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Une main tendue aux toxicomanes sidéens

7 janvier 2006, 20:00

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Les centres de réhabilitation pour toxicomanes avouent souvent leur impuissance face au nombre grandissant de drogués qui sont aussi atteints du sida et qui franchissent leur seuil. N?étant pas formé pour accueillir des séropositifs, le personnel est alors confronté à une situation complexe.

C?est la raison pour laquelle le Groupe A de Cassis, qui lutte contre ces fléaux, veut activer le projet de centre d?accueil dans la localité, une des recommandations de la National Prevention Unit (NPU) après une étude effectuée il y a deux ans. Baptisé

« Lacaz (A) », ce centre, dont les plans architecturaux attendent l?approbation de la mairie de Port-Louis, prodiguera soins et conseils, tout en apportant le soutien et l?accompagnement nécessaires au malade et à sa famille.

Thérapies de groupe et ateliers de travail

Dans peu de temps, grâce au site offert par la paroisse de Cassis, les malades et tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par la maladie et la drogue auront un lieu où se rendre. Parents et enfants pourront s?informer dans la bibliothèque et, chaque semaine, un programme de sensibilisation sera dispensé dans la salle qui peut accueillir jusqu?à 200 personnes.

La thérapie de groupe, des ateliers de travail et plusieurs autres activités sont prévus pour la réhabilitation. Des tests de dépistage seront aussi effectués et un dispensaire sera mis à la disposition des visiteurs.

C?est là un projet très attendu par les infatigables membres du Groupe A de Cassis, la communauté et tous ceux dont la vie a basculé le jour où ils ont appris qu?ils étaient atteints du virus.

« La situation est très inquiétante. On ignore les chiffres exacts, mais on sait que le nombre de malades ayant contracté le sida par voie intraveineuse ne fait qu?augmenter », souligne Cadress Rungen, le porte-parole du Groupe A de Cassis.

Vue l?énorme stigmatisation liée à la maladie, ceux qui en sont atteints ne savent pas où s?adresser ni à qui se confier. « Il y a peu de temps, un malade nous a avoué s?être soigné lui-même d?un abcès. Il avait peur d?aller au dispensaire. » « Lacaz (A) », qui sera situé en face de l?église de Cassis n?accentuera-t-il pas ce sentiment ? Cadress Rungen n?est pas de cet avis. « Certes, au départ il y a eu des hésitations parmi les gens de la localité, mais après plusieurs consultations ils ont admis qu?il est temps de briser le tabou. »

Un plaidoyer auprès des ONG internationales

L?objectif principal du Groupe A de Cassis pour l?année 2006 est de tout mettre en ?uvre pour concrétiser ce projet. La formation du personnel sera assurée par la Natresa et l?Aids Secreta-riat du ministère de la Santé. Le projet nécessite un financement de Rs 2 millions. « Nous lançons un appel au secteur privé et au public en général. En contribuant financièrement, ils participent de façon responsable à la lutte contre la toxicomanie et le sida. » Des artistes locaux ont déjà approuvé l?idée d?un concert pour collecter des fonds.

Le projet a été soumis au United Nations Team Group. Il fera un plaidoyer auprès des ONG internationales pour un soutien financier. Si la lutte contre la toxicomanie et le sida vous tient aussi à c?ur, composez le numéro de la paroisse de Cassis ou contactez Cadress Rungen sur le 918.88.85.

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