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Une visite officielle qui promet
Il en va ainsi depuis des décennies. À chaque fois que le Premier ministre effectue une visite officielle en Inde, il revient avec les valises pleines de cadeaux et de projets de coopération pour Maurice. La visite de Navin Ramgoolam en Inde, du 24 au 28 octobre, ne dérogera pas à cette tradition. « Nous pensons pouvoir initier des développements majeurs dans le domaine de l?éducation par exemple », confirme-t-il.
La délégation mauricienne sera dense. On sort le grand jeu. Le Premier ministre sera accompagné de plusieurs ministres, notamment Rama Sithanen et Madun Dulloo, respectivement ministre des Finances et ministre des Affaires étrangères et du Commerce international. Étienne Sinatambou ainsi que Dharam Gokhool pourraient effectuer le déplacement. Le secteur privé dépêchera également plusieurs de ses représentants. Ainsi Rajiv Servansingh, de la Chambre de commerce, et une dizaine d?hommes d?affaires, dont Anil Currimjee, Arnaud Dalais ou Iqbal Moolan, parleront business avec leurs interlocuteurs de la Federation of Indian Chambers of Commerce and Industry (FICCI).
Mais, au-delà des rencontres, c?est un nouveau cadre économique qui se met en place. Il y a déjà la nouvelle pierre angulaire de la coopération Inde-Maurice, que les deux camps polissent depuis des mois : le Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (Cecpa). À lui seul, cet accord va redéfinir, en l?améliorant, la coopération économique entre les deux pays. Les ramifications du Cecpa sont nombreuses, allant de l?éducation à l?industrie lourde, tout en passant par la haute technologie et les télécoms. Tellement nombreuses que la signature du Cecpa sera probablement effectuée par pans.
Utiliser Maurice comme camp de base
Ainsi, une étape importante sera franchie durant la visite de Ramgoolam : la signature d?un Accord de libre-échange (Ale) entre les deux pays. Le grand frère indien étant toujours indulgent envers Maurice, l?Ale sera largement asymétrique. Ainsi, le rhum ou certains textiles produits à Maurice pourraient pénétrer dans le marché indien hors taxes alors que les mêmes produits en provenance d?Inde seront probablement soumis à des tarifs douaniers à Maurice. Mais l?Inde a également des visées plus larges. Elle songerait sérieusement à utiliser Maurice comme camp de base et modèle de coopération économique pour ensuite le dupliquer en Afrique, notamment dans la zone de la Southern African Development Community.
Les échos en provenance du gouvernement et du secteur privé confirment que des résultats très concrets sont attendus dans le domaine de l?éducation, du Seafood Hub, de l?énergie, de l?industrie pharmaceutique et des technologies de l?information et de la communication (Tic). Un représentant du secteur privé, qui sera du voyage, offre même un nouvel éclairage sur la visite. « Nous n?allons pas trop en faire au sujet de notre réussite dans le domaine financier. Les Indiens sont déjà assez mécontents qu?une grande part des investissements étrangers transite par Maurice avant d?arriver en Inde. » Les chiffres donnent effectivement le tournis. Environ 30 % de l?investissement étranger direct vers l?Inde ont transité par Maurice pendant la période 1991 à 2004. Cela représente 8 691 milliards de dollars !
Un autre dossier, qui devrait avancer au cours de la visite : l?harmonisation des normes entre les deux pays, qu?elles soient sanitaires, phytosanitaires ou encore douanières. Maurice pourrait bénéficier de l?expertise et de l?aide technique indiennes dans ce domaine.
L?éducation: un dossier central
L?éducation sera également un dossier central. La place de l?Inde comme partenaire central dans la stratégie visant à faire de Maurice un Knowledge hub se confirme. Il se chuchote dans les couloirs de l?hôtel du gouvernement que l?implantation d?une ou de deux prestigieuses universités indiennes à Maurice pourrait être finalisée durant la visite de Ramgoolam.
Mais la coopération Inde-Maurice n?est pas non plus un commerce à sens unique. Les industriels indiens veulent pouvoir conquérir des parts de marché à Maurice. L?India Fair, organisée par la FICCI et le haut-commissariat indien au Centre Swami Vikenanda de Pailles du 19 au 23 octobre prochain, obéit à cette logique.
Ainsi, Amul, l?un des plus gros fabricants de produits laitiers indiens, souhaite vivement s?implanter à Maurice. Suzlon, fabricant d?éoliennes, pense profiter de cet événement pour faire connaître ses produits mais aussi concrétiser le projet de wind farm sur le sol mauricien.
« C?est une opportunité pour le public mauricien que de découvrir les produits made in India. Mais nous allons encourager les exposants indiens et les hommes d?affaires locaux à se rencontrer pour discuter de joint-ventures éventuels », précise Rajeev Shahare, l?adjoint au haut-commissaire indien à Maurice.
Entre l?Inde et Maurice, tous les chemins mènent désormais à la coopération économique.
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