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Sécurité alimentaire

Le grand chantier de l’autosuffisance

7 septembre 2026, 17:00

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Le grand chantier de l’autosuffisance

Agriculture, pêche, industrie thonière, économie bleue : dans une interview exclusive à l’express, Arvin Boolell dévoile sa feuille de route et assume un changement de modèle. Réduire les importations, tripler la production de poisson et rendre les filières plus compétitives : le ministre veut passer d’une logique de soutien permanent à une stratégie fondée sur la productivité, la technologie et la valeur ajoutée.

Maurice doit réduire sa dépendance alimentaire non pas en produisant «simplement davantage», mais en augmentant sa productivité, en développant la technologie et en créant davantage de valeur ajoutée, affirme le ministre de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, Arvin Boolell, dans un entretien exclusif accordé à l’express.

L’île importe actuellement plus de 70 % de ses besoins alimentaires, pour un coût estimé à quelque 65 milliards de roupies. Pour le ministre, la substitution aux importations doit être ciblée, notamment pour les produits pouvant être produits localement de manière compétitive. Le programme «25 by 35» doit ainsi favoriser les cultures locales, la transformation agroalimentaire et l’agriculture contractuelle. La patate douce et le manioc pourraient notamment contribuer à réduire progressivement la dépendance au riz et à la farine de blé, tandis que la production de haricots offre, selon M. Boolell, un potentiel de substitution aux importations.

Mais cette stratégie passe également par une réduction du coût des intrants, grâce à la bioagriculture, l’agroécologie, la production locale de semences, la mécanisation et la recherche.

«L’avenir de l’agriculture mauricienne ne peut pas reposer sur davantage de main-d’œuvre et davantage de subventions», souligne le ministre. L’aide publique doit, selon lui, servir davantage à financer les investissements permettant d’améliorer la productivité et la compétitivité.

Dans le secteur de la pêche, le gouvernement vise une hausse de la production locale de 5 000 à environ 15 000 tonnes en trois ans, avec une projection pouvant atteindre 15 620 tonnes.

Environ 6 000 tonnes supplémentaires pourraient provenir de la pêche industrielle et thonière, notamment grâce au débarquement à Maurice des prises accessoires des palangriers opérant dans la zone économique exclusive (ZEE). Jusqu’à 2 500 tonnes pourraient ainsi être débarquées chaque année.

Saya de Malha : Priorité à la science

La flotte semi-industrielle devrait passer de 45 à environ 65 navires. Douze sont actuellement en construction et huit autres doivent être acquis dans le cadre du programme prévu jusqu’en 2027-2028.

L’aquaculture doit également changer d’échelle, avec un objectif d’environ 1 000 tonnes destinées au marché local. Le projet d’Abagold, consacré au red drum, pourrait à lui seul représenter environ 1 000 tonnes et un investissement annoncé de Rs 300 millions. Concernant le plateau de Saya de Malha, présenté comme un important réservoir de carbone, M. Boolell appelle d’abord à mieux connaître et mesurer cette ressource avant tout développement commercial.

Recherche scientifique, pêche responsable, surveillance environnementale et, sous conditions, crédits carbone figurent parmi les pistes envisagées. Agalega pourrait également jouer un rôle logistique, notamment grâce à des capacités de stockage frigorifique.

Sur le dossier des chiens errants, le ministre annonce Rs 20 millions pour 2026- 2027 afin d’intensifier les campagnes gratuites de stérilisation. Il dit vouloir être jugé non sur un chiffre spectaculaire, mais sur des résultats mesurables : davantage de chiens stérilisés et identifiés, moins d’abandons, davantage d’adoptions et, surtout, une diminution visible des chiens errants dans les rues et les espaces publics.

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