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Une formation en pharmacie change de nom et dérange

25 mai 2006, 00:00

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Controverse autour d?un diplôme délivré par l?université de Maurice pour des études du domaine de la pharmacie. Cette formation est dispensée sous l?appellation Diploma in pharmacy, mais l?université de Maurice changera cette dénomination en Pharmacy technician diploma, sans que le contenu du programme en soit affecté.

Ce cours de trois ans, donné à temps partiel, se propose d?être une remise à niveau pour les dispensers, ces assistants des pharmaciens qui assurent la distribution des médicaments au comptoir. La résistance vient des pharmaciens. Ils craignent qu?à l?issue de ce cours, le Pharmacy Board inscrive les dispensers comme pharmaciens.

Tel ne sera pas le cas, rassure le ministère de la Santé qui précise qu?un pharmacien doit être détenteur d?une licence (degree) universitaire. ?La toxicologie peut être enseignée au niveau de la maîtrise comme à un niveau plus bas. C?est aussi le cas pour la pharmacologie?, dit Ameena Gurib-Fakim, doyenne de la faculté des sciences à l?université de Maurice. Ce cours sera dispensé en collaboration avec la faculté Montpellier 1, de France.

Bien que les raisons du changement annoncé soient multiples, la polémique trouverait son origine dans la mise à jour du programme d?études. Pour le secteur public, le Mauritius Institute of Health offre deux ans de formation aux dispensers, alors que ceux du privé sont souvent formés sur le tas. ?Comme le ministère de la Santé nous a fait savoir qu?il y a un besoin en formation dans le privé pour les dispensers, nous avons mis en place un programme. Comme nous ne sommes que des pourvoyeurs de formation, nous nous adaptons aux exigences des partenaires du secteur. Il y a eu une requête pour changer d?appellation et nous l?avons considérée positivement, après avoir entendu les arguments du ministère?, soutient Ameena Gurib-Fakim.

?Un meilleur salaire?

En octobre dernier, en préparant ce cours, un conseil consultatif (advisory council), constitué de plusieurs partenaires du secteur, s?est penché sur les modalités de ce dossier. Le ministère, les représentants des pharmaciens du privé, le Mauritius Institute of Health, de même que l?université de Maurice ont discuté du projet. L?université de Maurice a alors demandé au ministère de suggérer une autre appellation pour le cours, ce dernier ayant exprimé des réserves sur la dénomination initiale. La nouvelle appellation ne sera toutefois connue qu?à la parution, dans les journaux, de l?appel de candidatures, il y a un mois.

Au ministère de la Santé, on avance qu??en raison du contenu du cours, nous considérons que l?appellation diploma in pharmacy n?est pas appropriée. Il s?agit plutôt de former des techniciens en pharmacie, c?est-à-dire d?offrir aux dispensers une formation plus approfondie, pour qu?ils puissent offrir un service plus professionnel aux patients. Nous avons fait une recommandation à l?université de Maurice et c?est à elle de voir. Elle peut ne pas retenir notre proposition car c?est elle qui décide.? Lors d?une réunion le 16 mai, sous la présidence d?Ameena Gurib-Fakim, cette question a fait l?objet de discussions.

Le porte-parole des dispensers, Vickram Beesoon, président de cette catégorie d?employés des hôpitaux et vice-président de la Government Servants Association (GSA), veut tirer les choses au clair. Il rencontre demain les techniciens du ministère de la Santé. Mais d?ores et déjà, il évoque d?autres motifs à la résistance rencontrée : ?Les pharmaciens s?opposent à cette décision, car une remise à niveau, après trois ans de formation, équivaudrait à un meilleur salaire. C?est clair que certains pharmaciens ne veulent pas payer. Sans compter que certains professionnels se voient aussi menacés par cette opportunité offerte aux dispensers.?

Si actuellement le salaire d?un dispenser du secteur public varie entre Rs 7 000 et Rs 15 000, celui du privé est nettement inférieur. Il est d?environ Rs 4 000. Pour Vickram Beesoon, une fois formé, le dispenser voudra aspirer non seulement à un meilleur salaire mais pourra aussi prétendre à autre chose : ?Ce diplôme va permettre aux dispensers de songer à améliorer davantage leur formation, si les opportunités se présentent.?

Pas accessible aux fonctionnaires

Toutefois, il craint que ce cours ne soit pas vraiment accessible aux fonctionnaires : ?Alors que nous travaillons la plupart du temps sans pharmaciens, nous comprenons que nous ne pourrons être libérés (release) pour ce cours.? Il est estimé que plus d?une cinquantaine de fonctionnaires souhaitent s?inscrire à cette formation. Le ministère de la Santé pour sa part soutient : ?Cela dépendra des exigences du service. Il n?est pas question de refuser pour le simple fait de refuser. Nous offrons aussi un cours assez élaboré sur le même sujet.? Vickram Beesoon compte évoquer cette question lors de sa rencontre de demain avec le ministère.

Le cours doit démarrer en août. Deux professeurs de Montpellier 1 seront à Maurice pour épauler cette formation. En attendant que la polémique soit réglée, le ministère de la Santé prévoit d?amender le Pharmacy Act. Il est également question d?instituer un Pharmacy Council. Un comité technique étudie la question.

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