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Droits des travailleurs étrangers
Agressé avec ses collègues, un Bangladais effrayé veut quitter le pays
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Droits des travailleurs étrangers
Agressé avec ses collègues, un Bangladais effrayé veut quitter le pays
■ Le Bangladais qui a témoigné de son agression dans une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux.
Une courte vidéo a suffi pour susciter de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. On y voit un travailleur bangladais qui filme à l’extérieur d’une maison, deux hommes qui viennent à sa rencontre, et il lance un appel à l’aide. Selon ses déclarations, ses collègues et lui auraient été malmenés après que des personnes se sont introduites dans leur logement. La Special Migrant Unit a été alertée et une enquête doit permettre d’établir les faits et le contexte de cette affaire.
La vidéo ne dure qu’une vingtaine de secondes. Pourtant, son contenu a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Face à la caméra, un travailleur bangladais essaie d’expliquer la situation dans laquelle, ses confrères et lui se trouvent, et il affirme que des personnes sont entrées dans leur chambre et les auraient violentés. Il explique également qu’ils ne souhaiteraient plus continuer à travailler pour leur employeur.
Alerté, le syndicaliste Fayzal Ally Beegun dit avoir immédiatement transmis la vidéo à la Special Migrant Unit. «Tous s’interrogent pour savoir où elle a été tournée. L’unité a décidé de lancer une enquête pour connaître non seulement la véracité de la vidéo, mais aussi son contexte», explique-t-il.
Demande de rapatriement
Selon le syndicaliste, les travailleurs auraient demandé à obtenir leurs billets d’avion afin de rentrer dans leur pays, sans toutefois avoir obtenu satisfaction jusqu’ici. «Ils disent que les employeurs les malmènent et les maltraitent. Ils ont peur», affirme Fayzal Ally Beegun, qui souligne que les circonstances exactes doivent encore être établies par l’enquête. Il estime également, au vu des déclarations faites dans la vidéo, que ces travailleurs ne seraient pas en situation irrégulière. «Sinon, ils n’auraient pas demandé leur rapatriement», avance-t-il. La publication a également suscité de nombreuses réactions de la part des internautes mauriciens. Le syndicaliste dit avoir constaté une certaine solidarité envers les travailleurs étrangers, mais aussi des interrogations sur les conditions dans lesquelles certains d’entre eux seraient employés.
Réformes attendues
Pour Fayzal Ally Beegun, cette affaire remet sur la table une revendication syndicale de longue date : la nécessité de garantir le respect des droits de tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité. «On ne peut plus tolérer l’injustice et la maltraitance envers les travailleurs étrangers qui viennent à Maurice pour faire progresser l’économie du pays», soutient-il, tout en précisant que «ce ne sont pas toutes les compagnies» qui se livreraient à de telles pratiques.
Il réclame par ailleurs des sanctions sévères lorsque des employeurs sont reconnus coupables d’abus. «La loi est là pour être respectée», insiste-t-il, demandant au ministre du Travail, Reza Uteem, de réagir rapidement.
Cette affaire intervient alors que la question des droits des travailleurs est également au cœur des discussions entre le gouvernement et les syndicats. Réagissant à la récente grève de la faim entamée par le syndicaliste Atma Shanto, le ministre Reza Uteem a estimé qu’il n’était pas normal que des représentants syndicaux doivent en arriver là pour se faire entendre. Le ministre a également annoncé que le gouvernement compte apporter, avant la fin de l’année, des amendements à l’Employment Relations Act de 2008 et au Workers’ Rights Act. Parmi les dossiers évoqués figurent notamment la semaine de 40 heures, l’indépendance des comités disciplinaires et l’amélioration des conditions de travail.
Ces différentes propositions doivent être discutées au sein du National Tripartite Council. En attendant, pour les travailleurs étrangers qui disent aujourd’hui avoir peur, l’enquête annoncée devra surtout permettre de faire la lumière sur les faits et, le cas échéant, d’identifier les responsabilités.
Star Knitwear et de PAD Co : L’attente se prolonge
L’impatience grandit chez les anciens employés de Star Knitwear et de PAD Co. «Les employés des deux entités commencent à trouver le temps très long», affirme le syndicaliste Fayzal Ally Beegun. La situation pourrait évoluer dans les prochains jours si aucune avancée n’est enregistrée. Il n’écarte pas la possibilité de manifestations pacifiques devant la Victoria House, voire d’un «sit-in» devant le Parlement. Le syndicaliste rappelle également qu’un huitième ex-employé de Star Knitwear serait décédé récemment, sans avoir pu percevoir la compensation salariale qui lui était due. Il lance ainsi un appel au ministre du Travail, Reza Uteem, afin qu’il intervienne auprès des «receiver managers» des deux compagnies.
Du côté de PAD Co, dix anciens employés seraient décédés sans avoir reçu les sommes qui leur seraient dues avance Fayzal Ally Beegun. «Ils ont sacrifié plusieurs années de leur vie à leur emploi et, au final, ils sont partis sans rien», déplore-t-il.
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