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Chronique d’une réforme révisée par la rue !
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Chronique d’une réforme révisée par la rue !
Le bon sens après le sursaut populaire ! Et un gouvernement contraint de reconnaître son erreur en enterrant définitivement son intention d’introduire un means test, au cœur de la polémique du nouveau State Age Pension (SAP), déclenchant une vague de colère !
Si le Premier ministre tente aujourd’hui de justifier ce revirement en invoquant sa capacité à écouter la population, les secousses de cette semaine brouillent l’image d’un chef qui semble subir les événements plutôt qu’il ne les dirige.
Entre le bouleversement provoqué par les nouvelles modalités de la réforme des pensions annoncées dans le budget du 19 juin, la fronde populaire qui s’en est suivie, la spectaculaire marche arrière amorcée dès le lundi matin avec l’annonce du gel du means test, avant son abandon pur et simple quatre jours plus tard, se dessine un gouvernement naviguant à vue, pris de court par l’ampleur de la contestation.
Les citoyens auront également constaté que nombre d’élus de la majorité découvraient les mesures budgétaires en même temps qu’eux, d’où leurs difficultés à défendre un dossier dont ils ne maîtrisaient pas les détails, encore moins les implications !
Du coup, ce sont leurs adversaires qui avaient le champ libre pour occuper le terrain politique, à l’exemple d’un Bhadain combattif, premier opposant à décortiquer rapidement les dessous du nouveau système, en vulgarisant ses mécanismes tout en dénonçant avec vigueur un gouvernement dont les principaux porte-parole semblaient incapables de défendre leur propre réforme. Jugnauth, de son côté, n’a pas raté l’occasion d’effectuer un retour — sans grande conviction — sur le devant de la scène en promettant le rétablissement de la pension à 60 ans s’il revenait au pouvoir. Mais c’est au leader de l’opposition que revenait la formule parfaite, résumant le mécontentement populaire : «Le gouvernement présente un budget et fait les consultations après. C’est le monde à l’envers.»
La remarque est d’autant plus pertinente que ce n’est que le lundi matin, soit deux jours après la présentation du budget, que le chef du gouvernement, entouré des techniciens ayant participé à la réforme, a finalement réuni ses partenaires du MMM, de Rezistans ek Alternativ ainsi que les députés travaillistes, avant d’annoncer au Parlement le gel du means test, une proposition qui a désormais le statut de mort-née !
Si la décision a pour objectif d’apaiser les tensions, elle tente également de contenir le malaise qui gagnait la majorité, dont certains contemplaient, semble-t-il, la porte de sortie de l’Alliance du Changement.
Le ministre de la Sécurité sociale (Subron) l’a lui-même confirmé lors de sa rencontre avec la presse : toutes les options, y compris une démission du gouvernement, étaient ouvertes si l’exécutif avait persisté dans sa voie initiale concernant cette réforme des pensions. Alors que cette éventualité appartient désormais au passé, les critiques formulées par le leader de Rezistans ek Alternativ n’ont échappé à personne.
Subron évoque – et ce n’est pas la première fois – l’influence d’une clique de non-élus, qui aurait induit le Premier ministre en erreur. Il rappelle également que, tout comme lors de la réforme annoncée dans le budget précédent, ni lui ni ses camarades n’avaient été consultés sur le contenu des mesures présentées. Plus troublant encore, le leader de Rezistans ek Alternativ affirme n’avoir rencontré le Premier ministre que le 16 juin, soit trois jours avant la présentation du budget, au cours d’une réunion durant laquelle le président de la commission d’experts avait assuré, en présence de Ramgoolam, qu’aucun bénéficiaire actuel ne perdrait sa pension. Or, le texte présenté quelques jours plus tard — avant la suppression du means test — démontrait le contraire.
Les accusations de Subron font écho à celles formulées par Bérenger lorsqu’il dénonçait, avant de quitter le gouvernement, un gang, gravitant autour du Premier ministre, et qui évoque, dans la mémoire collective, lakwizinn du MSM !
La gestion de cette réforme des pensions, le trouble du Premier ministre, sa lecture imparfaite du dossier ramènent à une réflexion déjà faite par l’ancien numéro deux du gouvernement.
N’est-il pas temps que le pays ait un ministre des Finances à plein temps ?
Après le sursaut populaire qui l’a contraint à reculer sur le means test, le bon sens prévaudra-t-il sur cette autre question tout aussi capitale ?
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