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Urgences

6 janvier 2006, 00:00

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par Akilesh ROOPUN

L?année 2006 démarre sous le signe des urgences économiques. Les maux s?aggravent et les remèdes ne peuvent plus attendre. Il y a d?abord urgence au niveau du ?growth momentum?. L?économie s?accroît mais à une vitesse décroissante. Si cette tendance est maintenue, les risques de récession ne sont pas à écarter dans les années à venir.

Une croissance tournant autour de 3 %, comme c?est le cas actuellement, n?est point suffisante pour se prévenir de tels dangers. Sauf que le modèle de développement existant ne permet pas de générer une activité sensiblement plus vivace. Dans l?état actuel des choses (contraction dans le textile-habillement et dans le sucre), il est plus probable que la croissance s?essouffle qu?elle ne se raffermisse.

2006 sera l?année de la nouvelle architecture économique, annonce le ministre des Finances, Rama Sithanen, dans une entrevue publiée hier dans l?express. Cette nouvelle architecture permettra de jeter les bases d?une croissance plus résiliente tirée par huit ou neuf moteurs. Si l?un ou deux flanchent en une année, le pays pourra toujours compter sur les autres secteurs pour maintenir la prospérité économique.

Le grand argentier mise sur une base économique diversifiée susceptible de résister aux chocs sectoriels tout en apportant du tonus et de la profondeur à la création de la richesse. Le gouvernement doit, en premier lieu, gagner la bataille de l?investissement privé. Il faut pour cela créer les conditions favorables au niveau des capacités de production (main-d??uvre qualifiée, compétente et en quantité suffisante, technologies performantes, cadre régulateur convivial aux affaires?) pour attirer les opérateurs, étrangers surtout, à venir faire du business dans les secteurs traditionnels et pour démarrer les nouveaux pôles industriels.

Dans le court terme l?investissement direct extérieur aidera à réduire la pression sur le taux de change de la roupie (donc sur les prix des importations) et sur le niveau des réserves. Cela aidera à rééquilibrer les déficits au niveau de la balance extérieure à un moment où les revenus sucriers et ceux du textile-habillement ont chuté et où la note d?importation subit l?explosion des cours pétroliers de ces derniers mois.

Il y a des réformes structurelles à réaliser pour assurer la stabilité macroéconomique. Le plan de la relance et de la diversification économique doit s?accompagner d?une restructuration profonde pour que l?économie puisse réaliser son plein potentiel.

La dernière ?Public information notice? du Fonds monétaire international sur Maurice vient réitérer les principaux obstacles à la compétitivité de l?économie. De vastes chantiers de réforme touchant au système de pension et à l?économie du marché de travail, notamment, sont en attente. Le gouvernement a déjà pris de nombreuses initiatives pour mieux gérer les dépenses de l?état et améliorer la collecte des recettes fiscales.

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