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Une bataille locale

20 novembre 2005, 20:00

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Cette semaine sera placée sous le signe du sucre. Des négociations vont commencer demain à Bruxelles et déboucheront jeudi ou vendredi sur une conclusion que le pays entier attend avec inquiétude. Nous saurons alors le montant définitif de la baisse du prix de sucre exporté vers l?Europe. Cette réduction affecte en premier lieu les usiniers, les planteurs et les laboureurs mais elle touche l?ensemble de la population car elle aura des répercussions sur l?économie nationale.

Le Premier ministre tentera un forcing de dernière minute à Malte pour obtenir un assouplissement de la réforme sucrière européenne, mais la messe est dite depuis longtemps. Le Conseil européen des ministres de l?Agriculture, qui se réunit à partir de demain, ne ferait qu?entériner une réduction de prix de 39 % étalée sur quatre ans à partir de juillet 2006.

Si des concessions sont finalement consenties par l?Europe, elles ne seront que d?ordre symbolique. La baisse pourrait, par exemple, être ramenée à un chiffre ?oscillant entre 33 % et 36 %?. Elle pourrait être étalée sur cinq ans. Sans plus.

Tous ceux dont les intérêts sont lésés par cette réforme, des agriculteurs européens aux pays ACP, ont fait d?énormes efforts sans parvenir à modifier les propositions sévères de la commissaire européenne à l?Agriculture Mariann Fischer Boel. Quoi qu?en disent les politiciens locaux, la diplomatie économique de la petite île Maurice n?a pas les moyens de peser, à elle seule, sur une décision de cette envergure.

Avec ses 25 Etats-membres, l?Union européenne (UE) cherche à réformer l?organisation de son marché du sucre. Les changements qu?elle propose visent, avant tout, à rendre le régime du sucre conforme aux règles de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle est déterminée à obtenir un accord sur le sucre afin de renforcer sa position de négociation lors de la rencontre des ministres de l?OMC qui se tiendra le mois prochain à Hong-Kong. Il n?est pas réaliste de penser que la voix des dirigeants d?un petit pays exportateur pourra influencer significativement le cours des événements.

Il reste un peu d?espoir que des bonnes nouvelles proviendront de Bruxelles en ce qui concerne les compensations financières que l?Europe mettra à la disposition tant de ses agriculteurs que des pays exportateurs. Pour l?heure, le plan d?aide ACP est doté d?un budget dérisoire de 40 millions d?euros pour 2006 et l?UE n?a toujours pas discuté de ses perspectives financières 2007-2013.

En fait, la bataille de notre industrie sucrière se jouera sur le plan local. Il faut poursuivre la centralisation des usines et imaginer de nouvelles pistes de diversification. Alors qu?il était Premier ministre, Anerood Jugnauth exhortait les opérateurs à penser en termes d?une industrie de la canne plutôt qu?à l?industrie sucrière. Du reste, son ministre de l?Agriculture avait réalisé une phase audacieuse de restructuration de l?industrie grâce au plan de retraite volontaire qui a impliqué 8 000 employés. Cela a permis à l?industrie d?alléger ses charges et de souffler un peu.

Le gouvernement actuel a approuvé un plan de ?réforme accélérée? qui vise à développer les sous-produits de la canne et à réduire les coûts de production. Il préconise une industrie de production d?éthanol et un port dédié aux produits énergétiques dans le Sud. Autant d?issues à envisager si nos défenseurs font chou blanc à Bruxelles.

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