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Une université qui a le pied marin
D?ici peu, des Mauriciens seront peut-être à bord pour leurs études. Majestueux bateau à voiles russe, le Kruzenshtern mouille dans les eaux portuaires depuis hier matin. Cette université flottante compte à son bord 140 étudiants qui apprennent à naviguer ou se spécialisent en ingénierie marine. En attendant que des étudiants mauriciens puissent eux aussi faire partie de la flotte pour des études tertiaires, larguons les amarres pour une visite.
Peu commode, une université qui vogue sur les flots ? Le Kruzenshtern permet en tout cas à des étudiants de voyager autour du globe tout en se perfectionnant. Ce voilier de 114,5 mètres de long appartient à la Baltic State Academy of the Fishing Fleet, dirigée par le capitaine Oleg Sedov. Il a quitté les eaux russes en juin de l?année dernière pour un tour du monde. En provenance de Singapour, abritant à son bord un musée d?une grande richesse, il est arrivé, haut et élégant, dans notre rade, créant l?événement?
L?entraide de rigueur
Un arôme de café vagabonde dans les couloirs du Kruzenshtern. Pause petit-déjeuner ? Il est à peine 9 heures. On sent qu?ici règnent la discipline et la rigueur. Comme l?explique le vice-recteur de l?université, Valéry Paletsky, ?les élèves devront passer cinq ans et demi au moins à bord pour en sortir complètement professionnels.? Cinq ans et demi à se frotter aux cordages, à manier le compas, à hisser la voile mais aussi à faire les corvées. Car être marin demande de la solidité.
Cela fait deux mois qu?Alex a rejoint la troupe. Ce jeune homme de 18 ans déborde d?enthousiasme pour son métier de marin. ?C?est très intéressant pour les jeunes ! Nous avons facilement des promotions et pouvons voyager dans le monde entier. J?ai découvert la Chine, Singapour, et maintenant Maurice? C?est une aventure extraordinaire.?
Ces jeunes se partagent les tâches tous les jours. Quand l?un est sur le pont, l?autre étudie. Et vice versa. L?entraide est de rigueur. Comme Alex, ces jeunes sont encadrés de sept enseignants dont un capitaine. Ils sont aussi scrupuleusement supervisés par 70 membres de l?équipage. Un coup d??il sur cette vraie famille révèle que les liens sont étroitement soudés.
Même si l?anglais de ces Russes est quelque peu écorché, nous tentons de suivre, à la trace et aux mots, le responsable média, Veadimir Kiryurhin qui nous emmène dans les profondeurs du bateau. ?Voici le musée?, annonce-t-il. Lieu légèrement aéré mais d?une intimité jalousement gardée. Ce musée témoigne de toute l?histoire de ce bateau construit en 1926 en Allemagne. Durant ses longues années de voyage, le Kruzenshtern a remporté nombre de régates et de trophées pour les courses. Le Cutty Sark Trophy de 1974, celui de la course en 1986 et bien d?autres. Mais c?est un autre point qui a titillé notre curiosité.
Frais de scolarité moindres
Une cloche sur laquelle le mot ?Titanic? est inscrit en toutes lettres figure parmi les objets exposés. Serait-ce celle du fameux paquebot que nous connaissons ? Eh oui, il semble que cette cloche ait été façonnée à partir du métal du défunt Titanic. Parmi ces richesses historiques, nous retrouvons aussi de vieilles médailles, certaines serties de pierres ou encore des souvenirs ramenés des quatre coins du globe.
Le Kruzenshtern a été baptisé selon le grand navigateur russe Ivan Kruzenshtern. Après Maurice, le bateau s?en ira vers les côtes sud-africaines, espagnoles et enfin, russes. Ce bateau est représenté à Maurice par Ocean?s Fishing. Amit Jugroo, de cette compagnie, avance que les autorités mauriciennes pourraient signer un accord avec cette université flottante. Les frais de scolarité y seraient moindres comparé aux autres universités.
Si l?accord se confirme, un nouvel espoir de carrière s?ouvrira aux jeunes. Le Kruzenshtern quittera l?île vendredi. L?accès au public n?est malheureusement pas autorisé.
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