Publicité

Un train pas comme les autres

6 janvier 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Tristan Bréville publie Le Dernier Train, un romanquête, qui suit le chemin, de fer, de l?histoire du rail à Maurice. Un ouvrage étonnant et passionnant. Un véritable morceau d?histoire, d?histoires de vie, que le photographe et écrivain nous a littéralement offert, avec l?apport de Precigraph qui a imprimé le livre et de souscriptions.

Un ouvrage pourtant publié à compte d?auteur, par un artiste qui se retrouve endetté, «pris au piège de la conservation». Heureusement, Le Dernier Train reçoit un bon accueil public. L?on ne peut que saluer une telle entreprise, réalisée par passion et pour le souvenir et qui saura réveiller chez ses lecteurs, passions et souvenirs.

A partir d?une belle histoire d?amour, Tristan Bréville se sert des mots de son romanquête, comme d?un écrin pour placer et laisser les images parler.

Les visages, fiers, heureux, honorés, des portraits souvent anonymes, deviennent les personnages de notre histoire, celle de nos parents, ou grands-parents. Combien se reconnaîtront ? Au dernier jour, la foule s?était déplacée pour assister au dernier voyage du Dernier Train. Dans le livre, la foule prend vie et témoigne de cet événement. Ils étaient là.

«Mémoire qui déraille»

Autour des anonymes, les gens célèbres ou pas encore. Jean Georges Prosper, Edouard Maunick, (qui signe la très belle préface du livre) Sir Seewoosagur Ramgoolam, Joseph Leung Pew, beaucoup était là ce jour du Dernier Train, un 31 mars 1956, à 12h45. 250 photos, émouvantes, magnifiques. L?histoire est un livre ouvert. Les clichés les souvenirs du passé ressurgissent à chaque page et font rêver, revivre le passé.

Entre les clichés, quelques autres documents, coupures de journaux, affiches de cinéma et les mots Tristan Bréville qui poursuit l?histoire et fourmille le récit de titres, d?autres détails, ceux qui font la différence.

Qu?est-ce qui fait la différence de Tristan Bréville ? Un pêché mignon. Confortablement installé à son bureau du musée de la Photographie, devant un secrétaire sûrement empli de trésors, il déguste, savoure un pain au beurre accompagné de gâteau piments. Il tient à ce que ce soit dit. Le souci du détail.

Artiste photographe, homme d?histoire, aux mille histoires, qu?il compte raconter par devoir de mémoire. Sévère critique de la société endormie et des nominés politiques, il condamne leur politique de «manzé boire» dans les comités, «qui battent des records de longévité, pour rien».

«J?aurais aimé qu?il y ait une police, un inspecteur Raddhoa pour fouetter les gens et faire bouger les choses (?) Il faut des couilles pour faire bouger les choses. (?) Il y a beaucoup d?argent gaspillé au nom de l?art».

Malgré tout, il n?en demeure pas moins un éternel optimiste qui croit encore dans la mémoire et le temps, qu?il est toujours temps de faire le bien, même si «on perd plus de choses que l?on en sauve». Pour sa part, il a décidé de sauver cette «mémoire qui déraille».

Sous sa moustache poivre et sel un sourire annonciateur. Il a plein de projets, en tête et en chantier. Un prochain livre, sans photos, un ouvrage sur Ti Frer «dont j?ai été le photographe privilégié». Aussi, un livre et une exposition sur Siegfried Sammer, «le plus célèbre allemand à Maurice, mais oublié, car à Maurice on oublie souvent ses bienfaiteurs ». Il cherche aussi un local qui pourrait abriter un musée de l?Imprimerie et est en train de réaliser un musée de l?Art Africain.

Publicité