Publicité

Une rencontre marquée par le consensus

17 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Paul Bérenger a qualifié de ?réussite? le Sommet de la SADC, et a défini ses priorités en tant que président de cet organisme auquel Madagascar a été admise. Le Centre de conférences de Grand-Baie se vide peu à peu. Les drapeaux des 13 pays n?ont plus comme témoins que des chaises vides. Mais les participants repartent pleins d?ébauches de solutions, d?espoirs de coopération. Le Sommet des chefs d?Etat et de gouvernement de la Southern African Development Community (SADC) s?est achevé hier. Il aura à nouveau lieu en août de l?an prochain au Botswana.

?Le Sommet a été une réussite sur toute la ligne et a été en même temps historique. Le mood a été très bon. Toutes les décisions ont été prises dans le consensus même les plus pertinentes, qu?il s?agisse des questions politiques ou sociales?, déclare le nouveau président de la SADC et Premier mi-nistre mauricien, Paul Bérenger lors d?une conférence de presse à l?issue du Sommet.

Lors de la cérémonie de clôture et de cette conférence, Paul Bérenger a dressé la liste de ses priorités pour la SADC : renforcement du poids de l?organisme vis-à-vis de ses partenaires de coopération internationaux et encouragement des Etats membres à aligner leurs politiques nationales sur la coopération régionale afin de mieux intégrer le processus de globalisation et alléger le problème de la pauvreté.

Les relations avec les organisations sous-régionales et multilatérales seront renforcées. L?accent sera mis sur la création d?une synergie appropriée entre la SADC et le New Partnership for Africa?s Development (NEPAD), et l?accélération de l?intégration régionale. C?est dans un véritable esprit de partenariat, dit Paul Bérenger, que la SADC va normaliser les relations avec l?Union européenne et les Etats-Unis, qui comptent parmi les plus importants partenaires de la SADC. Le nouveau président compte ?uvrer pour un approfondissement des relations avec l?Inde et la Chine, où il se rendra début 2005.

Les travaux du Sommet ont été marqués par l?admission de Madagascar comme candidat-membre au sein de la SADC pour une année en attendant qu?elle soit membre à part entière. Entre-temps, Madagascar devra présenter un plan d?action indiquant comment elle pourra respecter ses obligations à l?égard de la SADC, y compris l?application de plusieurs instruments légaux de cette organisation.

Marc Ravalomanana, le président malgache, souligne que Madagascar espère pouvoir apporter sa contribution au sein de la SADC et promouvoir la coopération régionale au sein de cette communauté. ?Madagascar est un ardent défenseur de l?intégration régionale. Nous nous sommes engagés à respecter les principes et les objectifs de la SADC, à promouvoir la paix, la stabilité, la justice et la liberté, aussi à réduire la pauvreté et combattre le sida?, affirme Marc Ravalomanana.

Le Sommet a également adopté une Charte qui définit les lignes directrices et les principes pour la tenue des élections ?free and fair? dans la région. ?Nous nous sommes engagés à respecter ces principes. Nous allons nous évertuer à consolider la démocratie?, dit Paul Bérenger.

Les membres ont été informés que le gouvernement zimbabwéen a rédigé une législation électorale conforme aux principes et lignes directrices adoptées par la SADC, pour les prochaines élections parlementaires qui se tiendront au Zimbabwe en mars 2005.

Deux projets adoptés

Paul Bérenger compte se rendre au Botswana en octobre pour visiter le quartier général de la SADC à Gaborone. Tous les pays membres se sont engagés à contribuer US$ 500 000 chacun pour la cons- truction d?un nouveau quartier général. Ce projet date de plusieurs années déjà et n?avait pu se réaliser jusqu?ici.

Un autre projet a été adopté visant à préserver l?histoire de la région de la SADC. ?Nous avons adopté ce projet par devoir de mémoire?, déclare le président.

Un SADC Development Fund sera mis sur pied pour réduire la dépendance de cette communauté envers l?aide financière des partenaires internationaux, et pour le financement de certains projets dans les Etats membres.

A une question de la presse, Paul Bérenger a répondu qu?il a discuté avec des chefs d?Etat du besoin d?avoir un candidat africain pour occuper le poste de futur secrétaire général de l?Organisation mondiale du commerce. ?Africa deserves that very much?.

Joaquim Chissano, président du Mozambique et Sam Nujoma, président de la Namibie ont signifié leur intention de se retirer de la politique à la fin de 2004 et en mars 2005 respectivement. C?est la dernière fois qu?ils représentent leurs pays au Sommet. Joachim Chissano en est à sa cinquième visite à Maurice. Il a mis l?accent sur le partenariat entre des sociétés mauriciennes et mozambicaines dans les secteurs agricole et textile. Il estime que des perspectives de collaboration existent aussi dans le secteur du tourisme.

Le développement de cette coopération entre Maurice et le Mozambique, dit Joaquim Chissano, cadre avec l?esprit et les idéaux de la SADC et du NEPAD.

Le Sommet a également été marqué par l?adoption de l?hymne de la SADC qui a retenti hier pour la première fois à Grand-Baie. Paul Bérenger souhaite que cet hymne soit joué dans les établissements scolaires chaque SADC Day (qui se tient le 17 août), ?pour qu?il serve de source d?inspiration à la population?.

SPECTACLE CULTUREL

Au rythme d?un vibrant continent

Des classiques empruntés à Myriam Makeba. Du langoureux au dynamique. Il n?en fallait pas plus pour abolir les barrières des langues et sublimer les frontières. Et laisser la place à la musique. Communication universelle !

Au front de mer de la capitale, hier soir, elle a rassemblé les chefs d?Etat et de gouvernement de la SADC dans une apothéose rythmée par des jeux de jambes endiablés. Entre les titres, des cris de ?Freedom, Freedom?. Jubilation de la liberté pour saluer le retour de la démocratie, depuis une décennie, en Afrique du Sud. Les artistes sud-africains militants du Two Knockway Band se sont attaqués à coups de refrains entraînants au ?nouvel ennemi de l?Afrique : le sida?. Des accords de guitare sur un discours politique pour un hommage à un continent vibrant loin de tout misérabilisme.

Les couleurs des costumes traditionnels ont fait revivre les ancêtres. Avant que les robes pailletées et les pantalons rayés n?enchaînent avec un twist aussi pétillant que coquin.

Des chansons pour donner du courage, d?autres pour oublier la peine. Puis une voix d?enfant. Un message d?espoir : ?Nous hériterons d?un monde meilleur.?

Parmi le public, la frustration d?être retenu loin du podium , pour des raisons de sécurité, était presque palpable. Cela n?a toutefois pas empêché les danseurs d?Art Academy de donner la pleine mesure de Soil beat, the rythm to success.

Adeptes du métissage, les chorégraphes Sanedhip Bhimjee et Anna Patten ont fusionné l?énergie du kathak aux danses guerrières du continent voisin. Une union stylistique ouverte sur les pulsations d?un c?ur. Gracieuses et altières, les danseuses aux jupes fluides ont fait sonner leurs clochettes chevillées de concert avec les percussions variées.

Ravannes, tabla, djembé, dholok, tambours et maravannes se sont donné la réplique. A chauffer à blanc cette nuit balayée d?hiver. En même temps et telle une éclosion, les volutes de Jean Renat Anamah racontaient le processus de la découverte et de la maîtrise d?un instrument. Une mé-thode qui, tout compte fait, ressemble beaucoup à la gestion d?un Etat.

Succédant à la métaphore, la puissance vocale de Linzy Bacbotte ajoute à l?ambiance électrique avant que Claudio Veeraragoo, vieux routier du séga, n?offre un medley de ses tubes.

RELATIONS MAURICE-MADAGASCAR

L?affaire Galana tend à se décanter

Le contentieux entre Maurice et Madagascar au sujet de l?affaire Galana s?est partiellement dissipé hier. Une rencontre au sommet entre Paul Bérenger, le Premier ministre mauricien, et Marc Ravalomanana, le président de la République malgache, a permis de décanter la situation.

?Nous avons discuté entre frères. Nos relations avec des pays comme Madagascar sont sacrées?, a souligné Paul Bérenger hier soir. Malgré ces assurances, le dégel ne semble pas être totalement complet. Le gouvernement mauricien est toujours irrité par la manière de faire des autorités malgaches. Marc Ravalomanana n?a été guère rassurant en évitant de se prononcer sur cette controverse.

?L?affaire Galana n?a pas été évoquée du tout lors de la rencontre avec le Premier ministre mauricien. Cette affaire est déjà résolue?, a-t-il déclaré lors d?une interview-minute accordée à l?express au Centre de conférences de Grand-Baie, hier soir.

Galana est une raffinerie malgache qui a obtenu le contrat pour l?approvisionnement de la State Trading Corporation (STC) en produits pétroliers. Le 27 juillet dernier, le gouvernement malgache a créé la surprise en retenant en rade de Toamasina (ex-Tamatave) le navire Halia, transporteur de Galana vers Maurice. Le bateau avait dans ses cuves 24 000 tonnes d?huile lourde principalement destinées au Central Electricity Board. ?Certains aspects auraient pu être traités différemment?, a admis Paul Bérenger hier soir.

Le régime Ravalomanana a dressé une liste de reproches à l?encontre de la compagnie pétrolière. Il l?accuse d?être responsable d?une pénurie artificielle sur le marché domestique et de ne pas rapatrier les devises provenant de ses exportations. Ce que Galana estime comme étant des accusations ?infondées et basées sur des éléments erronés?.

La décision du gouvernement malgache est basée sur une descente des lieux effectuée au port de Toamasina le 26 juillet. A une heure du matin, le Premier ministre, Jacques Sylla, le ministre des Finances, Benjamin Andriampany Radavidson, et le ministre de l?Energie et des Mines, Jacques Rabarison, accompagnés du directeur de l?Office malgache des hydrocarbures (OMH), l?organisme d?État responsable du secteur pétrolier, débarquent avec un rapport et ordonnent que le navire soit retenu et sa cargaison déchargée. Comme Galana refuse d?obtempérer, l?affaire est référée au tribunal de Toamasina qui donne finalement gain de cause au gouvernement malgache.

?Au niveau du gouvernement malgache, il n?y a aucun problème au sujet de Galana. Tout a été résolu?, a soutenu Marc Ravalomanana.

Si l?affaire Galana demeure un grain de sable dans les relations diplomatiques entre Maurice et Madagascar, Paul Bérenger et Marc Ravalomanana insistent que leur rencontre a été cordiale, voire positive.

?Cette réunion s?est très bien passée?, a précisé le président malgache. Les relations bilatérales, le développement commercial, l?investissement mauricien à Madagascar et le soutien de Maurice pour l?adhésion de Madagascar à la Southern African Development Community ont figuré au menu des discussions.

?Il n?est pas question que l?affaire Galana, qui n?est qu?un incident de parcours, ne tiraille les relations entre Maurice et Madagascar?, a ajouté Paul Bérenger.

La partie mauricienne semble avoir fait une croix sur l?épisode Galana même si celui-ci lui est resté en travers de la gorge. Le gouvernement malgache veut éviter de polémiquer, mais il ne semble pas avoir oublié son règlement de comptes avec Galana. Les relations diplomatiques entre les deux pays prendront un certain temps avant de na-viguer comme sur une mer d?huile.

La SADC, espace de télécommunications à réguler

Les régulateurs de télécommunication des pays de la Southern African Development Community (SADC) se rencontreront à l?hôtel La Plantation demain et après-demain. Objectif : discuter des moyens d?assurer la coordination de la réglementation du secteur.

La conférence, qui se déroulera sous l?égide de la Telecommunications Regulators? Association of Southern Africa (TRASA), sera l?occasion pour Maurice de succéder au Lesotho à la présidence de l?organisme pour un an. Cette présidence sera assurée par Ashok Radhakissoon, président de l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA).

Le rôle de la TRASA est important pour les pays de la SADC. Outre l?aspect réglementation et coordination, l?association vise également à définir les moyens de promotion et d?institution de réseaux adéquats de télécommunication. Et cela, à un prix accessible au plus grand nombre. Autant dire que le défi est de taille.

Aussi, la 7e assemblée générale annuelle devrait pouvoir apporter sa pierre à l?édifice. Les rapports des divers comités de la TRASA, le financement des projets futurs et le développement des ressources humaines seront les thèmes majeurs de la conférence.

Trente-sept délégués assisteront aux débats dont l?ouverture sera faite par le ministre des Technologies de l?information et des télécommunications, Pradeep Jeeha. L?Union internationale des télécommunications (UIT) et l?Agence du développement internationale des Etats-Unis (USAID) ont également envoyé des délégués.

Publicité