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Affaire Hajee Abdoula
Mᵉ Raouf Gulbul décortique l’enquête de la FCC
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Affaire Hajee Abdoula
Mᵉ Raouf Gulbul décortique l’enquête de la FCC
La motion en radiation de la charge provisoire de blanchiment d’argent pesant sur Sattar Hajee Abdoula a donné lieu, hier, à un examen minutieux de l’enquête menée par la Financial Crimes Commission (FCC) devant la cour de district de Port-Louis Sud, présidée par la magistrate Shaheen Inshirah Daureeawoo. Mᵉ Raouf Gulbul a passé au crible le témoignage de l’enquêteur Vinesh Bholah, obtenant une série de confirmations sur les circonstances du contrat litigieux conclu entre Air Mauritius Ltd et Grant Thornton Advisory Services (GTAS). D’entrée de jeu, Vinesh Bholah a confirmé que l’enquête avait été initiée par la FCC en 2025, de sa propre initiative et non à la suite d’une plainte.
L’enquêteur de la FCC a reconnu que le dossier concernait un contrat signé entre Air Mau- ritius et GTAS, deux sociétés enregistrées, et que la FCC en avait obtenu une copie au cours de ses investigations.
Au fil de son interrogatoire, Mᵉ Gulbul a établi que le contrat, composé de quatre pages et d’une annexe, était daté du 16 mars 2020 et avait été signé le 19 mars 2020 par Mariam Rajabally, en qualité de Partner – Taxation and Advisory Services de GTAS, Indradev Butob, alors Chief Executive Officer d’Air Mauritius, et feu Dev Manraj, alors président du Board de la compagnie.
Vinesh Bholah a confirmé que les honoraires avaient été fixés à Rs 5,5 millions, auxquels s’ajoutaient des paiements mensuels de Rs 250 000. L’annexe prévoyait le versement de 60 % du montant dès la signature, puis des paiements mensuels à partir de fin mars 2020. Mᵉ Gulbul a ensuite obtenu confirmation qu’une facture avec TVA, signée par Mariam Rajabally, avait été soumise, et que, le 31 mars 2020, Air Mauritius avait viré Rs 3,795 millions, soit Rs 3,696 millions après déduction de la retenue fiscale, sur le compte bancaire de GTAS à Afrasia Bank Ltd.
L’avocat de Sattar Hajee Abdoula a ensuite orienté ses questions sur les conclusions de l’enquête. L’enquêteur Bholah a confirmé que celle-ci avait révélé que le contrat n’avait fait l’objet d’aucune procédure de procurement ; qu’il n’avait pas été soumis au département juridique d’Air Mauritius ; que les autres départements concernés n’avaient pas été consultés; qu’il n’avait pas reçu l’approbation du conseil d’administration et qu’aucun rapport sur les travaux réalisés n’avait été identifié au cours des investigations.
L’enquêteur a également reconnu qu’Air Mauritius n’avait jamais déposé de plainte entre la fin du contrat et l’ouverture de l’enquête en 2025. Il a confirmé que la compagnie n’avait jamais réclamé le remboursement des sommes versées à GTAS et qu’il n’avait pas connaissance d’une notification formelle reprochant à cette société un quelconque manquement contractuel. Il a aussi confirmé que les Rs 3,696 millions avaient été créditées sur le compte bancaire de GTAS et non sur celui de Sattar Hajee Abdoula, tout en reconnaissant que ce dernier n’était pas le seul directeur de GTAS.
Lors du réexamen, l’avocat de la FCC a demandé à Vinesh Bholah pourquoi une charge provisoire avait été retenue contre Sattar Hajee Abdoula. L’enquêteur a répondu que, sur la base des déclarations recueillies et des éléments documentaires, la FCC estimait disposer de «direct evidence» et de «documentary evidence» démontrant que le prévenu était celui qui avait dicté les termes et conditions du contrat, son champ d’application ainsi que son coût ; ce qui constituait, se- lon lui, des motifs raisonnables de croire qu’il était le principal intervenant dans ce contrat. Les plaidoiries sur la motion en radiation sont prévues le 13 juillet.
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