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Une banque mal née

8 novembre 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le secteur bancaire est une nouvelle fois sujet à des remous. Depuis environ un mois, la First City Bank (FCB) est sous les feux des projecteurs. Les accusations et allégations pleuvent. Mais elles disent toutes essentiellement la même chose : que des prêts généreux ont été accordés à la légère à des proches des politiques. Pire, que ces prêts n?ont pas été remboursés. C?est ce qu?on appelle dans le jargon bancaire un ?non performing loan?. Euphémisme pour abus de biens sociaux.

On ne peut à ce stade affirmer que des personnes ou des sociétés ont bénéficié de prêts de la FCB à cause de leur proximité avec tel parti politique ou avec tel personnalité politique. Ce qui est sûr, c?est que les prêts non performants se sont accumulés à la FCB, remettant en question l?équilibre financier de la banque. Il n?est également pas interdit de penser que certains à la FCB ont chacun voulu privilégier leur coterie.

La faillite de l?ex-Delphis Bank ? maintenant devenue la FCB ? a été causée aussi par l?accumulation des prêts non performants. Toutes les banques commerciales du pays ont des prêts non performants. Mais la plupart font l?effort de suivre les ?guidelines? de la banque de Maurice sur ce chapitre. Dans beaucoup de cas, les prêts non performants sont dus à des raisons économiques telles les difficultés du textile-habillement.

Mais la FCB, née des cendres de la Delphis, semble être une récidiviste. Les méchantes langues diront que c?était à prévoir puisque l?État est le principal actionnaire de la FCB, détenant près de 60 % du capital. Les cyniques diront même que la FCB, c?est la nouvelle Mauritius Cooperative Central Bank, tristement célèbre pour avoir été pillée par des emprunteurs indélicats. Certains émettent la thèse que dans tout le pays, il existe des institutions financières qui ont pour fonction d?être le relais entre les hommes de l?ombre et le pouvoir ; entre l?économie parallèle, voire mafieuse, et le circuit bancaire. Peut-être n?est-ce là que le fruit de certains cerveaux qui ont la propension à voir des complots partout.

Mais quand on connaît le nom de certaines personnes clientes de la FCB, on peut se poser des questions sur leurs motivations. Quels sont les avantages qu?offre la FCB que n?offrent pas d?autres banques commerciales ? Est-ce la facilité avec laquelle elle oublie de se faire rembourser pour ses prêts ? Une chose est sûre : la FCB est mal née. C?est un attelage créé de toutes pièces où l?État a dû ou a voulu participer pour rattraper un projet de renflouage présenté par un certain Harry Sookun qui, à l?époque, disait avoir le soutien de plusieurs banques internationales.

La composition de l?actionnariat qu?on disait temporaire dure jusqu?aujourd?hui. Et coïncidence, c?est à mesure que l?on se rapproche de la date butoir du 31 décembre pour qu?il ramène sa participation à la limite légale de 10 %, que les allégations de malversations à la FCB fusent à nouveau.

Du coup, le gouverneur de la Banque de Maurice est pris lui aussi pour cible. Nita Deerpalsing, la colistière du ministre des Finances, Rama Sithanen, monte au créneau pour réclamer la tête de Rameshwurlall Basant Roi.

Le gouverneur devra avoir une carapace vraiment épaisse pour résister à la pression qui enfle pour réclamer son départ. Même si l?on se souvient que c?est sous le gouvernement de Navin Ramgoolam qu?il avait été nommé à ce poste. En attendant, la pénurie perdure sur le marché des devises. Qui s?en soucie ?

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