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Exportations

Maurice retrouve un accès au marché américain sans droits de douane additionnels

25 juillet 2026, 20:00

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Maurice retrouve un accès au marché américain sans droits de douane additionnels

■ Les États-Unis absorbent environ 11 % des exportations totales de biens de Maurice, soit près de Rs 8 milliards en 2025.

Le secteur exportateur mauricien respire. Depuis hier, les produits mauriciens éligibles retrouvent un accès en franchise de droits au marché américain, après plus d’une année d’incertitudes liées aux changements successifs de la politique commerciale de Washington. Une évolution saluée par le gouvernement et les industriels, même si les autorités appellent à transformer cet avantage temporaire en un accord commercial durable.

Sada des «tariffs»

Cette annonce, communiquée hier par la Mauritius Exports Association (MEXA), met fin à une longue période d’incertitude pour les opérateurs économiques. La saga tarifaire avait commencé en avril 2025 avec l’introduction, par Washington, d’un mécanisme de «tarifs réciproques» sous l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). Maurice avait alors été frappée par une surtaxe additionnelle de 40%, avant que ce taux ne soit ramené à 15 % à partir d’août 2025.

Après l’invalidation de ce mécanisme par la Cour suprême américaine en février 2026, l’administration américaine avait introduit une taxe temporaire uniforme de 10 % sur plusieurs partenaires commerciaux sous la Section 122 du Trade Act de 1974. Maurice était ainsi passée d’une surtaxe de 15% à une nouvelle taxe additionnelle de 10 %, jusqu’à expiration de cette mesure, le 24 juillet.

L’exclusion de Maurice du nouveau régime instauré sous la Section 301 représente donc un avantage stratégique pour les entreprises exportatrices locales. Les États-Unis absorbent environ 11% des exportations totales de biens de Maurice, soit près de Rs 8 milliards en 2025, selon MEXA.

Pour le ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea, cette évolution positive est le résultat d’une démarche diplomatique engagée par Maurice auprès des autorités américaines. «Cette issue positive n’est pas le fruit du hasard. Nous avons pris l’initiative de nous rendre à Washington pour engager un dialogue direct avec l’USTR (United States Trade Representative). Nous avons défendu le dossier mauricien avec sérieux et détermination, et je suis convaincu que cette démarche a contribué à préserver les intérêts de nos exportateurs», affirme-t-il.

«Une fenêtre d’opportunité»

Le ministre estime que cette exemption constitue une opportunité importante pour l’industrie manufacturière de «consolider ses commandes, d’attirer de nouveaux acheteurs américains et de renforcer son positionnement en tant que plateforme de production fiable, traçable et respectueuse des normes internationales».

Toutefois, Aadil Ameer Meea rappelle que cet avantage demeure limité dans le temps. L’extension actuelle de l’AGOA arrive à échéance le 31 décembre 2026. «Nous devons rester lucides : cette avancée ne constitue pas une solution définitive, mais une fenêtre d’opportunité que nous devons utiliser pleinement et sans tarder», précise-t-il. Le gouvernement compte ainsi poursuivre les discussions avec Washington afin d’établir un cadre commercial plus stable. Le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, souligne que l’objectif reste le renouvellement de l’AGOA sur une plus longue période. «Nous avons fait des représentations à ce sujet auprès de l’USTR, de même que sur le maintien des dispositions relatives au Third Country Fabric. Nous espérons obtenir des réponses favorables avant les élections de mi-mandat aux États-Unis.»

Du côté des industriels, cette décision est accueillie favorablement. Avinash Goburdhun, CEO de Wensum Ltd, entreprise spécialisée dans la confection de costumes de luxe pour l’exportation, dont environ 20 % des ventes sont destinées au marché américain, estime que Maurice retrouve un avantage compétitif important. «Dorénavant, les opérateurs manufacturiers pourront réexporter sans droits de douane sur le marché américain, comme avant l’introduction des nouvelles mesures tarifaires», explique-t-il.

Pour lui, cette situation permettra aux fabricants mauriciens de mieux rivaliser avec leurs principaux concurrents. «Nous retrouvons des avantages comparatifs par rapport au Vietnam, à la Chine, au Bangladesh et à l’Inde, qui restent frappés par des droits de douane additionnels de 10 % à 12,5 % sur le marché américain», souligne-t-il.

Pour MEXA et les autorités, le prochain défi sera de transformer ce répit commercial en un partenariat économique durable avec les ÉtatsUnis, afin de sécuriser, à long terme, l’accès des produits mauriciens à l’un des marchés les plus importants au monde.

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