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Procès de l’ukrainienne Peresolkina
Martingale ne met pas en cause l’accusée, reconnaît l’ADSU
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Procès de l’ukrainienne Peresolkina
Martingale ne met pas en cause l’accusée, reconnaît l’ADSU
Le procès de l’Ukrainienne Mariia Peresolkina a franchi un nouveau cap hier devant la Cour d’assises. Le contre-interrogatoire de l’inspecteur Bsomi, principal enquêteur de l’Anti Drug And Smuggling Unit (ADSU), la défense a obtenu une admission a révélé une information de taille : John Mick Martingale, retrouvé mort à la prison de Beau-Bassin en septembre 2024, faisait partie d’un réseau international de trafic de drogue. Une révélation qui a initié une série de questions sur la conduite de l’enquête.
Devant le juge Iqbal Maghooa, Mᵉ Shameer Hussenboccus a amené l’enquêteur à reconnaître que Martingale était un rouage d’une organisation criminelle d’envergure internationale. Pourtant, plusieurs pistes susceptibles d’éclairer les ramifications de ce réseau n’ont jamais été explorées.
L’avocat s’est notamment attardé sur le délai ayant précédé la première déposition de Martingale. Arrêté le 29 octobre 2022 à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) en même temps que Mariia Peresolkina et Olena Levina, il n’a consigné son premier statement que cinq mois plus tard. L’inspecteur Bsomi a reconnu que, dans les affaires de drogue, la rapidité est essentielle afin de préserver les preuves et d’empêcher la disparition de suspects ou de témoins. Il a expliqué que Martingale souhaitait attendre les résultats du Forensic Science Laboratory concernant le contenu des deux bouteilles saisies. Une justification aussitôt rejetée par Me Hussenboccus, qui a fait valoir qu’un suspect ne pouvait imposer son calendrier aux enquêteurs.
Manquements à l’enquête
Autre élément mis en lumière : selon l’inspecteur Bsomi, aucune des déclarations de John Mick Martingale ne met directement en cause Mariia Peresolkina. La défense s’est ensuite intéressée aux preuves numériques. Le policier a admis que le contenu de l’ordinateur portable de Martingale n’avait jamais été analysé par l’IT Unit. La raison évoquée : la batterie de l’appareil était déchargée.
L’inspecteur Bsomi a également reconnu n’avoir entrepris aucune démarche pour permettre l’extraction des données, alors même qu’il considérait ce matériel comme potentiellement crucial. Martingale était en effet soupçonné d’effectuer des transactions liées au trafic de drogue en utilisant des cryptomonnaies.
Le contre-interrogatoire a également fait apparaître une contradiction concernant Katerina Kononova, une ressortissante ukrainienne installée à Flic-en-Flac. Après avoir déclaré ne pas la connaître, l’inspecteur Bsomi a été confronté à ses propres déclarations antérieures, où il avait cité son nom. Il est ressorti de l’audience que cette dernière avait réservé les billets d’avion de Martingale, Mariia Peresolkina et Olena Levina pour leur voyage de Bruxelles vers Maurice. Malgré cet élément, elle n’a jamais été entendue par les enquêteurs, a reconnu le policier. Me Hussenboccus a également rappelé que le mari de Katerina Kononova, Kevin Édouard, est décédé environ un mois après John Mick Martingale, dans ce qui a été présenté comme une overdose, un élément qui ajoute aux nombreuses zones d’ombre entourant cette affaire.
Mariia Peresolkina est poursuivie pour importation of dangerous drugs with an averment of trafficking, après la découverte, le 29 octobre 2022, de deux bouteilles contenant du cannabis synthétique liquide, d’une valeur estimée à plus de Rs 44 millions, dans ses bagages à l’aéroport SSR. Depuis son arrestation, elle affirme avoir ignoré le contenu des bouteilles, soutenant qu’elles lui avaient été confiées par John Mick Martingale avant leur départ de Bruxelles.
Le procès reprendra à une date qui sera communiquée ultérieurement par la cour.
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