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Une médaille d?or porteuse d?espoir

5 avril 2005, 00:00

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Durant les trois précédentes années, le triathlon mauricien avait récolté une médaille de bronze à chaque édition des championnats d?Afrique, qui pour rappel se déroulent annuellement. Mais cette année, la récolte a été plus fructueuse avec cette médaille d?or obtenue par Jennifer Henrisson dans la catégorie des 16-17 ans.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, c?est toujours dans les catégories de jeunes que le triathlon mauricien s?est illustré, soit Fabienne

St Louis (15 ans) en 2002, Jennifer Henrisson (15 ans) en 2003 et Henri Leclézio (17 ans) en 2004. Des jeunes qui n?ont maintenant rien à envier à leurs redoutables homologues d?Afrique du Sud, du Zimbabwe et même de la Namibie.

Avec cette victoire de Jennifer Henrisson, à seulement 15 ans dans une catégorie où figuraient des triathlètes aguerries allant jusqu?à?19 ans, on peut légitimement extrapoler sur les performances que pourraient réaliser une Jennifer Henrisson bien encadrée à son 19e printemps? On en frissonne déjà.

Malheureusement, c?est là où le bât blesse. L?encadrement approprié, technique du moins, est quasi inexistant. Depuis le départ du directeur technique national, l?Australien Kevin Hill, en 2002, ces jeunes, avec un réel potentiel, se sont retrouvés livrés à eux-mêmes.

Sans repères, sans vision mais surtout sans techniciens appropriés ? le triathlon est une discipline à part entière et non un cumul de trois spécialités ? ils étaient refoulés vers des entraînements de fortune. Soit avec un entraîneur de natation, de cyclisme et de course à pied. Ce n?est pas comme cela que ça fonctionne. Ou plutot si, au niveau amateur !

Malgré cela, ces jeunes triathlètes cités plus haut, ainsi que quelques autres, avec le même potentiel, ont persévéré. Certains ont préféré privilégier leurs études au détriment de leur passion. À contre-coeur. ?Cette médaille d?or prouve qu?il y a du potentiel à Maurice. C?est dommage que pas mal d?entre eux délaissent le triathlon pour les études?, devait, du reste, déclarer Alain St Louis, président de la Fédération mauricienne de triathlon (FMTri). ?Il nous faut un DTN pour encadrer les triathlètes?, fait-il ressortir.

Qui sait ce que pourrait réaliser ce groupe de jeunes triathlètes solidaires avec un bon technicien ? Une question sur laquelle les autorités concernées devraient se pencher, eu égard à l?exploit réalisé par Jennifer Henrisson avec le minimum dont elle disposait, soit un mental de fer.

Le triathlon est connu pour être une discipline où le mental joue un rôle majeur. Le posséder est déjà une montagne de gravi. Être physiquement à point est un autre aspect. Seul, le triathlète ne pourra surmonter cet autre Everest. Encadrons-les ou sinon ce sera une génération de gâchée? et autant de médailles d?or, hormis celle de Jennifer Henrisson, de perdues.

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