au figuré, mais littéralement, se transformant en chaleur, lumière et gravats de manière spectaculaire et ce, au son de l’ouverture de 1812 de Tchaïkovski. Le pire, ou le plus beau, c’est le plaisir qu’on en ressent, celui d’une fin heureuse venant conclure une histoire terrible et mouvementée. Cela, au lieu d’être glacé d’horreur, à cause du symbole qu’est Westminster aux yeux du monde, et pour nous, surtout, toujours accrochés à notre passé de colonie.

Adapté par les frères Wachowski (Matrix 1, 2 & 3), d’une bande dessinée créée par Alan Moore et David Lloyd, V pour Vendetta raconte une histoire qui se situe dans une Angleterre vivant sous un régime fasciste en l’an 2020. V est aussi un personnage : inspiré de ce fameux Guy Fawkes, il porte un masque à son effigie et se livre à des ‘actions’ contre ce régime totalitaire. Lesquelles actions visent à la destruction de monuments publics et aussi à l’élimination physique de certaines personnalités bien en vue du régime et entraînent des pertes en vies innocentes. V, le héros de cette histoire, serait-il un justicier ou un terroriste ? La réponse est des plus floues, et c’est justement sur cette ambiguïté que joue le film.

Mieux encore, l’idée (probablement celle de la BD originale) de situer cette histoire en 2020, donc tout près de nous, rend inévitables certains rapprochements avec l’époque que nous vivons. Cela, d’autant plus que dans le film, il est question d’événements antérieurs à 2020. Ainsi, lorsqu’il est question d’une population terrorisée par des actes d’une rare atrocité perpétrés par des « éléments étrangers ou marginaux » et se jetant dans les bras d’un dictateur lui offrant la sécurité, on peut se poser des questions sur certaines mesures de sécurité que demande la lutte internationale contre le terrorisme. Il y a d’autres exemples, comme l’abrutissement d’une nation par les médias (les références à la chaîne britannique ITN abondent) et l’interdiction d’œuvres d’art.

Que le héros de cette histoire soit justicier ou un terroriste, le spectateur finira peut-être par adhérer à la notion que la fin pourrait justifier les moyens. Ce qui est le raisonnement de base de tout terroriste. V… est donc un film étonnant, diffusant un propos subversif à travers un mode d’expression (cinématographique) qui est celui du « blockbuster » hollywoodien, genre généralement docile lorsqu’il s’agit de politique. L’impact du film tient moins du récit avec sa fin trop optimiste que du contexte créé par le scénario et du personnage principal. Dans ce rôle, Hugo Weaving est des plus habiles, comme les acteurs du théâtre antique, puisqu’il n’enlève jamais son masque mais parvient à rendre son personnage réel à travers ses gestes et les inflexions de sa voix. Face à lui, Nathalie Portman dont l’éveil incarne celui d’une nation. Le symbole a beau être lourd, l’actrice, elle, reste crédible. Il faut aussi mentionner deux grands acteurs anglais : John Hurt et Stephen Fry.

Vous rêvez d’une révolution ? Ce film est pour vous.

<B>James McTeigue</B>

Publicité