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Une maman psy... qui frise la névrose
Cela aurait pu être du Woody Allen : une comédie new-yorkaise avec un couple qui s’aime malgré une grosse différence d’âge, une psy, et un côté juif assez prononcé. En fait, Petites Confidences (à ma psy) ressemble beaucoup à du Woody Allen par moments, la névrose en moins, et bien que n’étant pas au niveau des grandes comédies de ce dernier, aurait plutôt tendance à surclasser ses toutes dernières productions.
Car, voilà une petite comédie qui parvient à être plusieurs contraires à la fois, avec une légèreté de ton n’empêchant pas quelques propos sérieux, insérés d’une manière intelligente par le réalisateur-scénariste. Comme la difficulté de surmonter les différences (ici, d’âge et de culture) dans un couple, sujet que la plupart des comédies de mœurs préfèrent contourner, considérant ces différences soit comme inconséquentes soit comme insurmontables.
Au cœur de ces contraires, il y a ces personnages réels se retrouvant dans des situations plausibles et comiques à la fois. Ainsi, Uma Thurman, en jeune femme de 37 ans fragilisée par un récent divorce, qui tombe amoureuse d’un jeune homme de 23 ans (Bryan Greenberg). Les deux trichent un peu sur leur âge : lui, ajoute quelques années, elle, c’est le contraire. Et, c’est ainsi que Lisa (Meryl Streep), la psychothérapeute de la jeune femme met un bout de temps avant de s’apercevoir que sa cliente est en train de lui faire des confidences sur sa liaison torride avec son fils.
Disons que c’est presque plausible, faisant abstraction des petites tricheries du scénario pour retarder le moment de la découverte. Mais, c’est certainement amusant. On rit lorsque Uma Thurman fait part de ses joies très physiques, de son bien-être et de ses appréhensions à Meryl Streep qui dans l’ignorance de tous les faits, adopte une démarche purement clinique et encourage sa patiente. On rit également lorsque Meryl Streep découvre l’“horrible” vérité et qu’elle est déchirée entre sa nature de maman juive traditionnelle (voir tous les films de Woody Allen) et son objectivité professionnelle. Ce faisant, Ben Younger nous livre quelques petites réflexions sur l’ouverture des juifs au monde extérieur à leur communauté, d’autant plus intéressantes pour nous, si nous faisons certains rapprochements avec quelques réalités mauriciennes.
Parallèlement, le film parvient à nous convaincre des motivations réelles de la psychothérapeute pour le bien-être de sa patiente. Le personnage qu’interprète Meryl Streep n’a rien de caricatural. Si les scènes où on la voit en consultation chez une collègue (l’actrice Madhur Jeffrey aussi connue pour ses magnifiques livres de cuisine), celles où on la voit en famille sont des plus sobres et relèvent des plus fines observations. Uma Thurman aussi, est très crédible en amoureuse romantique, tout autant qu’elle l’était en tueuse vengeresse. On croit à son bonheur et à son appétit de vivre retrouvés. Entre ces deux grandes dames, Bryan Greenberg s’en sort plus qu’honorablement. On veut bien croire que son personnage (pas encore tout à fait adulte, mais plus du tout gamin) ait suffisamment de charme pour attirer une femme de 14 ans son aînée. Mieux encore, il y a dans la relation entre lui et Uma Thurman, certaines situations – parfois de tout petits moments – qui en disent plus qu’un long commentaire tant sur les bonheurs que sur les difficultés de ce genre de rapport. C’est probablement pour ne pas être en rupture de ce ton réaliste que Petites Confidences… évite le “ happy end” convenu et opte pour une fin non résolue. Cela pourra décevoir les midinettes.
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