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Une maison brûle en silence à Batimarais

30 août 2005, 00:00

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Un quartier tout entier se mobilise et, formant une chaîne humaine, fait passer des seaux remplis d?eau pour éteindre le feu. C?était dimanche après-midi lorsqu?un incendie s?est déclaré dans une petite case en tôle à Batimarais. Ce n?est que deux heures plus tard que les pompiers se seraient pointés.

Dans cette petite case en tôle vivait une famille de cinq personnes : Jean Bernard Cécile, sa femme et ses trois enfants en bas âge. C?est dans une case en briques, à côté des débris, que la famille nous reçoit.

Jérôme Cécile, âgé de 21 ans et un des frères du chef de famille, était la seule personne présente lors du drame. Les autres assistaient à un mariage non loin de là. Il raconte sa version des faits : ?Dès que le feu s?est déclaré, je l?ai signalé aux pompiers. Ils m?ont alors demandé s?il y avait des morts et je leur ai dit non. Ils m?ont dit de patienter car il y avait déjà un incendie à Baie-du-Cap?, s?insurge-t-il.

Jérôme a, sans plus attendre, prévenu les voisins et averti la famille. Ils viennent finalement à bout des flammes, après deux heures de lutte acharnée. Et c?est à ce moment que les pompiers font leur apparition. Mais ces derniers n?ont pas jugé nécessaire de se rendre jusqu?à la maisonnette incendiée. Un voisin les aurait prévenus que l?incendie avait pu être maîtrisé et ils sont repartis.

?Ce retard est normal puisqu?ils sont venus de Curepipe?, explique Sylvana Cécile, autre membre de la famille. Curepipe semble en effet assez éloignée lorsqu?on sait que le centre de pompiers de St.-Aubin se trouve à moins d?un kilomètre du lieu du drame ! L?officier en charge de la division pour la région sud a refusé de faire des déclarations officielles. Et le centre de pompiers de St.-Aubin dit ne pas pouvoir non plus répondre à nos questions.

En attendant, l?élan de solidarité dans le quartier se poursuit. Toute la famille s?est réfugiée chez la maman de Jean-Bernard Cécile, dans une maison mitoyenne à la case incendiée. Ce sont deux petites pièces exiguës dont une équipée d?un petit lit encombré de bric-à-brac.

Pas d?eau, ni de gaz, et encore moins d?électricité. C?est dans ces conditions que vivent désormais neuf membres de la famille Cécile.

Jérôme, machiniste de son état, ne travaille pas aujourd?hui. Il explique qu?il devra reprendre le travail au plus vite ?car je perds de l?argent et je dois nourrir toute ma famille, mes parents étant juste des pensionnés?.

Face à ces conditions inhumaines, invivables, l?avocat Kishore Pertab s?est déjà rendu sur les lieux en tant que volontaire, pour leur venir en aide. De même, une marche de soutien de tout le village de Batimarais devrait être organisée. Un réseau de solidarité s?est donc très vite mis en place. Certains proposent d?héberger un des membres de la famille, d?autres fournissent de l?eau pour qu?ils puissent se doucher?

La police de Rivière-des-Anguilles a de son côté ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l?incendie.

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