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Un plan d?urgence pour sauver l?industrie sucrière
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Un plan d?urgence pour sauver l?industrie sucrière
Le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, propose l?adoption d?un plan d?urgence pour aider l?industrie sucrière à survivre face à la menace de baisse qui pèse sur le prix du sucre vendu sur le marché européen.
C?est ce qui ressort de son intervention, hier, à l?assemblée générale annuelle de la Chambre d?Agriculture. Le principal objectif d?un tel plan d?urgence sera d?accélérer la mise en ?uvre du projet de réforme dans l?industrie sucrière.
Face aux remarques du président sortant de la Chambre d?Agriculture, Cyril Mayer, le ministre reconnaît qu?il y a eu des lourdeurs administratives, des manquements et des faiblesses. Ce qui explique que le Sugar Sector Strategic Plan n?a pas encore été entièrement concrétisé.
Pour Nando Bodha, tout comme pour Cyril Mayer, l?industrie sucrière ne pourra survivre à l?ampleur de la baisse de prix du sucre proposée par la commission européenne.
Dans un document qui sera soumis à l?aval des commissaires, du Parlement et des ministres de l?Agriculture européens, la commission propose de réduire le prix du sucre roux de 37% d?ici 2007. Il s?agit du sucre exporté par Maurice et les pays du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) vers l?Europe.
Baisse de revenus de Rs 3 milliards
Selon les calculs de la Chambre d?Agriculture, une telle éventualité représenterait une baisse de revenus de Rs 3 milliards pour l?industrie sucrière, soit une baisse de la même ampleur que celle enregistrée lors de la sévère sécheresse de 1999.
?Aucune solution intrinsèque à l?industrie ne pourrait être suffisante pour absorber le choc d?une baisse de plus de Rs 3 milliards de revenus d?ici trois ans?, soutient Cyril Mayer.
Dans la conjoncture, seule une baisse significative des coûts de production pourrait assurer la survie de l?industrie sucrière. Cyril Mayer reconnaît que Maurice n?a pas attendu que les menaces se précisent pour s?embarquer dans un ambitieux plan de réforme de l?industrie sucrière.
L?objectif du Sugar Sector Strategic Plan, adopté en 2001, était de réduire le coût de production de 22% en 2005 et de 44% en 2008 pour arriver à un coût de 10 US cents la livre de sucre. Cet objectif n?a pas été atteint.
?Nous pouvons avoir de sérieuses inquiétudes à ce sujet. Les chiffres dont nous disposons aujourd?hui indiquent que nous sommes loin du résultat attendu. Les bénéfices des mesures de réforme qui ont été introduites à partir de 2001 ne sont pas encore visibles étant sérieusement érodés par des coûts encourus par ailleurs?, poursuit Cyril Mayer.
Il fait ressortir que le financement du plan de retraite volontaire a endetté l?industrie sucrière de Rs2,8 milliards, ce qui représente un alourdissement des frais financiers de Rs 250 millions en 2003.
Comité conjoint
De plus, il était convenu que l?industrie sucrière pourrait vendre des terres pour financer ce plan de retraite. A ce jour, pas une parcelle de terre n?a pu être vendue. La vente des terres était également supposée aider l?industrie à financer la centralisation.
L?usine sucrière de Beau-Plan a fermé ses portes en 1997. Ce n?est que la semaine dernière, soit sept ans plus tard, qu?elle a obtenu l?autorisation de vendre une partie seulement des terres qu?elle souhaitait céder. Ce retard a coûté à la sucrerie Rs 200 millions en charges financières additionnelles.
Cyril Mayer évoque également la hausse des coûts salariaux suite à des changements dans les conditions de service décidés par le Tribunal d?arbitrage permanent.
Par ailleurs, le Global Cess Fund ne fait qu?augmenter passant de Rs482 millions en 1998 à Rs 622 millions l?année dernière. Ce fonds, auquel contribuent les sucriers, finance les institutions d?encadrement à l?industrie.
Dans la conjoncture, il faut accélérer le processus de réforme. La Chambre d?Agriculture voudrait une évaluation urgente à mi-parcours du plan stratégique pour le sucre.
Cyril Mayer souhaite également qu?un comité conjoint gouvernement-secteur privé se mette rapidement au travail pour proposer des mesures et des instruments qui aideraient à résoudre les problèmes financiers de l?industrie.
Le ministre Nando Bodha partage l?essentiel de l?analyse de Cyril Mayer sur la partie encore non réalisée du plan stratégique de réforme.
?Il y a eu quelques faiblesses et quelques problèmes administratifs. Nous devons nous y attaquer et adopter un fast track pour les résoudre rapidement dans le cadre d?un plan d?urgence?, déclare le ministre de l?Agriculture.
Question de vie ou de mort
Accroître l?utilisation de la bagasse, encourager la production d?éthanol, encourager la mécanisation, se pencher sur le problème de l?endettement de l?industrie, trouver des financements préférentiels pour développer les réseaux d?irrigation dans le Nord et voir de plus près la question du Global Cess sont autant de pistes évoquées par Nando Bodha pour soutenir l?industrie sucrière.
Jamais auparavant ce secteur n?a été autant menacé qu?aujourd?hui . Et les nouvelles propositions de la commission européenne sur la réforme du régime sucrier sont une question de vie ou de mort, estime-t-il.
Le ministre a donné l?assurance aux sucriers réunis hier que le gouvernement entend se battre sans relâche, à tous les niveaux, et dans tous les forums, pour défendre les intérêts de l?industrie sucrière.
Une mission se rendra incessamment à Bruxelles pour rencontrer le commissaire européen à l?agriculture, Franz Fischler et le commissaire au développement Poul Nielson.
Le Premier ministre, Paul Bérenger, écrira au président français Jacques Chirac et le président du groupe ACP, Joaquim Chissano, écrira aux 25 membres de l?Union européenne (UE) et aux responsables des différentes instances de l?UE.
Maurice compte également profiter des réunions ministérielles des ACP et du G90 qui se tiendront à Maurice du 9 au 13 juillet pour obtenir le soutien et la solidarité de ses alliés.
Le plus important est de s?opposer à toute baisse brutale du prix du sucre et d?obtenir une période de transition, pour que l?industrie ait le temps d?adopter les réformes nécessaires pour être plus compétitive, poursuit Nando Bodha.
NOMMINATION
J.-Raymond Hardy à la tête de la Chambre d?Agriculture
- A l?issue de l?assemblée générale d?hier, Jean-Raymond Hardy du groupe Espitalier Noël Ltd a été désigné pour succéder à Cyril Mayer à la présidence.
Le premier vice-président est Amal Mungur, président de la Mauritius Sugar Cane Planters Association.
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